« Les keufs, on les caillasse ». Chacun selon ses mots, les Bondynois expriment une méfiance commune. Accusée de ne jamais être là quand il faut, de contrôler au faciès, de privilégier l’intervention à l’investigation, de déserter la périphérie, la Police n’a pas la cote. Interlocutrice incontournable, au front de la crise des banlieue, je voulais connaître son avis.

Première étape, faire la queue au commissariat de Bondy. L’agent d’accueil demande l’avis du supérieur hiérarchique qui me conseille de me rendre au « DPC de Bobigny ». J’argumente. « Expérience inédite, à long terme, de proximité, pas de scandale, droit de relecture… » Non! Têtu, je refais la queue. Cette fois, l’agent prend l’autre porte, mais revient avec la même réponse négative.

Bien. J’enfourche ma bicyclette direction Bobigny. De l’Hôtel de Police, on m’envoie dans la seconde Zone administrative, tout au sud. Le réceptionniste ne semble pas savoir que faire de ma demande. Au premier étage, on m’explique qu’il faut faxer une demande d’interview au Directeur du Département de la Sécurité Publique et attendre la réponse, « mais sachez que ces derniers temps, on ne délivre presque plus de laisser passer ».

Trois jours plus  tard, après avoir passé dans les mains de trois instances départementales et de la  Préfecture de Bobigny, ma demande est rejetée.

 

 

La Police aurait-elle quelque chose à se reprocher ?

 

Par Blaise Hofmann

 

 

Blaise Hofmann

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