Le journalisme était un milieu inconnu pour moi il y a encore quelques années. Un jour, j’ai rencontré une journaliste de France 24 qui m’a dit : « Asma, on a besoin de gens comme toi dans le journalisme ». Cette phrase a été un électrochoc. Je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? » Mais comment y parvenir ? Comment réussir quand on n’a pas de « réseau » dans ce milieu ?

Les concours des écoles de journalisme, le parcours du combattant

J’ai commencé à me documenter et à chercher comment entrer dans une école de journalisme. J’ai parcouru l’ensemble des sites des écoles, j’ai lu les annales des concours et j’ai fait un constat : il n’y a aucune école de journalisme reconnue par la profession à Lyon, ma ville d’origine. Pour passer les concours, il fallait se rendre dans d’autres villes en France. Et qui dit passer trois, quatre, cinq… écoles dit des frais de concours, de train, d’hôtel… Pour moi, étudiante boursière, c’était impossible.

En allant sur le site de l’ESJ Lille, j’ai découvert la Prépa Egalité des Chances créée avec le Bondy Blog qui fêtera d’ailleurs ses 10 ans en 2019. Il fallait remplir un dossier de candidature en ligne et passer un oral de motivation. Après quelques jours d’attente, me voilà parmi les vingts étudiants retenus pour la huitième promo. Et hop, l’aventure a débuté en septembre 2016 avec deux semaines intensives à l’ESJ Lille. Comme cadeau de bienvenue le premier jour, un concours blanc. Bien sûr, 90 % de la promo n’avait pas la moyenne ! Naturellement, on a eu l’impression que les concours n’étaient pas fait pour nous. Mais très vite, nos mauvaises notes sont devenues une source de motivation. Oui, il y avait du boulot. Beaucoup de boulot, mais rien n’était impossible.

La Prépa Bondy Blog/ESJ Lille, une chance inespérée

De retour dans nos villes respectives, on était désormais seul face à nos révisions. Chaque jour, je fichais méthodiquement l’actualité comme la Prépa me l’avait appris. Afin de faire le point sur mon avancement, je remplissais les questionnaires que la Prépa m’envoyait en ligne. Chaque semaine, on recevait également plusieurs exercices corrigés par des journalistes professionnels. Les débriefs individuels nous ont permis de progresser rapidement et les oraux blancs nous projetaient déjà dans la phase « admissibilité ».

Combiner préparation aux concours des écoles de journalisme et troisième année de licence droit-science politique à l’université n’a pas été chose facile. Les nuits étaient courtes mais mon objectif était clair. Tout au long de l’année, j’ai eu la chance d’avoir une marraine qui a su m’épauler et me conseiller. Préparer les concours, c’est aussi se préparer psychologiquement. La Prépa nous a appris à surmonter les obstacles et à croire en nous. L’un des meilleurs moyens était de faire des stages. L’AFP, France 3, RFI, Europe 1, Le JDD… autant de médias qui nous paraissaient inaccessibles, et pourtant la Prépa nous les a fait découvrir.

La prépa, un travail collectif pour un seul objectif : devenir journaliste

Avec mes camarades de promo de la Prépa, on s’est serré les coudes pour avancer ensemble. On travaillait en groupe. On a partagé des moments de stress mais aussi de rigolade. A chaque fois, on était présent les uns pour les autres. D’ailleurs, nous sommes toujours en contact et on se voit régulièrement. Et oui, la Prépa c’est comme une grande famille. Les anciens étaient toujours à notre écoute, surtout dans les moments de doute. Car, après sept mois de préparation intensive, on perd confiance, on stress, on craque parfois. Un jour, un ancien de la Prépa m’a dit : « Quand tu vas passer un concours, imagine toi sur un ring, tu dois battre tout le monde par K.O ! » C’est dans cet état d’esprit que j’étais à chacun de mes concours, car en face, il y avait 900 candidats qui voulaient la même chose que moi.

Après un tour de France épuisant, est venu le moment des résultats : 85% de réussite pour ma promo ! Pour ma part, j’ai eu le luxe de choisir mon école. C’était encore impensable quelques mois auparavant. La prépa Egalité des Chances avait raison d’y croire avant moi.

Chaque année, on passe le relais a une nouvelle promotion plus motivée que jamais. La prochaine, la 10ème promotion, fera sa rentrée dans quelques jours avec comme rêve de faire enfin partie de l’incroyable monde du journalisme. Mais la chose la plus importante, c’est que ce monde des médias a plus que jamais besoin de profils comme les nôtres.

Asma MEHNANA

Articles liés

  • Étudiants sans master : des refus sans fin d’études

    L’année universitaire touche à sa fin et pourtant la détresse estudiantine persiste en raison cette fois-ci des refus en master pour les étudiant.e.s fraichement diplômé.e.s d’une licence. Le hashtag #EtudiantsSansMaster est devenu viral sur Twitter, certain·e·s y racontent leurs déboires, d’autres y dénoncent l’injustice qu’ils estiment subir en raison de la qualité de leur dossier. Témoignages.

    Par Félix Mubenga
    Le 28/06/2021
  • Profs et parents unis pour 100% de réussite au bac au lycée Delacroix à Drancy

    Au lycée Eugène Delacroix à Drancy, Jérémie Fontanieu a déclaré la guerre à l'échec scolaire. Le professeur de science économique et sociale a décidé d'appliquer une méthode qui implique professeurs, parents et élèves pour un résultat net : 100% de réussite au bac. Rémy Barbet l'a rencontré pour en savoir plus.

    Par Rémi Barbet
    Le 24/06/2021
  • Entre frustration et découragement, à Créteil les étudiants présents pour les examens

    Tandis que de les lycéens et élèves en BTS font entendre leur colère depuis des semaines concernant le maintien des épreuves finales en présentiel, les étudiants de plusieurs campus militent pour passer leur partiel en distanciel. Alors même que plusieurs universités entrent dans leur période d’examen, certaines facs ont vu des blocus et manifestations étudiantes se produire au sein de leur établissement. Rappel des faits à Créteil.

    Par Félix Mubenga
    Le 11/05/2021