La semaine dernière, à la mairie de Bondy, des élus ont reçu enseignants et parents d’élèves pour échanger sur la réforme des rythmes scolaires. Sarah a assisté à cette réunion mais pas dans son intégralité. Quelques tracas de dernière minute …

Les sujets se suivent sans forcément se ressembler. Après le mariage pour tous, voici les rythmes scolaires au cœur de l’actualité politique. Le Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, propose un retour à la semaine de 5 jours. Mais comme souvent, lorsqu’il s’agit d’éducation nationale, la réforme pose problème.

Mercredi 20 février, des parents d’élèves et des enseignants ont eu rendez-vous avec quatre élus de la mairie de Bondy pour discuter de cette réforme. Le rendez-vous est fixé à 17 heures devant la mairie. A 16h50, je suis déjà sur place, les parents arrivent peu à peu, ils sont finalement une vingtaine à s’être déplacés. En attendant dans le froid les retardataires, un enseignant très impliqué dans ce dossier me livre son point de vue : « c’est du bricolage, on aurait aimé être consultés, travailler sur cette réforme des rythmes, parce qu’ajouter un quart d’heure à la pause méridienne, ça ne sert à rien. Revenir sur les rythmes scolaires, c’est revenir sur les vacances scolaires, faire quitter les enfants plus tôt pour ceux qui ont la chance d’avoir des parents qui peuvent venir les chercher plus tôt. » Sa collègue ajoute : « Bondy est entourée de communes qui ont reporté cette réforme à 2014, comme si la décision des autres communes telles que Livry Gargan, Drancy, Bobigny était stupide… »

Certains sont venus avec leurs enfants, « ils sont les premiers concernés après tout », rappelle une maman. Nous entrons dans la mairie, au chaud. Nous attendons d’être reçus. J’en profite pour demander à une maman comment elle a été informée de la réunion d’aujourd’hui. « C’est un papa qui m’en a parlé, l’école nous a aussi distribué des tracts, une pétition, il me semblait évident de me déplacer pour mon fils. » Un homme nous ouvre la porte pour nous laisser entrer dans une salle. A mes côtés, Olivia Fleury, une étudiante belge qui fait un reportage sur le travail du Bondy Blog pour son mémoire de fin d’études. A l’entrée de la salle, une jeune femme nous tient la porte, je lui explique que je suis blogueuse. Elle n’a pas l’air d’y voir d’inconvénients et me laisse prendre place autour de la grande table de réunion. Afin de laisser la place aux parents et enseignants, avec Olivia on se lève et allons nous installer derrière les élus.

Avant que la réunion ne démarre, un des quatre élus présents se lève pour nous dire à l’oreille « vous allez sortir quelques instants et vous allez dans le bureau à droite. Le chef de cabinet du maire souhaite discuter avec vous. » On s’exécute. Le chef de Cabinet nous accueille donc pour nous expliquer qu’il s’agit d’une réunion privée, que nous aurions dû demander des autorisations pour y participer en tant que Bondy-blogueuse. Il m’explique qu’il faut que j’interroge les élus concernés parce que sinon « votre papier ne sera pas assez objectif ». Bref, on a le droit à un cours de journalisme clef-en-main. La discussion dure près d’une demi-heure. Je sors de son bureau avec un dossier de la ville sur les rythmes scolaires et les noms des quatre élus présents.

J’ai maintenant l’autorisation de participer à la réunion, qui est déjà bien entamée. L’ambiance est électrique et il m’est difficile de prendre le train en marche. Si l’objectif du chef de cabinet était de me rendre ce travail de restitution plus difficile, j’avoue que la manœuvre était bien exécutée. La réunion est loin d’être terminée, et les deux camps ne semblent pas trouver d’accord. En sortant de la mairie, je croise un ami de mon père : « Mais qu’est-ce que tu faisais à la mairie toi ? – Une réunion sur les rythmes scolaires avec des profs et des élus – Dans tous les cas, tu vas voir des profs qui ne seront pas contents et des élus qui, eux, auront le dernier mot, c’est toujours la même musique. » Affaire à suivre…

 

Sarah Ichou

 

Articles liés

  • A Saint-Ouen (comme ailleurs) le collège Michelet compte le personnel absent

    Un mois après la rentrée des classes, le collège Michelet à Saint-Ouen compte les absents : un·e professeur·e d’Allemand, un·e assistant·e social·e et un·e infirmier·e scolaire. Parents d’élèves et enseignants se sont rassemblés ce jeudi devant le collège pour exiger des moyens. Reportage.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 30/09/2021
  • Le désarroi des étudiants sans master

    Alors que des milliers d’étudiants retrouvent petit à petit les chemins de l’université, nombreux sont ceux qui restent encore à ce jour sans master, après une licence douloureusement obtenue pendant la pandémie. Deux jeunes femmes racontent leur parcours du combattant pour obtenir le droit de poursuivre leurs études. Témoignages.

    Par Félix Mubenga
    Le 28/09/2021
  • Pas de rentrée scolaire pour les enfants des gens du voyage ?

    Alors que 12 millions d'enfants et ados on retrouvé leurs classes, les enfants des gens du voyage, connaissent de nombreuses difficultés dans l’accès à l'école. Un phénomène qui dure depuis des années, et accentué par la crise du Covid-19. Reportage. 

    Par Amina Lahmar
    Le 08/09/2021