Désorientation scolaire

C'EST CHAUD jeudi 25 octobre 2012

Par Tom Lanneau @TomLanneau93

La  terminale… Avec un peu de recul je me rends compte que l’on y rentre avec pour principale obsession le Bac. Grave erreur. Finalement le problème qui me semble primordial est l’orientation. Il fut précoce pour ma part. Je l’ai rencontré dès mon entrée dans la vie lycéenne et je pense qu’il est utile de vous préciser que le spectre de l’orientation me tient encore en contrat à durée indéterminée.

Voici mon parcours. Je suis arrivé en seconde avec pour ambition de passer dans la filière scientifique. Mon 4/40 en math au brevet aurait pourtant dû m’alarmer. Mais vu que nos parents, et les adultes qui nous entourent nous répètent inlassablement que pour s’en sortir dans la vie, il n’y a rien de mieux qu’un bac S, j’ai gardé longtemps l’illusion de finir un jour grand vétérinaire parisien avec la blouse blanche et la salle d’opération désinfectée.

Mais lorsque plus tard, en seconde, mon professeur principal a remarqué qu’avec 9 de moyenne en science, 7 en physique et 2en maths, les vies des animaux qui me seraient confiées se retrouveraient grandement menacées, il a commencé à me dire que PEUT ÊTRE, il serait judicieux de songer à me réorienter. Puisque l’actualité et les matières littéraires m’intéressaient, je me suis inscrit ES.

Je suis arrivé en terminale, et là le cauchemar de l’orientation a commencé. Je suis de nature assez anxieuse, heureusement,  1 mois après la rentrée je me suis mis à chercher par mes propres moyens vu que je n’avais pas de conseiller d’orientation dans mon établissement. Je me suis retrouvé dans un CIO où l’on m’a assis devant un ordinateur qui semblait dater de la seconde guerre mondiale. J’ai alors commencé à répondre aux questions d’un logiciel me demandant des choses bizarres tel que « Aimez-vous travailler dehors ? » ou « Aimez-vous le risque ? » (En terminale la notion de risque s’apparentait pour moi à éviter de mettre une cuillère dans le micro-onde… Je ne savais donc pas quoi répondre). La deuxième partie du test consistait à classer 5 métiers dans notre ordre de préférence. Je me suis retrouvé avec des séries telles que « Chirurgien, chaudronnier, archéologue, mécanicien, militaire ». Je vous avoue avoir été assez embarrassé par ce genre de série puisqu’aucun de ces métiers ne m’avait  effleuré l’esprit, et certains suscitaient autant d’intérêt en moi que de savoir qui de la poule ou de l’œuf est apparu en premier.

Mais le verdict de ce logiciel était sans appel : Je voulais faire ou médecin, ou pompier ou cindynicien (sa mission : évaluer, prévoir et réduire les risques en milieu professionnel, merci l’internet). Autant dire que vu mon orientation lycéenne et mon intérêt pour ces métiers, l’écran lugubre et pixelisé de la conseillère d’orientation affichait en rouge fluo et souligné « Chômeur ».

J’ai pris un autre rendez-vous afin de discuter avec la conseillère, peu convaincu du résultat du logiciel. Après une heure où j’avais l’unique impression qu’elle cherchait à me contredire, elle voulut m’orienter vers les filières linguistiques. Avec 13de moyenne en anglais et 8 en espagnol, je doutais de mes capacités de réussite dans ce genre d’études.

Je me suis alors rendu dans un salon étudiant. Lieu horrible : Une sorte d’hangar avec un tapis rouge où vous ne passez pas une minute sans vous faire bousculer, où vous faites une demi-heure de queue pour poser une question qui aura pour réponse la plupart du temps « oui » ou « non », et où le bruit est si présent que les 3 jours qui suivent, vous avez une horde de milliers de lycéens qui se permettent de continuer leurs palabres dans votre tête. Je me suis renseigné auprès d’une représentante universitaire, qui me disait être conseillère d’orientation. Lorsque je lui ai parlé de la filière « science politique » en voie universitaire, elle semblait ne pas comprendre de quoi je voulais lui parler et me donnait ses prospectus sur les IEP (Institut d’Etude Politique), écoles n’ayant pas pour objet principale la politique. Elle m’affirmait que la filière que je recherchais dans ce salon n’existait pas. Pourtant actuellement je suis bel et bien inscrit en science politique à Paris 8… On m’avait donc menti !

Puis, j’ai fait un tour auprès des stands écoles de commerce dans ce salon, publicité aguichante, affichant un taux de réussite frisant avec les résultats aux élections présidentielle des dictateurs africains, arborant des photos de locaux numérisés, flambant neufs, dans un décors digne de la Silicon Valley. Je me suis rendu à une journée portes ouvertes d’une de ces écoles, et je dois admettre que le lieu qui m’était présenté était pour moi idyllique. En plein milieu du quartier de la Défense, des locaux harmonieux et pratiques pour suivre les cours. Mais la question fatidique « Combien ça coute ? » m’a fait redescendre sur terre. Le verdict fut terrible, 8. 000 euros par an, l’école ne délivre pas de diplôme au bout d’un an ou deux, le calcul fut vite fais dans ma tête : 24 000euros pour trois années d’études sans compter le matériel et les stages.. On m’a parlé de prêt étudiant mais je ne voulais pas commencer ma vie avec une dette frisant les 30.000 euros, ne sachant même pas si j’allais réussir les études que j’entreprenais.

Pour achever les péripéties d’un lycéen souhaitant poursuivre ses études, nous devons nous inscrire à l’aide d’un logiciel d’inscription nommé APB (Admission Post Bac), où l’on note nos vœux, et où on les classes… Malheureusement, bien que j’ai utilisé ce logiciel longuement l’année dernière, je ne l’ai toujours pas compris par conséquent excusez-moi si je ne peux pas approfondir le sujet. Après avoir fait mes recherches sur internet, je me suis rendu compte que la filière de science politique existait bien, mais dans peu d’université. J’ai tenté ma chance et m’y voilà aujourd’hui. J’ai ainsi pu me rendre compte que pour mon cas,  le meilleur conseiller d’orientation, c’était moi-même.

Tom Lanneau