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Au début je pensais que c’était la motivation de l’inscription et surtout le fait de vouloir rentabiliser ce que cela me coûte mais non. Chaque semaine, il faut que j’y aille au moins quatre jours par semaine, si mon corps me le permet. Chaque jour, même motivation, l’envie de sculpter mon corps, d’améliorer mon cardio et d’atteindre des objectifs que je me suis fixés. La salle de sport, j’en suis fan. Bien entendu, un ami me coache et je n’ai aucun répit. Parfois je me crois à la télévision comme ces super stars qui sont coachées pour avoir un corps de rêve. Mais le résultat me motive d’avantage.

Quand on arrive là-bas, même rituel. Vestiaires, tenue de sport, bouteille d’eau remplie et en route pour les appareils qui font mal, parfois un peu trop, mais qui dans le fond nous font kiffer ! Mon programme est strict. Début de semaine, on travaille les bras épaules et pectoraux (oui même les femmes en ont !) Ensuite c’est le dos et la ceinture abdominale avec une bonne dose de cardio pour perdre le surplus d’eau et on termine par les jambes complètes.

Pour ceux qui ne connaissent pas, la salle de sport c’est un monde à part. Il y a de tout. Les petits corps secs qui tremblent sous une barre de 20 kgs, les femmes qui font de la compétition en body building et qui ont des plastiques musclées comme pas possible. La peau grillée aux UV, les teintures en tout genre, les tatouages, les piercings et les tablettes aussi bien tracées que celles du chocolat.  Il y a aussi les personnes assez rondes qui viennent pour courir, faire du vélo et des abdos qui, au bout de quinze minutes ont le t-shirt trempé et redescendent vite au vestiaire.

Il y a des couples, qui se motivent l’un l’autre, les groupes de potes qui passent plus de temps à discuter qu’à pousser sous les barres. Il y a les minettes qui font le tour de la salle sur trois niveaux pour montrer leur corps après chaque exercice fini. Il y a les gens vraiment motivés qui font leur sport, dans le silence, sans se montrer, et qui redescendent au vestiaire tranquillement. Il y a aussi un groupe de danseurs hyper souples qui n’ont aucun problème à passer une jambe derrière leur tête et qui revendique leur « gay attitude ». Et il y a les autres.

Les autres ? Ce sont tous ces hommes qui crient comme s’ils accouchaient pendant qu’ils soulèvent une barre de 100 kgs. Quand on entend certains grogner, on se dit que la barre est chargée à bloc. Mais une fois que je me retourne, surprise ! Le type a des altères de 10 kgs alors que moi-même je peux travailler avec. Parfois sans faire exprès, je lance des compétitions aux types d’à côté. Voir une fille soulever une barre de 40 kgs sur banc incliné pour travailler les pectoraux, ça frustre quand nous, on est à 30 kgs. « Accélère mec, regarde la fille d’à côté elle en fait douze sans problème ! »

Les autres, ils aiment leurs corps, un peu trop je dirais. Ils se mettent en débardeur ultra-moulant ou ultra-large laissant entrevoir leur plastique musclée. Ils ont leurs shakers en main toute la séance. Dedans c’est rose, parfois jaune. Et c’est sensé leur donner des forces et des muscles. Ils discutent de leurs compétitions, parfois leurs repas diètes hyper protéinés à base de blanc d’œuf et flocons d’avoine.

Ils s’aiment, les autres. Ils installent leur banc devant le miroir et se regardent en pleine musculation. Ils grimacent comme des singes et deviennent rouges comme des fraises. Certains se découvrent même des talents d’acteurs à sortir des sons ou des phrases venues de je ne sais où. On a l’athlète qui crie « OP OP OP OP OP ! » en accentuant la tonalité à chaque « OP » à chaque flexion de squat. Ou encore un autre qui a osé dire devant moi : « Ah ! Quelle sensation forte et délicieuse ! » pendant qu’il soulevait des altères de 30 kgs chacune. Je n’ai pu me concentrer dans mes mouvements.

Mais malgré tout cela, la salle de sport ça reste un endroit de drague, de sympathie, de copinage et surtout de musculation et fitness. Je suis accro à ma drogue et j’en suis fière.

Inès el Laboudy

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