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Plébiscité en Seine-Saint-Denis en 2012 avec un peu plus de 65% des voix, les promesses étaient fortes. Des Ulis à Clichy-sous-Bois, beaucoup de gens y ont cru, se sont mis à rêver, peut être.

Merci François Hollande. C’était en 2012, une belle journée. Il fallait prendre un car à Paris. Il y avait des journalistes, en masse, devant ton camp qui sentait la victoire. C’était les derniers jours d’une campagne essoufflée. T’y croyais. Tu ne pouvais plus t’arrêter. T’allais devenir président de la France. T’avais tes femmes et tes gosses. T’avais l’espoir et l’envie. Au début, t’avais rien d’autre. Et puis, t’as eu des fidèles, de plus en plus.

C’était donc un dimanche bleu. Beau ciel, beau soleil. Le car a démarré. T’étais dans ta voiture, pas très loin, devant ou derrière. Aujourd’hui, tu devais clôturer tes 48 heures en banlieue, en région parisienne. T’es passé par les Ulis, Clichy-sous-Bois et Aubervilliers. A la fin, par Aulnay-sous-Bois. T’es venu convertir des indécis. T’as promis des choses que, plus tard, tu n’as pas tenu. Les gens gravitaient autour de toi comme on gravite autour d’un gourou.

C’était expéditif, mais t’avais réussi. T’avais des réponses aux doutes. T’avais des rêves aux désespoirs. Les gens t’ont cru. Ils ont aimé ta façon d’être, détendu, sympathique. Ils avaient l’impression de parler à un mec qui allait faire des miracles. Ils étaient naïfs. Aujourd’hui, ils peuvent te dire merci. Merci François Hollande pour tout ce que t’as raté.

Hier, des villes du 93 et d’ailleurs, nos villes, sont devenues des villes de droite. Des maires, nos maires, sont bleus, heureux d’avoir renversé les choses. Fiers d’avoir piqué des villes à la gauche, implantées là depuis longtemps, parfois depuis toujours. Le rose de ton parti a fané, un peu partout. Il est mort.

Merci François Hollande de confirmer que tout est un cirque permanent. Que t’en es le jongleur et tes ministres les animaux qui n’impressionnent même plus. Merci aussi, de la part de tous ceux que t’as vu, ce dimanche en banlieue, avant ton élection. Merci pour cette abstention insoluble. Merci pour tes rêves morts. Merci pour tes regards fuyants. Merci pour tout le social qui s’est cassé la gueule. Tous les villages, un peu plus loin, qui vivent avec rien.

La dernière fois, ce dimanche là, t’as fini par passer par Aulnay sous bois. Il y avait 800 personnes dans les gradins, y parait. T’as dit : « Je finis mes 48 heures dans ce qu’on appelle les banlieues, mais qui sont tout simplement la France ». Aujourd’hui, la France dont tu parlais, et Aulnay-sous-Bois où t’as dit ça, sont passées de l’autre côté. Merci François Hollande.

Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah

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