L'esprit de l'université de Vincennes à Paris 8

AMBIANCE mercredi 22 avril 2015

Par Tom Lanneau @TomLanneau93

Comme Kahina, Tom est tombé sous le charme de l’université dans laquelle il étudie depuis trois ans. Au-delà des clichés et de sa réputation, il nous livre avec recul, ses bons et ses mauvais côtés. 

Je n’ai pas l’habitude de déclarer ma flamme à n’importe qui ou à n’importe quoi. Mon côté romantique et amoureux n’est consacré qu’à la pizzeria de ma rue qui entretient mon addiction à la malbouffe et au soda à prix raisonnable. Mais aujourd’hui, je prends le clavier pour faire l’apologie d’une fac dont on parle généralement en des termes péjoratifs : l’université Paris 8 (Vincennes à Saint-Denis).

Il ne s’agit pas de tomber dans l’angélisme : Range ton portable entre la bouche de métro et l’entrée de la faculté, les voleurs y trainent parfois et y sont rapides. De même, vandalisme et manque de moyens sont des séquelles que l’on constate quotidiennement à « P8 », et plus particulièrement dans les toilettes. Mais pourquoi se borner à ne voir que le côté pourri de la pomme ? Pourquoi, à force qu’on le leur répète, les étudiants de cette fac, dont je fais partie, ont intériorisé le dénigrement de leur propre diplôme et de l’ambiance à l’université ? Comment cette fac, héritière du Centre universitaire expérimental de Vincennes créé par Foucault, Deleuze ou encore Popper suite à mai 68, a-t-elle pu passer de l’image d’un établissement aux méthodes révolutionnaires, à celle d’une université « au rabais » ? Toi qui lis cet article et qui n’as entendu parler de cette fac qu’en mal, suis-moi et faisons-en le tour.

Devant le bâtiment principal, l’art de l’esquive est bien souvent de mise : les distributeurs de tracts sont de sortie. À l’entrée, depuis les attentats à Charlie Hebdo, quatre vigiles « check » ta carte étudiante (même si en réalité, tu peux leur montrer n’importe quel bout de plastique, ils te laisseront entrer). Tournons à gauche et prenons les escalators. On tombe dans un grand hall où la musique résonne souvent à plein ampli, où certaines personnes dansent et chantent tandis que d’autres t’abordent avec des discours militants (que ce soit pour la libération d’un étudiant en prison, pour le boycott des produits venant d’Israël ou pour la protection des abeilles en Ile-de-France). Cette bouffée de vie et d’animation, n’est-elle pas revigorante après avoir affronté les miasmes et la chaleur humaine suffocante de la ligne 13 ?

150 nationalités différentes

Paris 8, c’est également 150 nationalités différentes, représentées par les étudiants. C’est d’ailleurs cette diversité qui m’a personnellement le plus marqué lors de mes premiers pas dans l’établissement. En marchant dans les couloirs, la langue française côtoie l’anglais, l’espagnol, le tamoul, l’arabe et de nombreuses autres langues dont je ne saurais dire avec exactitudes d’où elles proviennent. En plus de la diversité des nationalités, Paris 8 n’a pas un seul visage, mais plus de 23 000 (enseignants, étudiants et personnel d’entretien compris), allant du costume cravate au look « destroy », du baba cool à la jeune étudiante voilée, du rasta au punk à chien (et à crête colorée).

Assez parlé, continuons à marcher. On rencontre de nouveaux escalators. Les AG (assemblées générales), qu’elles soient étudiantes ou enseignantes, en ont fait leur lieu de prédilection. Un micro, plusieurs dizaines d’étudiants et le tour est joué : dénonciation des conditions de travail, revendications politiques, demande de revalorisation des salaires… Chaque semaine, une nouvelle grève est lancée, et quasi mensuellement, un intervenant ou deux appellent à la révolution, avec éloquence et conviction.

Poursuivons. Nous arrivons dans le grand hall du bâtiment A. Certes, il semble avoir perdu sa jeunesse. Mais les personnes qui le fréquentent lui donnent un nouveau souffle ! Les étudiants des licences d’arts plastiques, de théâtre ou de musique y viennent parfois exercer leur créativité. Si leur « âme d’artiste » peut parfois nous laisser pantois, nous sommes nombreux à prendre du plaisir à les regarder jouer la comédie, à jeter des cerceaux ou encore à souffler dans des légumes.

« Ruse et Débrouille »

Montons dans les étages du bâtiment A, mais faisons attention : comme à Poudlard, il m’est arrivé de prendre des escaliers dont je pensais connaitre les débouchés, finir dans des couloirs inconnus, et prendre finalement une bonne vingtaine de minutes pour trouver ma salle de cours. Ce bâtiment est le plus ancien, mais aussi le plus vétuste : les stores ne fonctionnent plus, il n’est pas rare que les étudiants doivent aller chercher des chaises à l’étage inférieur puisque la moitié de celles qui sont présentes sont cassées, le chauffage ne marche pas en hiver, mais brule en été… Il existe même une porte qui mène sur un placard où sont rangées des notes et des dossiers d’étudiants des années 1980 ! Mais voyons le bon côté des choses : tout étudiant de Paris 8 reçoit implicitement un doctorat en « Ruse et Débrouille », mention Mac Gyver.

Revenons sur nos pas et dirigeons-nous vers le bâtiment B. À gauche, il y a la bibliothèque universitaire (ou BU pour les intimes). Bon sang qu’elle est belle, grande, calme et lumineuse ! Quand on sort de la station « Saint-Denis Université », elle nous fait face, et enjambe l’avenue Stalingrad. Sur deux étages, ce lieu compte près de 1 500 places et 250 000 ouvrages en accès libre. Trop conformiste pour Paris 8 ? Encore une fois, cette fac se démarque des autres. Bien que les toilettes soient taguées, elles font partie des plus propres de Paris 8 (je tenais à relater une inscription murale qui m’a particulièrement marqué, écrite à l’aide d’une bombe à peinture noire : Arrêtez de taguer). Baladez-vous dans les étalages de livres, et vous rencontrerez sûrement l’emblème de Paris 8 : « Gégé », homme d’une soixantaine d’années, arborant un slip sur le crâne et portant sous son bras des bouquins ou un tas de feuilles. Les étudiants de première année se retournent sur son passage et certains avouent leur malaise face à lui, tandis que leurs aînés n’y font même plus attention ou bien le saluent.

Un brin de verdure

Entre les deux parties du bâtiment B, les passerelles empestent bien souvent le « oinj », et les étudiants font une queue improbable devant une petite buvette, pour engloutir un panini fromage à 2,70 euros ou un café serré avant leur cours de 3 heures.

Entre tous ces bâtiments et le bitume, en plein milieu de la fac, un grand carré d’herbe accueille les étudiants qui veulent célébrer l’arrivée des beaux jours. Certains s’y allongent pour lire, d’autre pour dormir, ce groupe d’étudiants rigole et chante tandis qu’un autre joue de la guitare et son voisin du tam-tam. Ici, un prof discute avec ses élèves tandis qu’un autre n’a pu résister à l’appel du soleil, et a décidé de faire cours dehors. En avril, mai, difficile d’y trouver une place tant les étudiants affectionnent ce petit brin de verdure et de joie avant les partiels de fin d’année. Allez, pour l’anecdote, il y a un an, un étudiant a planté sa tente dans ce jardin. Pourquoi ? Parce que.

Il y a trois ans, je dois avouer, quitte à ce que ma virilité en prenne un coup, y avoir fait mes premiers pas la peur au ventre. Mes camarades qui allaient dans des écoles ou des universités parisiennes me surinaient « Quoi ? Saint-Denis ? Mais c’est Bagdad ! Faut que tu t’armes ! ». Mais aujourd’hui, je déambule à P8 plein de nostalgie, prêt à quitter le bahut.

Alors fac de bobos, de gauchos, de nazis à couettes, de racailles, de prolos… appelez P8 comme vous voulez, mais ne jugez pas avant d’y avoir mis les pieds. Apprenez plutôt à savourer son côté folklo et « fendard » entre les heures de cours studieuses et avant le stress des partiels.

Tom Lanneau

Les réactions des internautes

  1. dimanche 3 mai 2015 23:48 wafa

    C'est ma fac et je l'adore. Tout le monde trouve sa place. Les différentes nationalités: j'ai des camarades internationaux. Les cours sont de très hautes qualités. Les enseignants sont très coopérents mais exigent:il 14/20 pour passer en M2. Comme on dit les apprennes sont trompeuses.
  2. jeudi 30 avril 2015 18:47 Mathilde DESDOMAINES

    Comme je suis d'accord ! J'aime ma FAC ! Etant en dernière année je commence aussi à sentir cette nostalgie. On s'y sent bien, à l'abri, chez nous ! et comme c'est un labyrinthe, on a chacun nos petits repères, nos petits spots "privés" ! Personne pour nous casser les couilles, une grande solidarité entre les étudiants peu importe l'orientation. Un jour, des mecs ont même ramené une slackline, c'était tellement bien ! 5 années de souvenirs ! Même l'administration avait son charme, on pétait tous un cable mais ça renforçait la cohésion sociale entre étudiants et ça nous a bien préparé pour l'administration française en générale. Tu as très bien retranscris l'esprit de Paris 8 ! Je te félicite ! j'aurais presque pu avoir la larme à l'oeil :') !
  3. samedi 25 avril 2015 12:09 Annie Couëdel

    Tom, vous avez eu la chance d'avoir étudié à Paris 8-Vincennes... j'ai eu cette chance en tant qu'enseignante. Pour en savoir plus : 1. Un livre passionnant de Guy Berger, Maurice Courtois, Colette Perrigault : Folies et raisons d'une université : Paris 8. De Vincennes à Saint-Denis. Editions PETRA (février 2015) "Université critique jusqu’à être révolutionnaire, université pratique, intervenant en permanence sur ses environnements, université en recherche, d’actions parfois plus que de savoirs académiques, université théoricienne où chacun évoque en permanence épistémologie et paradigmes dans un brouhaha conceptuel qui en effraie plus d’un. Les images de Vincennes sont multiples et cette multiplicité s’ajoutera à l’image d’abcès de fixation des gauchistes, de ghetto rouge, d’université des travailleurs, des étrangers et des réfugiés, d’université d’une élite un peu mondaine qu’on ne désigne pas encore sous le nom de « bobos » – sans compter celle d’université de banlieue après le déménagement à Saint-Denis, puis d’université des sans-papiers. Nous avons tenté d’éviter la nostalgie des uns d’un « paradis perdu » qu’a été le Vincennes des débuts, ou le ressassement, chez d’autres, d’une différence devenue fictive, mais toujours revendiquée au nom de cet héritage, pour nous poser une seule question : l’histoire de cette université Paris 8 peut-elle encore nous aider à penser des questions d’aujourd’hui ? Les trois auteurs ont effectué tout ou partie de leur carrière professionnelle à Paris 8 Guy BERGER, professeur en Sciences de l’éducation, a été membre du groupe cooptant, puis du conseil d’université, coanimateur de la commission pédagogique et directeur d’UFR. Maurice COURTOIS, maître de conférences en Littérature française, a été co-animateur de la commission pédagogique, membre du conseil d’université. Colette PERRIGAULT, étudiante en histoire, puis membre du personnel administratif et chargée de cours en Écriture et communication, a été membre du conseil d’université et de la commission pédagogique." Posted by Jean Roucou on déc - 23 - 2014 2. une vidéo réalisée par Victorino Flores/émission de radio à P8/bouquin : https://www.youtube.com/watch?v=n2VrgaJhgpk&feature=youtu.be 3. Des archives vidéos sur le site de Paris 8, restaurées par Patrice Besnard : http://www.archives-video.univ-paris8.fr/
  4. vendredi 24 avril 2015 04:00 Stéphane

    Votre article parle plus du contenant que du contenu, et pour faire simple il y a d'excellents départements à Paris8 comme il y en a de moins bons, les problèmes d'image de l'université ont commencé au milieu des années 90 avec la fronde des étudiants de droit qui avaient reçu une prof avocate radiée du barreau, et ils n'étaient pas contents....c'est de là que l'image à commencer à se dégrader. Pour ce qui est de ma certitude sur l'excellence de certains départements, et je ne les connais pas tous, je cite le département de philosophie, celui de linguistique (cohabilité avec l'école normale supérieure de la rue d'Ulm), celui de géographie, celui d'urbanisme et celui d'arts plastiques et d'histoire de l'art et aussi une mention spéciale pour le département multimédié, les premières images de synthèse qui accompagnaient la musique techno au Virgin mégastore étaient des productions d'étudiant(e)s de Paris8. Après pour le contenant, c'est l'hyper-présence visuelle de l'extrême-gauche qui pourrit l'image visuelle de la fac. Après reste le problème de l'emploi après des études en sciences humaines mais je doute que Paris8 fasse pire que les autres facs. C'est beaucoup plus une vacuité visuelle et une impression de vide qu'un vide intellectuel avéré. Moi j'y ai fait la moitié de ma licence et je ne regrette pas d'avoir eu des pontes comme professeurs. Après le principe du diplôme c'est qu'une moyenne de 10/20 suffit et c'est le même problème partout. Je ne pense pas qu'il y ait de quoi envier aux autres facs, tout est une question d'aptitude à la production intellectuelle à partir du master et pour les départements que j'ai cités je suis convaincu qu'il n'y a pas de différence avec le reste de la France: ces diplômes, ils ne les ont pas volés.
  5. jeudi 23 avril 2015 16:43 luquet

    Je me reconnais complètement dans le descriptif de cette fac ! Merci pour l'article :D
    • jeudi 23 avril 2015 16:45 luquet

      J'ajoute que j'adore vraiment cette fac !
  6. mercredi 22 avril 2015 23:38 Ianis

    Pour les commenter les commentaires : Paris 8, ça n'est ni un monde merveilleux, ni Beyrouth sous les bombes. Et c'est ce qu'essaye d'exprimer l'article, mais qu’assurément peu saisissent. Oui, le personnel administratif est parfois con et feignant, comme il peut être dévoué et chaleureux, oui, l'état des locaux est relativement déplorable, mais enfin, on s'y fait et ça n'empêche pas de suivre ses cours -ou rarement-, oui, la sécurité laisse à désirer, mais il y a une effervescence qui fait s'y sentir comme chez soi... Les cours sont bons, ou mauvais, ou moyens, et je suis persuadé qu'un employeur saura utiliser la capacité d'adaptation et d'ouverture que "confère" Paris 8 -tout les employeurs, voyez-vous, ne recherchent pas des gentils moutons qui font 1+1-. Paris 8 s'est énormément normalisée, mais elle reste attachante, tant dans sa mythologie que dans sa réalité, c'est ce qu'exprime Tom. Et puis, les études sont trop importantes pour êtres prises au sérieux.
    • jeudi 23 avril 2015 00:50 Amélie

      Comme si les étudiants de la Sorbonne, d'Assas ou de Dauphine ne devaient pas faire preuve de capacité d'adaptation... Ces universités aussi proposent des cursus exigeants dans un cadre propice à l'étude, qui demandent beaucoup de travail, de l'autonomie. Au moins, les étudiants ne se font pas racketter entre le métro et la fac. Il n'y a pas que des enfants de bourgeois qui fréquentent ces universités.
      • jeudi 23 avril 2015 11:19 Ianis

        Je vous invite à regarder un peu plus attentivement les populations des Universités sus-mentionnées. Par capacité d'adaptations, j'entendais justement non pas l'exigence du cursus, mais la créativité, la formation à l'altérité qu'apporte plus des études à P8 que des études en droit à Assas.
        • jeudi 23 avril 2015 23:36 Amélie

          1) "La formation à l'altérité", ça n'existe pas. Je vous épargne les problèmes de communautarisme, dont certains dérapages fâcheux, dont souffre cette université, que j'ai évoqués plus bas. Bonjour le rapport à l'altérité, très enrichissant... 2) Le droit n'étant pas une matière inerte, les bons juristes doivent faire preuve d'inventivité. La rigueur n'est pas forcément synonyme d'austérité.
          • mercredi 29 avril 2015 15:25 Typy Zoberman

            Mais pense ce que tu veux, Amélie, ne viens juste pas nous enquiquiner. Paris 8 n'est peut-être pas mieux qu'ASAS (Bon, en fait si, mais je ne crois pas que tu sois capable de le comprendre), mais au moins, nous ne passons pas notre journée à dire du mal de vous pour tenter de revaloriser notre parcours de privilégié. Paris 8 est un monde à part, qui a juste besoin que les petits bourgeois dans ton genre le laissent vivre. Alors s'il te plaît, reste juste à ASSAS, et laisse-nous.
          • mardi 28 avril 2015 01:00 Moi

            Franchement Amélie-caca-nerveux... whatever
  7. mercredi 22 avril 2015 20:16 Jacques Bolo

    C'est aussi l'absence de déontologie : http://www.exergue.com/h/2010-09/tt/plagiat-these.html
    • mercredi 22 avril 2015 23:23 Ianis

      Si vous aviez fait des études à Paris 8, on vous aurait appris que la preuve par l'anecdote ne vaut pas grand chose. Le plagiat est partout, et pire encore, la fausse science (je vous laisse vous renseigner sur la "sociologie" de l'imaginaire enseignée à Paris 5 il y a encore quelques année par Maffessoli.
      • jeudi 23 avril 2015 07:49 merlevert

        Bien! on a enseigné pendant 1000 ans a la Sorbonne que la terre était plate... signé: Un ex-étudiant en histoire de Paris I
        • jeudi 23 avril 2015 09:35 jps

          La Sorbonne ayant été fondé par de Sorbon en 1253, vous voulez dire que jusqu'en 2253 les étudiants apprendront que la terre est plate. Cependant, le chapitre XIV du livre II du Traité du Ciel d'Aristote, soit au IVe siècle avant J.-C, expliquait déja que la terre devait être ronde. Les grands voyageurs et découvreurs bien avant Galilée savaient que la terre n'était pas plate. Où avez vous étudié ? à Paris 8.
          • jeudi 23 avril 2015 11:23 Ianis

            Ç'aurait été drôle si cela n'avait été si sérieux : "pendant 1000 ans" est sans nul doute une figure de style, pour mettre en contraste l'enseignement de l'Histoire réputée (je ne le nie pas) le meilleur de France à P1, et l'histoire des idées dans cette Université.
  8. mercredi 22 avril 2015 16:01 Olive

    Ah ah ! J'étais à P8 en 1991-93 en ECA et en ECAV. Quand tu parles du Gégé, il était déjà là à l'époque ! Il parait qu'il transporte sa thèse... j'y ai passé 3 années mémorables Je me suis éclaté ! et sans substances ! Suivre les cours de Jean Henry Roger et Serge LePéron, et de M. OUKAOUR sur les banlieues ! Pouvoir regarder les répets des étudiants en théâtre ! On faisait des vidéos de malade ! Une bonne époque.
  9. mercredi 22 avril 2015 15:40 malik

    Jeune ouvrier typographe (de nuit) à l'époque, je me suis inscrit en 1969 à Vincennes, la seule qui voulait bien accepter les sans Bac. A cette époque encore il en fallait bien peu pour être précipité dans l'entonnoir des métiers de nos pères, là ou nos bras intéressaient davantage que nos cerveaux, même si vous présentiez quelque capacité. Les moyens étaient décents sans être spectaculaires, le personnel administratif souvent dépassé mais là bouillonnait une ambiance de mixité sociale et de soif de savoir, portée par des jeunes là pour apprendre de leurs études et pas pour poursuivre des études. Pas de nostalgie. Juste pour dire que ce bref passage a sans doute contribué à un sentiment de liberté de penser, d'agir et de créer. Ce que je crois avoir entrepris. Merci Vincennes !
  10. mercredi 22 avril 2015 11:45 Pauline

    Ok, vous le prenez bien. Mais sinon avez vous (qui, quelqu'un?) prévu de prendre les choses en main pour pouvoir étudier dans des conditions décentes ? Parce que c'est bien de montrer que vous avez un moral d'acier, que vous êtes passionné et persévérant, mais votre employeur lui, Paris 8, il n'en aura rien à carrer. Aussi, si le ministère arrêtait de prendre les étudiants et les personnels, profs inclus, pour des cons?
  11. mercredi 22 avril 2015 11:44 bruno_bd

    Paris 8 est le contraire exact de ce que devrait être une université en Seine Saint Denis, à savoir un endroit largement sécurisé, calme, propice à des études de qualité, avec des locaux propres, entretenus, avec des services aux étudiants de qualité raisonnable (et pas une malheureuse buvette où il faut des plombes pour être servi). Paris 8, c'est une insulte aux habitants de ce département. Ah, dernier détail, ne pas confondre "surinaient" et "serinaient"... Quoiqu'à Saint Denis le couteau puisse parfois être un moyen d'expression....
    • mercredi 29 avril 2015 14:44 Ams

      Déjà il n'y a pas "qu'une buvette" mais de multiples lieux où se restaurer! Dans l'article il parle simplement de l'endroit entre les 2 bâtiments B, ça ne veut pas dire que c'est le seul endroit de la fac où se restaurer! Quant au sujet de l'enseignement, j'ajouterai que P8 possède d'excellents professeurs, par exemple dans le département de science politique ou celui de socio on trouve vraiment des professeurs Géniaux !! Aussi on peut mettre en avant l'approche de P8 consistant à ouvrir le champ des étudiants grâce aux mineures et cours de renforcement, un etudiant ne reste pas confiné dans son domaine d'étude, les programmes contiennent des cours à prendre dans d'autres départements. La qualité des profs et le cursus pluridisciplinaire font que pour rien au monde je ne regrette mon choix d'étudier à P8. L'histoire de P8 et surtout son passé à Vincennes accentuent pour ma part mon attachement à P8. Donc ok pour le tout ce qui concerne le manque de moyens, les locaux etc. mais pour ce qui compte, ce pour quoi on vient (habituellement) à la fac, soit l'enseignement, il n'y à rien à redire.
    • jeudi 23 avril 2015 22:41 JPBaladin

      Vous avez déjà mis les pieds à Paris 8 ? Vous y avez vu des couteaux ? Des conditions indécentes ? Pourquoi personne ne parle des conditions d'enseignement, de la volonté de suivre chaque étudiant (pas d'amphi, sauf dans certaines disciplines malheureusement surchargées), qui font que, non, je ne rougis pas de ma fac. JPB
    • mercredi 22 avril 2015 15:24 Waterboy

      L'esprit, l'esprit. Et le fond de l’enseignement, il est là ou pas? Car finalement, c'est un peu la raison d'être d'une université, avant d'avoir un "esprit".
  12. mercredi 22 avril 2015 11:26 James

    Mais avant de parler des batiments et des choses ma foi un peu superficielles, il faut à mons avis parler du coeur du fonctionnement de Paris Vincennes : Le dévouement du personnel adminitratif et de la qualité des cours des professeurs. Tout aussi important est cette grande tolérance vis-à-vis des étudiants et de leur parcours, souvent intégrés dans cette fac alors qu´ils n´avaient qu´une équivalence de bac. Car c´est cela l´esprit Vincenne, donner sa chance à chaque étudiant de bonne volonté sans toutefois concéder sur la qualité des enseignements.
    • mercredi 22 avril 2015 13:11 Olivier

      "Le dévouement du personnel administratif et la qualité des cours des professeurs" C'est une blague ? J'ai fait mes études dans ce machin qu'est Paris 8 il y a déja quelques années et je me souviens de la méchanceté, du je-m’en-foutisme du personnel administratif, notamment lors des inscriptions. Je me souviens aussi des étudiantes en larmes face à ces employées en dessous de tout, irascibles, qui envoyaient balader le moindre étudiant dont le dossier était soit disant incomplet. Quant aux profs, je n'en ai pas eu un seul de bon. Je me souviens de l'un d'entre eux (j'étais au département ECAV) en train de faire cours une bouteille de bière à la main, sans intérêt ni pertinence dans ses propos. Et que dire de tous les profs absents, en permanence, alors que devais traverser tout Paris en métro puis marcher du métro St-Denis Basilique jusqu'à la fac pour rien ? Paris 8, c'est une blague, on a beau jeu de parler de son esprit, cela évite de parler du reste.
      • mercredi 22 avril 2015 16:02 Olive

        vous y étiez à quelle époque ?
        • jeudi 23 avril 2015 20:06 James

          j´y suis maitenant :)
  13. mercredi 22 avril 2015 11:24 bruno_bd

    Non seulement, et c'est confirmé par l'article, c'est à tous points de vue un cloaque infâme, mais en plus c'est bien géré... http://www.leparisien.fr/abo-seine-saint-denis/l-ex-comptable-de-paris-viii-egalement-mis-en-examen-24-02-2010-826818.php A fuir pour les étudiants, à fermer pour le ministère.
  14. mercredi 22 avril 2015 09:58 Luc

    Un grand foutoir avec plein de gens différents et des gauchistes qui traînent. C'est la description d'une fac normale... Quel rapport avec le Centre universitaire expérimental de Vincennes ?
    • mercredi 22 avril 2015 11:27 bruno_bd

      "normale", peut être au regard que porte la France sur ses universités (encore que là, c'est carrément une caricature), sûrement pas au regard des standards internationaux de ce que doit normalement être une université d'un pays développé.
  15. mercredi 22 avril 2015 09:33 André

    Bonjour, votre texte est plutôt sympa et bienveillant par rapport à une situation qui ne doit pas être si facile à vivre. Mais ça mérite une suite... Qualité des cours, contenu, pédagogie, professeurs... Au plaisir de vous lire.
  16. mercredi 22 avril 2015 08:06 isa

    Ca donne tout de suite envie d'aller y étudier. si on n'en sort pas avec un diplôme, on aura au moins appris à ne pas se laisser dépouiller.
  17. mercredi 22 avril 2015 01:29 Amélie

    Ca ressemble plutôt à un hall de gare. La photo accentue cette impression. Quelle est la valeur des diplômes de cette université sur le marché du travail? Et quid de l'antisémitisme et du communautarisme à Paris 8 qui défraient la chronique?
    • mercredi 22 avril 2015 02:00 gavroche

      Amélie, tais-toi et vas au lit, tu te lèves tôt demain pour te prostituer sur le marché du travail...
      • mercredi 22 avril 2015 22:45 jps

        Il me semblait que chacun pouvait s'exprimer. N’était ce pas l'esprit de Charlie? Vous lui intimez l'ordre de se taire de quel droit.
      • mercredi 22 avril 2015 11:33 bruno_bd

        Pourquoi, elle a raison. Ce n'est pas parce que cette université est populaire qu'il faut mépriser ses usagers. Et le respect c'est aussi des locaux en bon état avec des toilettes entretenues, le vandalisme doit y être combattu, le oinj n'y a pas plus sa place que l'appel au boycott d'Israël.
        • mardi 28 avril 2015 01:06 AMÉLIE-

          dans toutes les bonne facs il y a le Crif et les flics. Vive la liberté.