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Un Sarkozy fraternel, presque amour
La "majorité silencieuse", cet électorat dont Nicolas Sarkozy s'était fait le porte-drapeau durant la campagne, a crié victoire. Il est 20h35, en ce dimanche de deuxième tour, lorsque le nouveau président de la République pénètre sur la scène de la salle Gaveau, dans le 8 ème arrondissement de Paris, où l'attend une foule de partisans. Ils sont des centaines, pressés les uns contre les autres, alors qu'à l'extérieur, des milliers de militants agitent des ballons bleus et se soûlent de "Marseillaise", entonnées en boucle. La France est justement au cœur du discours que prononce Nicolas Sarkozy, qui s'avance vers son micro dans un pas d'empereur. Il clame, comme le veut l'usage républicain, qu'il sera le président de tous les Français et qu'il respecte "Madame Royal" et les millions d'électeurs qui ont voté pour elle. Mais il annonce le changement. Il ne dit plus "je veux", il dit "je vais". Et notamment, noyau de son credo: "Je vais réhabiliter le travail, l'autorité, la morale, le respect, le mérite. Je vais remettre à l'honneur la nation et l'identité nationale…". Dans l'assistance, Karima, une jeune journaliste d'origine maghrébine qui a porté sa voix sur la candidate socialiste, craint les mots qui vont venir: "Il a stigmatisé l'islam avant l'élection, il a monté des Français contre d'autres Français", chuchote-t-elle. Mais les mots qui viennent la rassurent peut-être, elle qui, Nicolas Sarkozy élu, veut quitter la France pour le Canada. Le bientôt chef de l'Etat – il le sera sous peu, après la passation de pouvoir à l'Elysée – ne stigmatise plus, ce soir.
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On accepte la défaite
Malgré la défaite, on s'accroche à l'espoir que représentent les prochaines échéances électorales, et surtout à la dynamique mise en oeuvre à travers la campagne de Ségolène Royal. C'est ce qui anime cette jeune militante.
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Réaction à chaud
Hanane est devant l'écran géant rue de Solférino, l'ambiance est lourde, la défaite est une arète dans la gorge de beaucoup de jeunes. Certains imaginent le scénario catastrophe.
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Nanterre : une ambiance calme
Nadia nous donne des nouvelles de l’ambiance à Nanterre, où l’association Zy’va a organisé un barbecue pour suivre la soirée électorale du deuxième tour. Tout le monde s’attendait à la victoire, donc les réactions restent assez tempérées. Une personne qui travaille dans une association s’inquiète du fait que Nicolas Sarkozy pourrait avoir un impact négatif sur le secteur associatif, en freinant son développement. Mais l’ambiance reste malgré tout bon enfant autour du barbecue où personne n’applaudi le discours de Ségolène Royal. Tout le monde quitte ensuite la salle, sans écouter le discours du Président de la République ! Finalement, cette soirée électorale est d’abord un prétexte pour se retrouver entre amis et connaissances. Nadia conclut son coup de fil : « On sent une vraie fraternité ici, c’est très sympa ».
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Nadia à Nanterre : à 19h50, tout le monde sait
Nadia nous appelle de Nanterre. Il y a du monde à l’intérieur de la maisonnette où se trouve l’association zy’va. Un écran géant a été installé, qui diffuse TF1, en attendant les résultats. A l’extérieur, les enfants s’occupent du barbecue, tandis qu’à l’intérieur les adultes accueillent journalistes… Les journalistes qui semblent moins nombreux qu’à Clichy : Nadia a seulement remarqué un journaliste de France Culture, un de la Chaine parlementaire, 2 autres personnes avec un bloc note… En tout, entre 30 et 40 personnes sont rassemblées… Les gens sont très sereins : tout le monde se doute des résultats. Tout le monde sait le nom du nouveau président…. Le président de l’association Zy’va, Ameziane Abdat, est philosophe : il aurait préféré quelqu’un d’autre comme président, mais de toute façon, il n’y a désormais pas d’autre choix que de faire avec. Nadia discute ensuite avec une mère de famille, tandis qu’une nouvelle pub passe sur l’écran géant, celle pour le Camembert Président, dont le slogan dit quelque chose comme ça : « Je vous présente le nouveau président. C’est le camembert ». La mère de famille est énervée car la pub nomme le président au masculin. Selon elle, cette pub aura influencé le vote des téléspectateurs…
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19h07. Chou à Clichy : le monde entier est là
Chou nous appelle de la maison de la jeunesse à Clichy, où le collectif Ac Le Feu s’est retrouvé. Une centaine de personnes est là, dont la moitié est constituée de journalistes : « Il y autant de public que de journalistes. Le monde entier est là ! » s’exclame Chou. « En plus, ils sont aux premières loges, derrière la caverne des pompiers, au cas où ceux-ci aient à partir en cas de problème… ». L’ambiance est conviviale, les personnes rigolent, même si le score est déjà plus ou moins connu. « Préparez vos papiers » ; « Sans-papiers, vous allez devoir quitter le pays… », les blagues d’un ton aigre doux fusent ici et là. Le maire est là, assailli par les journalistes… Chou, quant à lui, quitte Clichy pour aller voir ce qui se passe ailleurs…
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Café débat : derniers échanges avant grand changement
Plus que quelques heures avant de connaître notre nouveau président ou présidente. En attendant, c’est à la gare de Bondy, au café « chez Jeanine » que s’organise un petit débat. Ce sont quatre jeunes que nous réunissons autour de la table. D'un coté, Valentin et Julien, militants PS en Seine-St-Denis, de l'autre, Constantin et Gilles adhérents UMP. Tous les quatre vont parler pendant près de 45’ de leur favori, de la banlieue, du logement et de l’immigration.