Le ministre veut réformer le rythme scolaire. Les journées des écoliers seront réduites à 5 heures 30. Ce souffle dans l’emploi du temps donnera l’opportunité à une ribambelle d’activités périscolaires à la charge des municipalités. En complément de cet allègement, une demie-journée de cours avec trente minutes de soutien scolaire sera dorénavant effective le mercredi matin. Mercredi, le jour sacré de nombreux étudiants, des jeunes face à la crise, mais surtout celui de l’animation.

Astrid, étudiante, pense que « réduire le rythme scolaire est un grand tournant pour l’Éducation nationale. Les enfants ne subiront plus des journées marathon dont ma génération a été victime ! Je suis contente car l’école ne signifiera plus à rester toute la journée assis sur une chaise, à compter les mouches voler. Ça va être plus sain qu’auparavant et ainsi rendre par la même occasion les élèves plus attentifs ». Elle trouve cependant cette réforme à double tranchant : « elle va générer des changements drastiques dans l’organisation, à la fois des parents et celles des accueils périscolaires.  Les animateurs, (une profession que j’ai exercée), sont la plupart du temps des étudiants. La réforme va avoir un impact majeur sur les emplois de ces jeunes. Je dis oui à ce projet de loi, mais pas au détriment  des jeunes ».

Ulla, institutrice, trouve préjudiciable le fait de supprimer le mercredi matin aux enfants. « Ils vont enchaîner cinq matinées de suite, c’est un rythme qui risque d’être fatigant pour les élèves. » Il y a également le problème des activités qui ne seront plus à la charge des enseignants mais à celle des collectivités locales : « ça va engendrer des différences accrues entre les enfants qui habitent des communes riches et les enfants des communes pauvres. Et puis, restreindre les professeurs des écoles à enseigner seulement les maths et le français, c’est porter atteinte à notre métier, s’insurge cette maîtresse, faire du sport, de l’art apportent une complémentarité aux matières fondamentales ».

Du côté des syndicats des enseignants, la déception pointe. Le grand projet de réforme promis par le gouvernement est, pour le moment, réduit à la simple question des rythmes scolaires. Christian Chevalier du SE-Unsa, confiait cette semaine au journal Les Echos, « si on ne fait que réduire les journées des élèves d’une demi-heure, on sera loin de la grande réforme promise ! ». Les avis divergent. N’en déplaise à France Gall, je ne cesse de m’interroger. Qui a eu cette idée folle, un jour de réformer l’école ?

Lansala Delcielo

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