Tout est allé hyper vite, et le brevet, on en n’a plus qu’entendu parler. Ça a commencé au début de l’année scolaire mais nous, les élèves, on se disait : « On a le temps, nous ne sommes qu’en septembre. » Noël arrivant, notre prof principale nous rabâchait pourtant : « Attention, nous sommes déjà en milieu d’année, ça va aller vite. »

Effectivement, c’est allé très vite. Février : la période des premiers vœux d’orientation et le premier brevet blanc. Puis le second, il y a quelques semaines. Et là, nous sommes en juin, les jours défilent à une allure phénoménale, or le brevet, on y est : on le « joue » les 29 et 30 juin, dans moins deux semaines, donc. La date approche et le stress aussi parce c’est notre premier examen, et malgré les brevets blancs qui nous ont mis en conditions, beaucoup d’entre nous appréhendent ce grand jour. On m’a carrément dit en rigolant : « Si t’as pas ton brevet : pas de vacances » ; des parents d’une copine ont brandi la menace suprême : « Si t’as pas ton brevet, on t’envoie au bled ! ». Ça fait réfléchir.

Le brevet des collèges est considéré comme une base de connaissances acquises durant les années de collège. Donc, ne pas avoir son brevet c’est passé pour un cancre, un « fini ». Dans le domaine scolaire, je précise bien. Le brevet ayant perdu de sa valeur ces dernières années, il a été « renforcé ». Dorénavant, le brevet informatique (B2I) est exigé, itou pour les trois matières traditionnelles, maths, français et histoire-géo, une langue LV1 (anglais) ou LV2 (espagnol ou allemand) à l’oral. Pour l’année 2010/2011, on a entendu dire qu’une épreuve « histoire de l’art » serait même ajoutée. Alors, quand certains disent que l’art plastique et la musique ne servent qu’à rapporter des points à la moyenne générale, sachez que ça en rapportera peut-être aussi au brevet.

Même si, en fin d’année, la fatigue se ressent, cette semaine, au programme, c’est : révisions intensives, huit heures de maths, sept heures de français, trois heures d’histoire/géo, deux heures d’anglais et une heure de LV2 (espagnol ou allemand). Autant vous dire que si certaines classes de collèges et lycées sont déjà en vacances, c’est loin d’être le cas pour les élèves de 3e, qui préparent leur examen.

La dernière année de collège est un peu pesante : contrôles continus, brevet, choix du lycée, aussi l’angoisse de l’orientation, et certains ont le blues à l’idée de quitter l’établissement. L’orientation, une question très complexe. Notamment pour ceux qui décident de faire une seconde professionnelle puisque les spécialités y sont variées : coiffure, électrotechnique, sanitaire et social, secrétariat, comptabilité… Il faut donc, si l’on opte pour une seconde professionnelle, avoir déjà une idée du métier que l’on voudrait exercer. Sauf que pour beaucoup d’élèves de ma classe c’est loin d’être le cas. Le tout est de ne pas faire un choix dans la précipitation. Pour ceux qui ont choisi la seconde générale, ils ont un peu plus le temps de réfléchir à leur projet professionnel.

Certes, nous sommes nombreux à nous angoisser, et certains profs ne nous facilitent pas la tâche. En histoire par exemple, la prof nous rappelle constamment que nous n’avons pas fini le programme de l’année, même si le retard accumulé n’est pas entièrement sa faute. Ce qui veut dire que si l’on tombe sur un sujet qu’on n’a pas traité, on est dans la galère. Encore une semaine de stress et la page des années collège sera tournée. Commencera alors une nouvelle aventure : le lycée.

Sarah Ichou

Sarah Ichou

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