Trois mois que la rentrée universitaire a eu lieu. Début décembre, Irène attendait toujours sa bourse. L’une de ses amies qui avait aussi eu du retard sur le versement de sa bourse l’a reçue en octobre. Ceci dit, sa bourse était incomplète car on lui a versé en plusieurs fois. Prévoyante, Irène s’y est portant prise à l’avance et a rendu son dossier dans les délais. Une démarche d’ailleurs assez longue : aller sur le site internet du CROUS, évaluer l’attribution de bourse en fonction du revenu familial, attendre la réception de la notification, remettre de cette dernière lors des inscriptions à la fac. La réponse doit théoriquement arriver sous trois semaines .« Avant, le délai d’attente était respecté, ce n’est plus le cas aujourd’hui » explique Irène.

Même son de cloche chez Hana. L’an passé, elle a dû attendre le mois de décembre pour la voir versée sur son compte. Et encore, « je me suis rendue à plusieurs reprises, au CROUS de Paris Lors de ma première visite la personne qui m’a reçue m’avait dit que le dossier avait peut-être était perdu. Après quelques minutes de recherche sur son ordinateur, elle me dit que le dossier est bien arrivé au CROUS mais qu’il faudra attendre plus de deux mois. J’avais bien tout ficelé en temps et en heure. » Surtout, pour s’inscrire à l’université, Hana devait être munie de la notification de bourse pour pourvoir être exonérée des frais universitaires. « Je ne  pouvais pas m’acquitter des 400 euros… », précise-t-elle.

Résultat : pendant près de deux mois, Hana a suivi ses cours clandestinement, sans être inscrite. Ses deux visites au CROUS de Paris pour régulariser sa situation ont été vaines. Au quatrième rendez-vous, « j’ai demandé à voir le responsable du service. Il m’a immédiatement fait rentrer dans le bureau. Le lui ai expliqué que je n’avais ni fac, ni manuels scolaires, ni carte de transports. Une employée du CROUS a immédiatement traité mon dossier et l’a transféré au CROUS de Créteil. » Entre temps, sans « revenus », Hana s’est faite aider par des amis, avant que « la situation ne se débloque au courant du mois de décembre. »

Ces cas sont loin d’être isolés. Sans bourse et même en suivant les cours sans être inscrits, les étudiants théoriquement boursiers ne peuvent se payer les livres nécessaires pour suivre le programme. Pour ceux qui n’ont pas la chance d’habiter chez leurs parents, le paiement du loyer est une charge de plus. Il a suffit de quelques semaines pour mettre des centaines de jeunes dans une situation pénible.

Diaba Diakité

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