COPIE REVUE ET CORRIGÉE. On dit de l’école républicaine qu’elle favorise l’égalité des chances. Ainsi, chaque élève qui s’en donne les moyens pourra intégrer la filière de son choix et poursuivre les études qu’il entend.

On le dit…

Pour la leçon (désolé, je suis prof après tout…) et situer le rôle et la place de l’école dans les pays occidentaux, qui sont des sociétés démocratiques et méritocratiques, comme la France, la position sociale doit être liée au diplôme et non à l’origine sociale.

Autrement dit, poursuivre des études reste en principe le moyen le plus efficace pour bénéficier d’une mobilité sociale ascendante. Pour faire plus simple, avoir un meilleur job, une meilleure rémunération, bref une meilleure position sociale que celle de ses parents.

La massification, c’est-à-dire l’ouverture de l’école aux jeunes de toutes origines sociales, caractérise l’évolution de la scolarisation en France depuis les années 1960 qui a concerné d’abord le collège (dans les années 1960 et 1970) puis le lycée (dans les années 1980), a laissé la porte ouverte à tous les espoirs fondés sur l’institution scolaire. Et puis la crise et passée par là…

À partir des années 1980, comme il n’y a pas assez d’emplois qualifiés pour absorber la totalité des diplômés (en hausse compte tenu de la scolarisation croissante), certains ne trouvent pas l’emploi qu’ils auraient pu espérer. De meilleurs diplômes sont souvent un avantage mais pas une garantie.

Et les grands frères ou les grandes sœurs qui ont fait des études, me rappellent mes élèves, n’ont pas de job. « Alors pourquoi est ce que je continuerai moi à faire des études puisque les dés sont pipés d’avance ? », me demandent-ils avec beaucoup de perspicacité.

A ces élèves je leur rappelle alors comme l’a très bien démontré Tristan Poullaouec dans son livre Le diplôme. Arme des faibles (2010, Editions La Dispute), l’école en période de crise et de chômage pour les jeunes est d’autant plus incontournable pour ceux qui n’ont pas le compte en banque ou le réseau pour se distinguer des autres. C’est également elle qui leur permet à s’ouvrir sur le monde, quand la tendance est plutôt au renfermement et à la crispation identitaire. C’est elle enfin qui va leur permettre de leur donner les moyens de leurs ambitions et une maitrise de leur destin.

Parole de prof ! L’école en vaut la peine.

Ahmed Kherraz

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