Après la 3e, logiquement, je devrai changer d’établissement. J’ai pu remarquer que lorsqu’on passe d’un niveau à un autre, c’est un grand chamboulement pour l’élève. Le passage de la maternelle à l’école primaire s’accompagne d’un « Hourra ! Je vais être dans la cour des grands et je vais avoir un cartable » ; le passage du primaire au collège donne un « Yes, enfin je vais entrer dans le décor d’Hannah Montana ! » Enfin, le passage du collège au lycée… Eh bien je ne peux pas livrer mon impression étant donné que cet événement n’a pas encore eu lieu !

Lors de transition CM2-collège, mes copines et moi, nous nous posions toutes les mêmes questions, souvent bêtes et sans importance quand on y repense : « On aura des casiers comme dans Sabrina l’apprentie sorcière ? » ; « Ça sera quoi la sonnerie ? » ; ou encore « Aurai-je de nouvelles copines ? » Toutes ces interrogations sont normales car vous comprendrez que la fillette qui se métamorphose en collégienne, c’est synonyme d’un grand bouleversement psychologique.

Pour l’entrée au lycée, dans un peu moins d’un an, je ne m’inquiète pas plus que ça car je pense être prête : l’augmentation du nombre de professeurs, c’est fait, le rythme scolaire accru, c’est acquis, et le travail ne me fait pas peur. La seule question qui me travaille en ce début d’année, c’est : quel lycée choisir ? Je suis sûre que ceux qui ont passé ce cap sont en train de se dire : « De nos jours, les jeunes ont tellement le choix ! », ou, « De notre temps c’était le lycée de notre ville et rien d’autre ! » Seulement sachez, mesdames et messieurs, que les lois ont évolué et que des dérogations sont possibles. Tout élève sérieux et travailleur peut aller dans le lycée qu’il souhaite. Mais lequel ? Là est la question essentielle.

Habitant Drancy, logiquement je dépends du lycée Eugène Delacroix, mais les échos sur la réputation de cet établissement ne me disent rien de bon. Etant passionnée d’arts plastiques, on me dit d’opter pour un lycée proposant « option arts plastiques ». Mais prendre trois bus pour être en cours à 8 heures ne m’intéresse pas ; pas parce que je suis fainéante mais parce qu’il suffit que le bus soit bloqué ou que des grèves aient lieu pour que je sois en retard. Et trop de retard pourraient nuire à ma scolarité.

Jusqu’à il y a un mois à peu près, le lycée Delacroix était rayé de ma liste. Puis j’ai pris rendez-vous avec la conseillère d’orientation du collège. Cette dame me vante les mérites de Delacroix : « C’est un des lycées les plus demandés parce que Sciences- Po y a ouvert une prépa… », etc. J’acquiesce bien entendu à tout ce qu’elle me dit, même si une petite voix au fond de moi me dit qu’à Bondy aussi, la prépa au concours Sciences-Po est présente. Mais la conseillère ne me permettant pas d’en placer une, je n’ose pas la contredire. Elle m’indique que pour être journaliste, les trois bacs généraux (S-scientifique, L-littéraire, E.S-économie et social) sont possibles et qu’elle n’a pas de métiers à me proposer qui lie l’art plastique au journalisme, mes deux passions.

Après une heure et demie de discussion je n’étais pas plus avancée, je dirais même j’étais un peu déprimée. Mon cerveau était complètement retourné, car selon elle, le journalisme est un métier vraiment difficile, qui ne me conviendra peut-être pas.

De retour chez moi, mon frère me confirme qu’une prépa Sciences-Po est ouverte à Bondy ainsi qu’a Bobigny, et dans de nombreuses villes du département. Je lui fais part de mon sentiment et lui dis que maintenant je ne sais plus trop quelle filière choisir, car mon idée de départ était le choix d’un bac E.S. La discussion se conclut par : « Sarah, ne va plus voir cette conseillère ! »

Mes parents qui partageaient mon avis et qui voulaient tout comme moi éviter le lycée de ma ville, sont maintenant perdus. Les avis sont partagés : mon oncle me déconseille de m’éloigner à cause des inconvénients des transports, ma tante penche pour un lycée plus « sélect », quant à ma grand-mère, elle a peur des mauvaises fréquentations.

Comme vous pouvez le constater, le choix de mon lycée est devenu une affaire familiale. Heureusement que c’est moi qui déciderai en fin de compte, mais il me reste quelques mois pour résoudre ce casse-tête chinois. Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour avoir des soucis.

Sarah Ichou

Sarah Ichou

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