Comme chaque année depuis environ dix ans, Lloret del Mar et Salou, villes balnéaires de la Costa Brava, en Espagne, sont prises d’assaut par des étudiants pendant trois jours pour l’événement Spring Break du mois d’avril. Le concept, certes pas aussi grandiose que la Spring Break mexicaine à Cancun, est de faire la fête non-stop du matin au soir et du soir au matin. Autrement dit, le sommeil est un ennemi. Journées festives à la plage, soirées éleciques en boîtes. Le slogan des trois S est à appliquer un maximum : sea, sex and sun.

Playa y fiesta est l’organisateur numéro un en Europe pour ce genre d’événement. Des jeunes qui mettent sur pied, à destination des étudiants, une rupture sur le mode « j’oublie tout », cela ne peut qu’être amusant. Pour la deuxième fois, j’ai participé, avec ma bande d’amis, à ce long week-end un peu délire. On m’avait dit : « Tu verras, c’est trois jours d’enfer. » Mais ces trois jours-là n’étaient pas si sataniques la première fois que j’y ai pris part, en 2010. Les packs Spring Break sont achetés par des organismes qui les revendent ensuite. Cette année, l’ambiance était meilleure que celle de l’an dernier. Rien à redire, c’était parfait.

Le 15 avril, après une douzaine d’heures de car, pas reposantes du tout vu la fiesta qui régnait à bord, nous arrivons à l’hôtel Gran Casino Royal, entièrement réquisitionné tous les ans pour l’évènement. Clé de la chambre en main, ma préoccupation première est de prendre une bonne douche pour me réveiller. Une fois des fringues propres sur le dos et une peau qui respire les vacances, direction le premier étage de l’hôtel où se trouve le bar à volonté. La formule « all inclusive » de 249€ comprend le transport, l’hébergement pour trois nuits, ainsi que le « pass » pour la plus grosse boîte de la station de la Costa Brava durant les trois soirs : le Colossos.

Le premier étage, c’est l’endroit où ça picole. Il y a des billards, de la musique et l’accès à la piscine de l’hôtel. Celui-ci, en forme de L et sur sept étages, offre une vue animée depuis les balcons des chambres donnant sur la piscine. Tout est prétexte à concours, comme « celui qui aura le plus de filles autour de son corps nu au balcon » ou encore « faire le plus de bruit dans l’hôtel ».

A 200 mètres, c’est la plage et ses cocktails d’un litre, alias le Super Duper à 13 euros. Très peu cher le litre, quand on sait qu’il s’agit de cocktails de fruits ou de cocktails alcoolisés, accompagnés de morceaux de fruits frais et d’un collier de fleurs hawaiiennes. Un verre suffit à rendre ivre pour la journée surtout qu’après le dîner, le bar de l’hôtel se transforme en « before » avec des shows brésiliens et strip-tease à 23h30. Le but étant de tenir l’alcool un maximum !

Vers minuit tout le monde se rend au Colossos pour continuer de faire la fête et chaque année, des vedettes de la chanson y viennent pour un « show ». Durant ma session, il y avait Lucenzo, un bogosse franco-portugais, et la session d’après, qui s’est achevée le 30 avril, c’était Inna, une bomba roumaine, qui enflammait le dance-floor.

On ne s’ennuie pas une seconde, à Lloret del Mar, durant le Spring Break : défilé en strings et tenues sado-maso avec des longues chaussettes, des déguisements en médecins ou en loups. A tomber par terre de rire en fait. A mon âge, ce break fait vraiment du bien au moral, et avant les exams, ça déstresse. A bon entendeur pour 2012, notre dernière année sur terre avant la fin du monde !

Inès El Laboudy

Crédit photo : HT Prod

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