Le prix de l’essence ne cesse de grimper depuis les années 90 mais surtout il a passé la barre des 1 € à partir de 2000. Les fervents consommateurs de gasoil qui achètent leur voiture plus cher regretteraient presque ce choix. L’écart entre l’essence et le diesel n’a cessé de se réduire atteignant presque le même prix en 2008. Les prix ne se stabilisent pas et ce sont les automobilistes qui en pâtissent.

Quand on obtient son permis après l’avoir chèrement payé, notre prochaine dépense est destinée à l’achat d’un véhicule, souvent d’occasion, le temps de se faire la main. Quand j’étais étudiante cela me facilitait la vie, fini les transports en commun d’une heure, bonjour les réductions de temps de trajet! Surtout qu’à l’époque le prix n’était pas aussi élevé qu’aujourd’hui à 0,70 € le litre (4,58 Fr. Le bon vieux temps du franc). Depuis le prix a bien grimpé. Quand on conduit depuis des années, notre voiture devient notre meilleure amie qui nous accompagne partout : au boulot, aux sorties, au supermarché, etc. Le budget carburant est alors bien inscrit sur le tableau des nombreuses dépenses que l’on doit débourser chaque mois.

Je me souviens comme si c’était hier de l’époque bénite où je payais mon plein dans les 39 euros, lorsque le prix du gasoil était à un euro. Et pourtant la dernière fois qu’il a atteint ce prix c’était en 2004, depuis c’est la flambée. La mèche ne veut plus s’éteindre et le prix vacille aujourd’hui entre 1,31 € et 1,64 € en France, selon les stations services. Pourtant, de ma petite voiture, je ne peux me séparer aujourd’hui. Je m’en sers pour aller sur mon lieu de travail : en voiture un quart d’heure me suffit alors que je mettrai près d’une heure en transport. Je la prends chaque semaine pour aller faire mes courses, et de temps en temps, quelques sorties. Avec un plein à plus de 50 € actuellement que je fais toutes les deux semaines à peu près, autant dire que c’est un sacré budget par mois!

Pour pouvoir faire quelques économies, j’évite la station BP qui se trouve à deux minutes de chez moi pour aller à celle de Carrefour qui elle se trouve à 10 mn. Je garde souvent les reçus de carte bleue pour voir les différences de prix entre chaque plein. Ces derniers temps je paie entre 1,36 € et 1,38 € le litre. Le prix n’est jamais le même, tel un yoyo ça monte et ça descend, mais souvent la montée est plus rapide que la descente.

Alors à qui la faute ? La taxe serait-elle trop élevée ou serions nous les seuls à payer ce lourd tribut ? Le reste de l’Europe n’est pas mieux loti, il y a pire : avec un prix de 1.904€ pour le Sans Plomb 95, 1.949€ pour le Sans Plomb 98 et 1.858 € pour le gasoil, la Norvège bat le record. Mais il y a aussi mieux avec la Russie et ses 0.725€ pour le SB95, 0.767€ pour le SB98 et 0.731€ pour le gasoil. Alors certes, entre les deux il y a sûrement un moyen de négocier. De là, on peut se demander à quoi sont dues ces différences. Et bien il faut savoir que dans le prix d’un litre d’essence, les taxes de l’Etat représentent entre 56 et 66% du coût final. Brent, raffinage, distribution constituent le pourcentage restant. Les taxes constituent en fait l’un des éléments les plus importants du prix du litre (66 % pour l’essence et 56 % pour le gazole). Le Gazole, lui est moins taxé car il est très souvent utilisé par les professionnels. Donc, si notre budget en souffre c’est certes à cause de la fluctuation du prix du pétrole provenant de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de pétrole) mais l’Etat y est aussi pour beaucoup.

Pourtant François Hollande avait bien proposé lors du 19 janvier dernier de bloquer le prix de l’essence et de relancer la TIPP flottante (Taxe intérieure de consommation sur les produits pétroliers). Cette mesure a été rejetée par le gouvernement et les industriels du pétrole. Alors en entendant qu’un autre candidat trouve la solution, en ces temps de crise, il ne me reste plus qu’à réduire mes trajets au maximum pour essayer de faire un peu…d’économie.

Chahira Bakhtaoui.

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