Ensemble, faisons résonner la voix des quartiers populaires.

Soutenez le média libre qui raconte des histoires qu'on n'entend pas ailleurs.

Je fais un don

Wanys aurait dû fêter ses 19 ans dans quelques jours. Ce jeune habitant de la Couverneuve a trouvé la mort mercredi soir dans une artère de la ville voisine, Aubervilliers, après une violente collision avec un véhicule de la police. Le passager assis à l’arrière du scooter a été placé en garde à vue après le drame, avant d’être hospitalisé.

Pour l’heure, deux enquêtes sont en cours. La première pour homicide et blessures involontaires visent les policiers et est conduite par l’IGPN. La seconde enquête a été ouverte pour refus d’obtempérer aggravé.

Le drame a eu lieu mercredi en début de soirée. Selon le procureur, le scooter monté par deux jeunes hommes a refusé un contrôle de police et pris « la fuite en commettant de multiples infractions au code de la route ». Un véhicule d’une brigade anti-criminalité (BAC) s’est alors dirigé vers les lieux « en renfort ». Toujours selon le communiqué du procureur, « le conducteur de l’équipage de la BAC était contraint de faire une embardée pour éviter un véhicule qui ne respectait pas une priorité, et entrait en collision avec le scooter qui arrivait en sens inverse ».

Suite à la collision, Wanys a subi un premier arrêt cardiaque avant d’être réanimé et transporté à l’hôpital dans lequel il est décédé vers 23 heures.

Interrogé par le Parisien, le père de Wanys est choqué par les circonstances du décès : « Qu’est-ce que tu vas t’amuser à poursuivre (un scooter) dans la circulation ? Tu as l’immatriculation ! » Il tient à dire que son enfant « était très généreux. Il enlevait sa veste pour te la donner. Ce n’était pas un mec méchant, ni agressif. »

Un drame qui fait notamment écho à la mort de deux adolescents à Chelles après une course poursuite avec la police, en décembre dernier. Le nombre de morts liés à des refus d’obtempérer connaît une nette augmentation ces dernières années, comme le soulignait Sebastian Roché, directeur de chercheur au CNRS, sur notre site.

Articles liés

  • En Seine-Saint-Denis, des avocats dénoncent des gardes à vue utilisées pour « terroriser » les lycéens

    Depuis le début des mobilisations lycéennes, des milliers de mineurs ont été interpellés. En Seine-Saint-Denis, plusieurs avocats dénoncent des arrestations injustifiées, des conditions de garde à vue indignes et des procédures judiciaires qui, selon eux, visent avant tout à dissuader les jeunes de se mobiliser.

    Par Fatoumata Koulibaly
    Le 23/10/2026
  • Après les interpellations massives, la justice à marche forcée

    Après les manifestations du 17 octobre, près de 300 personnes ont été présentées à un magistrat à Paris en l'espace de quelques jours. Face à l'afflux de dossiers, le parquet a doublé le nombre d'audiences. Peines de prison, amendes et remontrances se succèdent au tribunal judiciaire. Le Bondy Blog a assisté aux comparutions du mardi 20 octobre. Récit d'une justice menée à un rythme effréné, qui laisse parfois peu de place à la parole des prévenus.

    Par Sofiane Zerouala
    Le 22/10/2026
  • Au dépôt de Bobigny, des mineurs contraints de dormir à même le sol

    Sans matelas, transis de froid, contraints de passer la nuit dans des cellules sales : un rapport publié ce mercredi 21 octobre par quatre avocats du barreau de Seine-Saint-Denis révèle les conditions indignes dans lesquelles 17 mineurs ont été retenus au dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny. Malgré des engagements pris après le scandale des viols au dépôt, les adolescents continuent d’y être enfermés.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 21/10/2026