Derniers articles

  • L’exorciste en VB (version berbère)

    Dans « Indiana Jones et le temple maudit », Harrison Ford et ses amis sont invités à souper chez une sorte de maharadjah qui leur fait servir, à leur grand dégoût, un plat à base d’yeux et de tête de gorille. Nous les Maghrébins, on a ça aussi ! Un plat dans les mêmes tons vert de gris que nous cuisinons à l’Aïd : bouzloufe que ça s’appelle, le foie gras des Aurès. Pieds, tête, langue et trippes de mouton mijotés dans une sauce grasse comme du pétrole, un régale. A côté, le haggis écossais, c’est de la camomille. Déposer ça dans mon ventre, c’est comme mettre la bombe atomique dans les mains d’Hitler, c’est un poil risqué. En sortant de table, je suis apatride : la France et l’Algérie ont signé les accords de Genève contre les armes bactériologiques.

    Par Idir Hocini
    Le 04/12/2010
  • J’ai beau aller à la mosquée, un Bondynois partage pas son curé

    Quand j’étais petit, je détestais Paris. J’étais trop bien à Bondy, dans ma petite cité SNCF à deux pas d’une savane, qui deviendrait plus tard un grand parc, où tous les enfants des immigrés, et les autres, s’amusaient comme des petits fous. Paris, c’était trop la pauvreté de la misère qui fait peur : façades d’immeubles noires, rues super sales et des bistrots kabyles à foison où on ne pouvait commander qu’un diabolo-menthe ou un café. Et que dire de ce métro glauque et bruyant qui passait toutes les cinq minutes sur ce pont en métal gris, bouchant l’horizon au-dessus de la rue ! Quand papa m’amenait à Paris je n’avais qu’une envie : rentrer à la cité.

    Par Idir Hocini
    Le 09/11/2010
  • Gens du voyage : « C’est si beau, la France en caravane »

    Il y a encore trois ans, le quartier des Cerisiers, à Rosny-sous-Bois (93), n'était qu'un grand terrain vague sur lequel vivait, depuis plusieurs dizaines d'années, une communauté de gens du voyage. « On respirait au milieu de la nature, c'était magnifique », se souvient M. Lamberti qui loge désormais dans l’une des 57 petites maisons, parfaitement alignées en forme de U, du lotissement. Elles ont remplacé, en 2007, la forêt de buissons et les fougères qu'avaient connus ce vieux Rosnéen, afin de le reloger, lui et ses semblables, dans du dur.

    Par Idir Hocini
    Le 29/09/2010
  • Gad et Jamel : un duo de folie au Comedy Club

    Jamel Debbouze a sorti l’artillerie lourde jeudi soir au Comedy Club, boulevard Bonne Nouvelle, à Paris. Je n’ai jamais autant ri depuis « Rabbi Jacob ». En ouverture, le jeune Malik Benthala a mis la salle dans de bonnes dispositions avec toutes ses histoires. Il est moitié marocain, moitié algérien, rien que ça, ça m’a fait rire. Ce talent de 21 ans, déniché par le Comedy blog, euh… pardon, le Comedy club, a fait un joli passage sur un truc qui n’existe pas : la liberté d’expression au Maroc et en Algérie à l’époque d’Hassan II.

    Par Idir Hocini
    Le 17/09/2010
  • Chorba ras-le-bol avec les tirailleurs sénégalais

    Bondy outragé ! Bondy martyrisé ! Mais Bondy libéré ! Il y a 66 ans, le 25 août 1944, la mère patrie fut délivrée du joug allemand, encore une fois. Cent trente ans plus tôt, en 1814, quand les Prussiens en voulaient à notre empereur, ils avaient installé leur quartier général au château de Bondy . En 1870 notre belle église a brûlé sur leur passage, et en 1914 un ou deux des obus de la grosse Bertha nous avaient frôlés. Mais, ils n’auront ni l’Alsace, ni le Parc de la mare à la Veuve ! Un peu grâce aux Noirs de l’armée d’Afrique, l’un des fers de lance la 2e DB du général Leclerc, qui libéra aussi la petite bourgade d’à côté : Paris.

    Par Idir Hocini
    Le 30/08/2010
  • Ode au « Rambo de 60 balais »

    Des centaines de personnes se pressent, ce jeudi, contre les barrières posées au pied du cinéma UGC de Rosny-sous-Bois. Au milieu de cette marée humaine, un tapis rouge, long d’une vingtaine de mètres. « Ce n’est pas le 9-3 c’est la Croisette », commente, ironique, Sonia, 19 ans, habitant Puteaux dans les Hauts-de-Seine et qui met les […]

    Par Idir Hocini
    Le 06/08/2010
  • La Saint-Ventgadin

    A Bondy, il n’y a que le curé, les femmes et les chatons qui croient en l’Amour. Un mec de chez nous qui fête la Saint-Valentin, c’est comme un trader qui plante un arbre : ça sonne faux. Les progressistes et les drogués à « Plus belle la vie » essayent quand même de s’y mettre un peu, histoire de ne pas mourir idiot, mais une soirée Saint-Valentin qui commence dans un Kebab et finit par un foot en salle, ça fait pleurer les nanas, il paraît. C’est culturel : les Anglaises, elles ne font pas mannequin, nous, à Bondy, on ne fait pas Saint-Valentin. Et puis, on a déjà notre fête dédiée à l’amour : la Saint-Ventgadin.

    Par Idir Hocini
    Le 30/07/2010
  • Un « bougnoulou » de 9 ans défile le 14 Juillet

    En 1989, j’avais neuf ans. J’habitais à la Sablière, une cité SNCF de Marocains, la seule de Bondy Sud, qui comme chacun sait, est le quartier le plus joli de la ville, avec des pavillons, des enfants blonds et de l’herbe comme dans les séries américaines. C’était l’époque où la France commençait tout juste à se dire qu’un truc n’allait pas. Les ouvriers maghrébins venus, comme d'autres ouvriers d’autres contrées, reconstruire le pays après la guerre, sont restés après les travaux, ces cons. Pire ! Ils se multiplient comme les petits pains dans la sainte main de Jésus : ils font des gosses !

    Par Idir Hocini
    Le 14/07/2010