Hamza Lahlou, 23 ans, étudiant en BTS, est toujours incarcéré à la prison des Baumettes, à Marseille. Un casier vierge, mais, bientôt six mois de détention préventive, dans l’attente d’un procès. Il a avoué avoir mis le feu à une poubelle et être l’auteur d’un graffiti dans le quartier de La Rouguière, à l’est de la ville, où habite sa famille. Les faits remontent à 2006. A la veille du ramadan, des personnes investissent une supérette abandonnée pour la transformer en salle de prière. Elles appartiennent à une association luttant depuis dix ans pour l’ouverture d’un lieu de culte musulman dans la cité. Les CRS viennent les en déloger un peu plus tard, avec force, provoquant une mini révolte dans le quartier: sept voitures et deux containers sont incendiés. Un seul confesse une faute: Hamza Lahlou. Feu de poubelle et graffiti, donc. Idir, envoyé spécial à Marseille, a relaté ces faits en détails dans un précédent post. Il y a une douzaine de jours, le Bondy Blog, de retour sur les lieux, a assisté à une séance du comité de soutien à Hamza Lahlou.

La réunion, ce jeudi-là, commence à 18 heures dans une annexe de la Rouguière. Le quartier est calme comme un chien assoupi. Des immeubles bas, entre jaune et crème, ceinturent un vaste terrain de sable planté d’arbres, où des joueurs de pétanque se délassent. Les parents du jeune homme, ainsi que sa sœur Hafsata, sont présents à la séance. Le père, imam itinérant, porte au milieu du front la marque des pratiquants assidus. Il ne prend pas la parole, mais interroge fréquemment à voix basse la personne assise à côté de lui. Il veut être sûr de bien comprendre tout ce qui se dit autour des quelques tables disposées en carré. Il y a là Charles, militant communiste à barbe et grosse voix, chargé d’élaborer un tract en vue d’un meeting programmé le 30 mai; un membre de la LCR; Abel et Tahar, deux adultes impliqués dans la vie sociale et politique; Lucienne, ancienne infirmière à Paris, présidente de la confédération syndicale des familles pour le logement; Meriem, une amie de Hafsata; Hakim, militant associatif, engagé dans la bataille des législatives derrière le candidat Karim Zeribi ; Laurent, auteur de documentaires, qui prépare un film sur l’affaire Hamza Lahlou; d’autres personnes encore dont je n’ai pas noté le nom. L’essentiel de la discussion, agrémentée de café, de thé à la menthe et de gâteaux, porte sur le meeting du 30 mai. L’adresse retenue est L’Orient Palace, près de la station de métro Bougainville, dans les quartiers nord, afin de sensibiliser cette partie de la ville à la cause. La manifestation commencera à 18h30. Le film de Laurent sera projeté. Tout cela ne doit servir qu’un but: la sortie de prison de Hamza Lahlou, afin qu’il comparaisse libre à son procès.

Bonne nouvelle. La libération du jeune homme serait imminente. Elle pourrait même intervenir aujourd’hui à quelques heures de la réunion publique de L’Orient Palace, selon Houria, membre du comité de soutien, jointe hier par téléphone. Beau succès, si tel est le cas, pour les amis de Hamza Lahlou et décision raisonnable des autorités, soucieuses de justice et de paix sociale.

Antoine Menusier

Antoine Menusier

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