La petite virée à Nanterre m’a donc amené ici, à la fac d’Assas qui a pour réputation d’être une fac où les étudiants sont de droite, voire d’extrême droite. Pas de jeunes militants de l’UMP en vue, pas d’évènement politique particulier comme j’ai pu le voir à Nanterre, c’est donc aux étudiants en vadrouille dans la fac à qui je dois m’adresser. Je me rends tout d’abord à l’étage où se trouvent les locaux des associations étudiantes. Parmi elles, l’UNEF dont  le syndicat appelle d’ailleurs à voter contre Nicolas Sarkozy. La demoiselle qui tient permanence m’explique que la réputation d’Assas vient du passé, qu’il y a eu le GUD autrefois, une association d’étudiants d’extrême droite qui a été dissoute à cause de ses actions très brutales. Aujourd’hui c’est le RED, une association qui aurait repris ce fonds de commerce, mais qui serait moins active. Mais à savoir si la fac d’Assas vote majoritairement à droite, la militante ne trouve pas qu’une majorité se dégage, et que de nos jours, Assas ne vote pas plus à droite que les autres facs.

L’autre association présente est l’UNI : La droite Universitaire. Malheureusement, la seule personne apte à me répondre révise son contrôle et ne peut pas m’accorder de temps. C’est donc à la rencontre des étudiants que je me lance. Droite ? Gauche ? Les étudiants m’ont surpris lorsqu’ils m’ont répondu en majorité Bayrou ! Pour eux, entre Ségolène et Nicolas, ils m’ont le plus souvent répondu Nicolas. Les étudiants me disaient : « Si tu cherches des électeurs de droite, va voir ceux avec la chemise dans le pantalon, et s’ils ont la petite mallette qui va avec, t’es sûr qu’ils voteront Sarkozy ! » Facile le cliché, mais ce ne fut pas totalement faux. Je trouve quelques pro-Sarko qui connaissent très bien leur sujet. Et je leurs propose comme à Nanterre de me parler un peu du candidat adverse. 

Voici quelques réactions. ASSAs.mp3

Quelques jours plus tard, j’ai une conversation téléphonique avec Edouard, l’étudiant qui préside l’UNI. L’association a été créée en 1971 pour contrer la gauche qui était alors très présente dans les facs et en particulier l’UNEF. Selon Edouard, son syndicat n’a aucun lien avec le GUD ou le RED. Cette année, avec les présidentielles, les membres ont eu du boulot avec les cafés politiques, les tractages et les collages d’affiches. On leur dit souvent qu’ils sont l’UMP déguisé, mais en fait, ils sont indépendants et seulement associés, et contrairement à leurs adversaires, ils n’appellent pas à voter contre Ségolène, mais bien pour Nicolas ! D’après les estimations d’Edouard, à la fac d’Assas, au premier tour, la moitié aurait voté Sarkozy, suivi de 20% pour Bayrou, Royal aurait donc partagé le reste avec les autres. 

Sin Chou

Chou Sin

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