On ne dira jamais assez les charmes de la banlieue parisienne. Corbeil est une petite ville charmante, presque bucolique, avec un lacis de rues tortueuses traversées par la rivière Essonne. Nous sommes à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. Une colline domine la ville, sur le flanc de laquelle on peut traverser une cité aux allures anodines, les Tarterêts. C’est là qu’il y a quelques semaines, une embuscade a été tendue à une patrouille de police par un groupe de jeunes gens.

Au sommet de la colline, presque accolé aux Tarterêts, il y a le Lycée Robert Doisneau. C’est un ensemble de bâtiments sans grâce qui abritent 2500 élèves. L’architecture est peu lisible, les entrées difficiles à trouver, de longs couloirs qui offrent une circulation un peu confuse. « C’est à l’image de ce qu’on trouve dans les cités », sourit Marie-José Valdenaire, conseillère principale d’éducation.

Ici, un élève sur cinq vient des Tarterêts. « Une cité très violente, une zone de non droit, décrit à petits mots tranquilles le vice-proviseur Jean-Louis Dodeman. On y trouve même des marchands de sommeil : ils louent un appartement à plusieurs groupes de personnes qui se relaient pour dormir. » Les 3 x 8 du sommeil, en quelque sorte. « Nous avons des élèves qui ne savent pas toujours où ils vont dormir le soir. »

Vous avez l’impression d’un enfer ? En fait, c’est plutôt le contraire. Robert Doisneau jouit d’une excellente réputation et le lycée déborde d’énergie. L’an dernier, sur 14 élèves qui ont suivi l’atelier Sciences Po, 3 ont été admis dans la grande école parisienne. Pour les autres, Marie-José Valdenaire et Jean-Louis Dodeman ont organisé une expédition dans le sud lybien, sur les traces de l’explorateur Frison-Roche : 150 km à pied à travers le massif du Messak Settafet, pour découvrir des gravures rupestres datant de 2500 ans avant Jésus-Christ ! Le tout financé par des donations ou des travaux d’élèves. « Ils avaient échoué au concours de Sciences Po, on voulait leur montrer qu’on n’est pas là seulement pour le concours, mais aussi pour eux-mêmes. »

L’expédition vient d’avoir lieu, en octobre. Sur son ordinateur, Jean-Louis Dodeman fait défiler les photographies, d’une beauté à couper le souffle. 

Alain Rebetez (L’Hebdo)

 

 

Alain Rebetez

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