Jugés trop provocants dans les lycées, les jeans taille basse posent un véritable problème. Les jeunes filles qui laissent leur ventre à l’air de manière à ce qu’on aperçoive le piercing et des tailles basses pour laisser apparaître le string ne pourront plus rentrer dans les établissements.

Eric Raoult, maire du Raincy (93), a adressé une lettre le 14 juin dernier au ministère de l’Education nationale et aux fédérations de parents d’élèves dans laquelle il évoquait le problème des tenues à la limite de la décence voire provocantes chez les lycéennes et collégiennes.

J’ai recueilli deux témoignages de deux jeunes filles avec des avis différents sur la question.


Sonia, 17 ans, lycée Albert Schweitzer du Raincy

C’est vrai que je porte des pantalons taille basse mais c’est la mode, on en trouve partout dans les magasins. Mes parents ne me disent rien alors je ne vois pas pourquoi je vais m’en priver. Je ne me vois pas porter des uniformes pour aller en cours.

Je ne trouve pas que ce soit de la provocation de mettre des tailles basses et ça va être difficile de changer ça. La plupart des filles s’habillent comme ça, même les adultes. Le vrai problème ne vient pas des jeunes filles en taille basse mais du gouvernement qui change et crée des lois tout le temps. Il y a eu l’histoire du voile, au début ça ne causait pas problème et d’un coup ça à fait un boucan pas possible. Maintenant c’est les tenues vestimentaires. Où va-t-on ? Ils nous collent des nouvelles lois à tout moment sans se soucier de l’avenir des jeunes. Il n’y a pas que le problème des pantalons taille basse à régler dans ce pays.

Fadéla, 16 ans collège Brossolette à Bondy


Honnêtement, il y a des filles qui abusent, elles se croient dans les clips de MTV télévision. Il y en a qui se prennent pour Beyonce ou bien d’autres stars américaines. Dans mon collège, c’est le défilé de mode, elles viennent en starlette. Elles portent des mini-jupes avec des bottes ou des pantalons taille basse et laissent leurs poitrines à l’air. Quand elles s’assoient, on aperçoit leurs strings ou leurs tatouages. Moi j’ai honte à leur place. Mes parents ne me laisseront jamais m’habiller comme ça.

Pour les garçons, c’est la joie de les voir comme ça. Elles sont sexy disent-ils et faciles et bien foutues. Parfois elles se font traiter de garce et je comprends pourquoi. Elles ne comprennent pas que ce n’est pas en s’habillant comme ça que les garçons vont les respecter. Je ne pense pas que les uniformes dans les lycées soient la meilleure solution mais il faut avant tout respecter le règlement du collège.

Essi Gnaglom

Essi Gnaglom

Articles liés

  • Rentrée 2022 : dans le 93, des lycées vont craquer

    Une rentrée chaotique. Plusieurs lycées du 93 ont eu la surprise de voir leurs effectifs d’élèves passer de 24 à 30 dans les classes de première STMG. Le Bondy blog s’est rendu sur les piquets de grève qui essaiment dans ces établissements scolaires à Bondy et à Epinay-sur-Seine.

    Par Névil Gagnepain, Hervé Hinopay
    Le 06/09/2022
  • Les études en France sont-elles vraiment gratuites ?

    #BestofBB Alors que la précarité étudiante est de plus en plus visible et s'est accentuée avec la crise sanitaire, le 13 janvier, Emmanuel Macron a remis en question la "gratuité" des études à l'université. Mais est ce qu'étudier à l'université c'est vraiment gratuit ? Anissa Rami décrypte le discours du président de la République et donne la parole à plusieurs étudiant·e·s.

    Par Anissa Rami
    Le 02/09/2022
  • Aux Pavillons-sous-bois, des mois sans anglais ni histoire pour des troisièmes

    #BestofBB Au collège Anatole France, aux Pavillons-sous-Bois, pendant des mois certains élèves de troisième n'ont pas eu de professeur d'histoire-géographie, ni d'anglais. Alors même qu'ils et elles préparent le brevet. Une situation chaotique que beaucoup d'établissements dans le département de Seine-Saint-Denis ne connaissent que trop bien. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 02/08/2022