Samedi 29 mars, 19 heures, Place Saint-Michel à Paris. J’attends avec impatience un ami, on doit se rendre ensemble au Stade de France pour aller voir la finale de la Coupe de la Ligue qui oppose le PSG et Lens. Après 30 minutes de poireautage, il arrive enfin. Nous nous précipitons dans la station de métro afin de prendre le RER B. Sur le quai, une foule heureuse, des enfants rient, les supporters, en majorité lensois, se mêlent aux autres passagers multicolores habitués à prendre cette ligne. La fête du football peut commencer.

Tout d’un coup, une horde d’une centaine de personnes envahit le quai en criant. Au début, je ne prête pas attention à leur slogan, c’est lorsque je vois des gens se faire agresser à l’autre bout du quai où nous nous trouvons que je comprends que ce ne sont pas des slogans amicaux.

Ce sont des supporters du PSG. « Ils prennent à partie un groupe d’une douzaine de Noirs, dont des femmes et des enfants, sur lesquels ils jettent de la bière et des bouteilles en verre tout en lançant des cris de singe », relate L’Equipe dans son édition du 30 mars. Je suis horrifié par cette violence raciste d’un autre temps. Parmi les personnes agressées, « certaines sont poursuivies dans les couloirs du RER, où la présence des forces de l’ordre n’est pas visible », ajoute le quotidien sportif. Lorsqu’enfin le RER se présente, l’accalmie revient pour quelques instants seulement. Tout le monde se précipite dans les wagons, pour échapper à ces hooligans assoiffés de haine et de violence.

Malheureusement pour nous, une partie de la horde parvient à monter dans les wagons bondés. Les passagers et les supporters sont apeurés, les enfants pleurent durant tous le trajet, les supporters parisiens profèrent des insultes et scandent des insultes comme « Sales bougnoules », « White power » et « La France aux Français ».

Lorsque nous arrivons à destination, les gens se précipitent vers la sortie en courant, dans la bousculade qui s’en suit des personnes tombent à terre, les policiers qui sont à la gare de La Plaine n’interviennent pas, ils sont pourtant aux premières loges, mais ils laissent faire. Mon ami et moi courrons jusqu’au stade, nous sommes pressés de gagner nos places et d’oublier ces scènes de racisme.

C’est hélas un vœu pieu. Car au même au sein du Stade de France, le racisme persiste. Une banderole haineuse est déployée par les supporters du PSG dans les gradins « Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Chti » est déroulées à la vue du public et des caméras pendant plus prés de dix minutes. La fête est vraiment gâchée.

Le comble, c’est que ce sont deux Noirs qui donnent la victoire au PSG : Peggy Luyindula provoque le penalty et Bernard Mendy le transforme, faisant sauter de joie ces hooligans.

Chaker Nouri

Vu du Stade de France :
« Sur le match des supporters, là on sait qui a gagné ! »

Le PSG qui joue une finale au stade de France, on se dit que c’est comme un match à domicile. Mais samedi soir en finale de la coupe de la Ligue face au RC Lens, pas du tout ! Lors du coup d’envoi, il y a bien plus de supporters lensois en jaune et rouge que de Parisiens en rouge et bleu. Par hasard, je tombe à coté d’un supporter nordiste : « Ici on est chez nous ! », me lance t-il. Je lui demande s’il est descendu spécialement du nord pour le match. Mais non ! Il est venu de Limoges.

La tribune dans laquelle je me trouve est mélangée des supporters des deux camps mais elle contient beaucoup plus de Lensois. L’ambiance y est familiale, un peu comme pour les matches de rugby. Soudain, en face, est déployée cette banderole, déjà tristement fameuse : « Pédophiles, chômeurs, consanguins : Bienvenue chez les Ch’tis ». A la vue de ces mots, mon voisin lensois hallucine, il se tourne vers moi et me dit : « C’est ça des supporters ? Alors là bravo! »

Je ne sais pas quoi lui répondre, à part admettre que c’est pas du joli. Les banderoles sont normalement vérifiées à l’entrée du stade, même lorsqu’elles forment des mots destinés à être mis côte à côte dans l’enceinte du stade. Là, leurs auteurs ont réussi à introduire les mots qui forment la phrase assassine.

Au bout de quelques minutes le mot « pédophiles » est enlevé, puis un peu plus tard toute la banderole. Ce type d’inscriptions très provocatrices se voit plus souvent qu’on ne le voudrait dans les stades de foot. Les chants aussi peuvent être d’une extrême violence. Là, le fait que ce soit une finale et que la banderole provienne des tribunes du PSG amplifie la résonnance médiatique.

Le match n’est pas fini, les deux équipes sont encore à égalité et la discussion continue avec mon voisin lensois, qui me dit : « En tout cas, une chose est sûre au moins, sur le match des supporters, là on sait qui a gagné ! » Vrai qu’entre un public lensois apparemment majoritaire ce soir-là au Stade de France et une banderole honteuse du PSG, la victoire des tribunes revient à Lens. Mais sur le terrain du sport ou de ce qu’il en reste, la victoire du PSG sur un penalty douteux permet de sauver une saison catastrophique. 


CDL – PSG LENS des tribunes et des transports
envoyé par Bondy_Blog

Chou Sin
 

 

Chaker Nouri

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