Non, ne vous méprenez pas : ceci n’est pas un jouet. Vous pourriez très bien être, dans des jours prochains, la malheureuse cible de cet engin nouvelle technologie. Il s’agit de la nouvelle future arme des forces de l’ordre, pas vraiment future puisque les BAC de Paris et de Lyon sont déjà équipées du pistolet à impulsion magnétique Taser, c’est ainsi qu’il se nomme. Un laser pour cibler, deux broches métalliques, deux petits hameçons pour accrocher le vêtement, 175 grammes, 50 000 volts pour foudroyer.

Aujourd’hui une cinquantaine de policiers seulement ont l’autorisation d’utiliser l’arme suprême. Ces derniers ont dû suivre une formation de deux journées (oui, 24 heures seulement) durant laquelle, apprend-on, ils ont pu savourer le plaisir de ressentir les effets du Taser : effectivement, pour être apte à manier l’arme, les agents de police doivent e soumettre à l’obligation de subir eux-mêmes les effets du Taser avant de pouvoir à leur tour les infliger à autrui : rupture électro-musculaire provoquée par une information envoyée au cerveau, information non reconnue par le système nerveux et qui paralyse l’individu. Le Taser a déjà pu produire ses effets sur quelques 130 prévenus en 2005 en France.

Alors, quels sont les avantages et les inconvénients de son utilisation régulière par les forces de l’ordre ?

Actuellement, le gouvernement ne communique pas vraiment sur le sujet et, dans les médias, on n’en a pas beaucoup entendu parler. En juin 2006, le ministre de l’Intérieur a fait la promotion du pistolet nouvelle génération. Il a notamment souligné la nécessité d’en équiper la police nationale ainsi que la gendarmerie nationale.

D’après l’entreprise qui fabrique l’objet, Taser International, l’utilisation du pistolet sauve des vies tous les jours. Il est vrai que par substitution aux armes à feu, le Taser peut s’avérer en pratique bénéfique car il épargnerait la vie des individus ciblés. Mais quand la même firme ajoute que « l’arme est sans danger sur les personnes en bonne santé » et qu’en outre elle est efficace tant que la tête et le larynx ne sont pas visés, on pense vite que c’est une blague de mauvais goût. De l’autre côté de l’Atlantique, il est déjà inscrit dans les mœurs…et fait un peu plus de 150 victimes aux Etats-Unis depuis 2004.

Par Hanane Kaddour

Hanane Kaddour

Articles liés

  • Homicides policiers : « On est sur une année particulièrement problématique »

    En moins de 24 heures, deux personnes sont mortes sous les balles de la police. Pour Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS, l’augmentation du nombre d’homicides policiers ne peut s’expliquer par la simple hausse des refus d’obtempérer, contrairement à ce qu'affirment les syndicats de policiers. Interview.

    Par Héléna Berkaoui
    Le 10/09/2022
  • La Brigade des mamans contre les amendes abusives de leurs enfants

    #BestofBB Dans de nombreux quartiers, les jeunes sont victimes d'une nouvelle arme sur-utilisée par les agents de police : les amendes. Parfois lancées sans même avoir rencontré les jeunes. Un phénomène à l'origine du surendettement de nombreuses familles. Pour se prémunir de ce fléau, à Belleville (Paris), des mamans veillent et sortent dans la rue jusque tard pour protéger leurs enfants. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 10/08/2022
  • Contre la surveillance généralisée, la Quadrature du Net lance une plainte collective

    Vidéosurveillance généralisée, fichage de masse, reconnaissance faciale, détection automatisée des comportements, aujourd’hui la surveillance policière est omniprésente. Pour mettre un coup d’arrêt à cette « dérive liberticide », la Quadrature du Net lance une plainte collective contre le ministère de l’Intérieur. Arthur Messaud, juriste depuis 5 ans au sein de l’association de défense des libertés face aux menaces des nouvelles technologies, pointe l’opacité avec laquelle se déploie cette « technopolice ». Interview.

    Par Margaux Dzuilka
    Le 22/06/2022