Souvent, j’entends que la police française est raciste. Ou encore, que gardien de la paix est un métier de « Blanc ». Or depuis quelques années, j’ai remarqué que des Asiatiques, mais surtout, des personnes d’origine africaine, intégraient les forces de l’ordre, notamment sur les secteurs de Châtelet et de Gare du Nord. Une fois, j’ai même croisé une patrouille de quatre individus composée exclusivement de personnes « noires » et « arabes ». Sur le coup, c’était assez intriguant pour moi, car je n’avais jamais vu cela auparavant. Ça casse un peu les clichés sectaires qu’on entend sur la police, surtout en banlieue (mais aussi ailleurs). J’ai interrogé des jeunes parmi mes connaissances sur leur perception de ce nouveau profil de policier.

Zakaria : « Moi personnellement, je m’en fous un peu. Mais c’est clair qu’il y en a qui font trop les malins, plus que les autres. J’ai l’impression que ces policiers veulent prouver qu’ils son eux aussi efficaces. » Ramy : « Tu en as qui font genre qu’ils te comprennent, qu’ils sont déjà passés par là (les contrôles), mais qui au final, te prendront plus la tête que les autres (flics) ». Christophe, d’origine antillaise : « Ceux-là, ce sont les pires. Même s’ils m’ont rien fait et que je me fais rarement contrôler, je trouve que les renois et rebeus font plus les malins que leurs collègues blancs. » « On a l’impression qu’ils ont un problème d’égo », dit Mohamed.

Ces jeunes que j’ai interrogés ont loin d’avoir le « profil » de ceux qui se font contrôler tous les jours. Et ils ne reprochent pas à la police tous les maux de leur existence. Ils habitent tous dans des pavillons, sont majoritairement bons élèves à l’école et n’ont jamais de soucis avec quiconque, du moins pas à ma connaissance. Alors pourquoi ces avis si tranchés ?

Mohamed : « Je n’ai rien contre eux, ni contre la police en général. C’est juste qu’au lieu de faire leur métier normalement, ils vont vouloir en faire plus. Ils vont en rajouter. Je trouve ça hypocrite. Par exemple, une fois dans le train, il y avait un policier d’origine tunisienne qui m’a pris la tête. Ses collègues blancs s’en foutaient complètement de moi. Mais lui, il ne voulait pas me lâcher. Il me parlait même en arabe pour faire genre ! » Ramy : « En général, dans un groupe de policiers, celui qui te cassera le plus les couilles, sera toujours arabe ou noir. »

Christophe : « Ce n’est pas l’institution policière qui est mauvaise en elle-même. Ce qui est mauvais, ce sont les personnes qui travaillent pour cette institution. Il y en a qui ne savent pas faire leur métier, c’est tout.» « Sans la police, c’est vrai, ça serait l’anarchie », reconnaît toutefois Mohamed.

Dernières question : est-ce qu’ils vous arrivent de les voir parfois comme des « traites » ? Zakaria : « Non pas du tout. Faut savoir qu’il y en a qui voulaient faire ça depuis tout petit. Et là, ils réalisent leurs rêves. Après ce n’est pas tous les policiers rebeus et renois qui sont comme ça. Mais y’en a certains qui le sont, c’est tout. »

Prosith Kong

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