Rosny-sous-Bois reste à droite

ELECTIONS 2014 lundi 31 mars 2014

Par Tom Lanneau @TomLanneau93

Pour le 2ème tour des élections municipales à Rosny-sous-Bois (93), on prend exactement les quatre mêmes candidats et on recommence. Claude Capillon (URAM) fait figure de favori après avoir recueilli 45,22% des suffrages exprimés lors du premier tour, devançant Philippe Vachieri (Union de Gauche) et ses 29,91%, Pierre-Olivier Carel avec 12,98% et pour clore la marche, Daniel Bousselaire, 12,89% des voix.

A 20h15 à la mairie, devant la salle des fêtes, les sympathisants du parti de l’Union de Gauche ne sont pas à la fête. Les résultats ont fuité et ils savent que Claude Capillon, maire sortant URAM, est réélu devant la liste qu’ils ont soutenu pendant plusieurs mois. Cependant, Benjamin refuse de se laisser abattre : « ce n’est pas une défaite totale. Ces élections nous ont permis de constater qu’à Rosny, la gauche est capable de se rassembler ».

Il est 20h20, l’annonce officielle de la réélection de M. Capillon n’a pas encore eu lieu. Cependant, Philippe Vachieri reconnait sa défaite. Il considère que celle-ci ne l’étonne pas. « C’est une confirmation du 1er tour ! ». Selon lui, l’un des facteurs déterminant de la réélection du maire sortant est la faible participation de l’électorat de gauche, principalement dans les quartiers populaires. En effet, d’après les chiffres, rares sont les bureaux de vote situés dans les 3 grands ensembles de la ville, qui ont dépassés les 50% de participation. Le bureau de vote numéro 10, situé dans l’école Félix Eboué, dépassera même la barre des 60% d’abstention !

D’après les chiffres qui courent dans les couloirs, le Front National obtiendrait des sièges au conseil municipal. La tête de liste de l’Union de gauche considère que cette réapparition à Rosny est à imputer à « tous les partis républicains. Une partie de la classe populaire ne se retrouve plus dans ces partis. Le problème est que le Front National est un parti qui dénonce, mais qui n’a pas de véritables contre-propositions derrière ! ». M. Vachieri considère d’ailleurs que ces élections, leurs résultats et le taux d’abstention record constituent un message clair pour le gouvernement socialiste. Dans un reportage diffusé le 27 mars dernier sur Public Sénat, il conseillait même à ses colistiers de ne pas parler de la politique au niveau national, et évoquait un remaniement prochain.

A 20h30, la quasi-totalité des chaises disposées dans la salle des fêtes sont occupées. Dix minutes plus tard, Claude Capillon apparait pour annoncer les résultats. Néanmoins, toute la salle les connait déjà. A son entrée, la moitié de la salle se lève pour applaudir le « maire réélu », répétant inlassablement son nom. Le reste de l’assistance hue cette arrivée. Mon voisin, la vingtaine, ne fait pas parti de ceux qui hurlent ou qui huent. Lui rumine « S’il a été élu, c’est parce qu’il a menti… T’façon c’est tous des menteurs ».

Après cette entrée agitée, M. Capillon entame la retranscription des résultats. Le taux de suffrages exprimés est de 47,20% à Rosny (11 046 bulletins sur 23 402 inscrits). Il annonce sa propre réélection avec 49,44% des voix (la moitié de la salle se lève et exulte), la liste de l’Union de Gauche le suit avec 30,41% des suffrages. Le Modem et le FN ferment la marche avec respectivement 10,49% et 9,66% des bulletins. Les soutiens de l’URAM chantonnent à tue-tête « on a gagné, on a gagné… ». L’annonce des résultats se clôt sur une Marseillaise où les clivages s’estompent, et où droite et gauche se lèvent pour chanter d’une même voix l’hymne national.

A la fin de son premier discours officiel en tant que maire réélu, Claude Capillon exulte. Il estime, tout comme son adversaire M. Vachieri, que cette victoire était dessinée dès le premier tour. « C’est une victoire totale aujourd’hui ! J’arrive en tête dans tous les bureaux de vote de la ville ! ». Il clame le fait que sa priorité sera de « se mettre au service des Rosnéens », avec en premier lieu, le rôle « d’assurer leur sécurité, d’améliorer leur environnement, et prendre soin du système éducatif ».

D’après ses dires, les municipales 2014 représentent un tournant pour l’avenir de la ville. « Pour le Grand Paris, Rosny-sous-Bois jouera un grand rôle. Ce sera un carrefour très intéressant, avec l’arrivée du métro en 2019, le Tram, le Grand Paris Express… Il faudra tenter de faire cohabiter l’âme de Rosny tout en réhabilitant certaines zones afin d’entraîner un développement économique conséquent ».

Un jeune militant du Parti Communiste Français (compris dans l’Union de Gauche à Rosny), Anil Ciftçi, relativise. « Ce n’est pas une victoire totale pour la droite. Après tout, ils n’ont pas recueilli 50% des suffrages ».

Tom Lanneau