Depuis son arrivée en France, Saïda n’a qu’un seul rêve, celui de devenir enfin citoyenne du pays dans lequel elle se sent chez elle depuis sa première arrivée sur le territoire en 1981, à l’âge de neuf ans. Cette mère de famille d’origine algérienne, qui vit aujourd’hui à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), raconte avoir subi un mariage forcé dans son pays d’origine, lors d’un retour estival, alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Devenue mère de famille, Saïda explique n’avoir qu’une seule envie en tête : rentrer en France, quoi qu’il en coûte, pour elle mais aussi pour ses cinq enfants. En 2004, après l’obtention d’un visa touristique pour la France, elle raconte avoir décidé de quitter l’Algérie définitivement avec ses enfants.

Une fois arrivée, en région parisienne, Saïda explique devoir faire face seule aux difficultés pour élever ses enfants, et subvenir à leurs besoins. « Personne ne m’a aidée, ni mes frères, ni ma famille, personne ». Elle enchaîne alors les travaux de ménage, et les horaires à rallonges qui les accompagnent.

En 2018, Saïda réalise une première demande de naturalisation, mais sa requête n’aboutit pas à cause d’un certificat manquant. Deux ans plus tard, et avec « un bon dossier et complet », la Bagnoletaise retente sa chance. Après quelques entretiens préliminaires, le verdict tombe le 23 novembre 2020 dans un courrier envoyé la Préfecture de la Seine-Saint-Denis : la demande est « ajournée à deux ans ».

Autrement dit, pas de nationalité pour la femme de ménage qui cumule deux emplois pour faire vivre sa famille, payer son loyer et les charges qui vont avec. C’est précisément pour cette raison que la Préfecture de Seine-Saint-Denis n’accorde pas la nationalité à Saïda : avec plus de 210 heures de travail par mois, elle se retrouve en infraction par rapport au temps de travail réglementé par la législation française.

Un motif qui anéantit la mère de famille, qui malgré la déception, confirme le fait qu’elle va continuer à se battre pour devenir française : « je ne lâcherai pas », conclue Saïda qui déposera un recours gracieux à la Préfecture de Seine-Saint-Denis.

L’intégralité de l’entretien est à retrouver en vidéo. 

Sylsphée Bertili

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