La meilleure façon de profiter pleinement de l’été, c’est de bosser son mémoire. Si, si, j’ai déjà fait l’expérience l’année dernière. J’ai tellement adoré que j’ai décidé de renouveler l’expérience cette année. Le soleil tape fort à l’extérieur, certains se font dorer encore la pilule ici ou à l’étranger, et moi je reste enfermée entre 4 murs chez moi ou à la bibliothèque, à travailler.

Dernière année d’étude en master 2 oblige, il faut présenter et soutenir un mémoire de plus de 80 pages en fin d’année. Je crois bien que c’est l’épreuve la plus difficile de toutes mes années de fac. Bien sûr, on nous donne la possibilité de présenter notre recherche en juin, mais ça n’a pas l’air d’emballer les étudiants. Je me souviens que l’an dernier, en première année de master, seuls 3 étudiants avaient soutenu leur mémoire en juin sur toute la promotion. C’est dire à quel point c’est motivant.

Je me souviens aussi des promesses qu’on s’était faites en début d’année avec mes camarades : définir son sujet en novembre, le bosser à fond toute l’année et le rendre en juin. Apparemment, on a été tellement nostalgique d’avoir gâché notre été l’an passé qu’on a voulu recommencer cette année !

Le plus dur, comme on dit, c’est de s’y mettre – heureusement que j’avais déjà commencé au cours de l’année.  Mais en été, le plus difficile, c’est de voir les autres s’amuser et profiter de leurs vacances. Ça pouvait encore être supportable au mois de juillet, vu le temps qu’il faisait, je n’avais pas l’impression de louper grand-chose. Mais alors, bosser son mémoire après une journée de travail : un vrai cauchemar ! Combien de fois me suis-je laisser emportée dans les bras de Morphée devant mon ordinateur. En reprenant le boulot le lendemain c’est toujours un choc, on pourrait penser que j’ai flirté avec des substances illicites avant de travailler (des substances que je ne consomme pas, je tiens à le préciser). Les phrases que j’écrivais n’étaient pas très françaises. Des phrases à la « moi Tarzan, toi Jane ».

Choisir son lieu de révision, c’est encore autre chose. Entre la maison et la bibliothèque, mon cœur balance. Chez moi, je dois faire face aux appels de la télévision, de mon lit et du frigo aussi. À la bibliothèque, c’est l’ennui qui me gagne. Pas si facile d’y travailler. Quoi que là-bas, je me sens moins seule dans ma déprime, vu le nombre d’étudiants qui révisent leur rattrapage et autres examens en plein été. Victime de la phobie de la page blanche, mes yeux se retrouvent attirés par la fenêtre. Je regarde attentivement les spectacles sur la place Beaubourg. En même temps, je commence à y prendre mes marques, dans cette bibliothèque Pompidou. Je pourrai même entamer une carrière de documentaliste tellement je connais bien les classements des livres, les différents rayons et étages. Je me surprends même à renseigner des personnes sur l’emplacement des ouvrages parfois.

J’ai comme l’impression d’avoir une relation fusionnelle avec mon mémoire. Je dors mémoire, je rêve mémoire, je mange mémoire, je travaille mon mémoire, en allant prendre l’air je pense à mon mémoire, je parle mémoire… en gros je pense à mon mémoire 24/24 heures. Allez, courage Imane c’est bientôt fini…enfin presque !

Imane Youssfi

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