Personne n’a oublié: à Bondy, la mort de Mokhtar Bakli est commémorée chaque année par un tournoi de football, organisé par le Racing Club de Blanqui. Parce que le jeune homme aimait ce sport, parce que sa famille et les grands frères de l’association ont tout fait pour calmer le jeu et détourner la colère en train de monter. Comment, sinon, expliquer que la banlieue n’ait pas pris feu, ce jour de septembre 2003?

Nous avons déjà tenté de retracer ce drame: deux jeunes gens qui volent une Porsche Cayenne, les gendarmes en embuscade, des coups de feu qui partent, puis une course poursuite. Le corps de Mokhtar retrouvé mort dans un champ, une balle dans la nuque… Une bavure, de toute évidence, qui vaut à deux gendarmes d’être mis en examen.

Le petit Gitan, le comparse de Mokhtar, lui, est arrêté pour le meurtre d’un boulanger, quelque temps plus tard.

Mais où en est cette affaire aujourd’hui? Je me rends chez l’avocat de la famille de Mokhtar, Me Michel Konitz, rue du Louvre, à Paris. En quelques phrases, il me résume l’histoire, parle d’une reconstitution qui n’a pas donné beaucoup de résultats. A vrai dire, il ne sait pas exactement où en est l’instruction, lui qui représente la partie civile. Il faudra qu’il se renseigne, dit-il.

 » Il ne se passe plus grand-chose. Ce genre de cas, des flics qui tuent un jeune, ça met en général 4 à 5 ans avant d’arriver au tribunal. Plus qu’autrefois, les bavures sont l’objet de poursuites. Mais molles… »

Sent-il venir le non-lieu?  » Si c’est le cas, je ferai appel… »

Me Michel Konitz m’a reçu rapidement. Il part le jour même pour la Tanzanie, où il s’occupe d’une affaire en cours devant le Tribunal pénal international de Haruscha. Il me conseille de prendre contact avec une ancienne collaboratrice, qui s’est longtemps occupé de la famille Bakli, avant de se mettre à son compte. « Elle connaît bien le cas. Elle pourra peut-être vous aider. »

Par Alain Jeannet

Alain Jeannet

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