Les locaux du Bondy Blog, il les connaît. Il était déjà venu nous rendre visite en 2014 et c’était déjà pour une Masterclass. Ce samedi 10 févier, c’est en tant que monsieur « Revue de presse » de la matinale semaine de France Inter que Claude Askolovitch s’est présenté aux lecteurs et reporters du Bondy Blog. Avec ses cheveux poivre sel, sa voix particulière et son humour, le journaliste de 55 ans commence l’exercice en évoquant son parcours. Son premier contact avec les médias ? « Mon papa était journaliste dans la presse juive. Il était le directeur de la revue L’Arche », indique-t-il. Avant d’entrer de plain-pied dans le métier au début des années 80. « Quand j’ai commencé à m’ennuyer dans mes études d’économie, j’ai vu qu’il y avait une possibilité attrayante d’aller jouer un peu avec le début des radios locales privées, qu’on a appelé les radios libres, à Paris », poursuit-il.

Le jeune Claude s’éprend alors au jeu de l’écriture duquel il dit tirer « du plaisir ». Il laisse alors tomber ses études pour tenter les concours des écoles de journalisme. Et ça marche : il intègre le CFJ (Centre de formation des journalistes) à Paris et en sort diplômé en 1985. Depuis, il a multiplié les expériences. « Un peu par le hasard des choses, je me suis retrouvé journaliste sportif dans un quotidien qui s’appelait Le Matin de Paris, qui allait mal. Et c’est quand les médias vont mal, qu’on peut en réalité s’amuser. Parce que c’est pauvre t’en chie mais en même temps, à l’époque, on vendait encore des journaux ».

Journaliste tout-terrain

Après avoir traité le sport « assez longtemps », Claude Askolovitch est attiré par la politique. Il devient reporter pour L’Événement du Jeudi puis participe à la création de Marianne avant de passer sept ans au sein du Nouvel Obs, de 2001 à 2008. « J’aimais beaucoup ce que je faisais au Nouvel Obs, je l’ai quitté pour de mauvaises raisons », reconnaît-il, sans trop s’étaler. Puis, s’en suivront les aventures au JDD, à Europe 1, au Point. Il passe très peu de temps dans cette maison. « Je me suis fait expulser assez rapidement pour cause d’incompatibilité d’humeur et de lecture divergente, notamment sur la question de l’islam », explique-t-il.

Le CV du journaliste tout-terrain ne s’arrête pas là puisqu’il a travaillé à BeIn Sports, à iTELE, à Vanity Fair et il a participé à des débats sur RTL. « Un truc que je ne ferai plus parce les journalistes qui bavardent entre eux, c’est chiant », tranche Claude Askolovitch. Celui qui était habitué aux critiques comme aux polémiques semble avoir pris du recul. Son discours détone face à la violence contemporaine de notre société, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les plateaux. « Je ne regarde pas les émissions de débats où quatre personnes autour du plateau se disputent. Je l’ai fait mais maintenant ça me rend dingue. Participer à ce cirque, ça ne sert à rien », lâche-t-il.

La matinale de France Inter

Aujourd’hui, le journaliste a changé de créneau. Du lundi au vendredi, il réalise la revue de presse de l’une des matinales radios les plus écoutées de l’Hexagone, à 8h30 sur France Inter. « Je faisais une chronique historique le dimanche sur Inter. Puis Europe 1 a fait son marché sur Inter. Ils ont eu un trou pour faire la revue de presse. On m’a appelé. Je suis un peu Djibril Cissé ou Sydney Govou », plaisante-t-il. En quoi consiste exactement son travail ? « Il est physiquement impossible de lire toute la presse avec les papiers et les sites internet, confesse-t-il. J’arrive à la rédaction vers 3h15 et je commence à scanner les quotidiens nationaux, les quotidiens régionaux, les sites web. Je lis énormément. J’essaye de voir ce qui fonctionne, ce qui va ensemble. J’écris un truc à peu près cohérent vers 6h-6h30. 8h15 pour relire et 8h30, je suis à l’antenne », souligne-t-il.

Claude Askolovitch délivre ensuite les secrets de sa recette : « L’idée c’est qu’il y ait une narration. Mais je ne fais pas de narration interne à la bulle politique, les offs, les destins personnels, les rumeurs du palais. C’est quelque chose qui m’est devenu insupportable et je pense que les gens s’en foutent. Je relaie autant que possible les articles de la presse régionale car les histoires se passent là, une presse de proximité », souligne le quinquagénaire. Et de déclarer sa flamme à certains titres de presse : « Il y a des journaux que j’ai découverts grâce à cet exercice de la revue de presse. Je surkiffe le Courrier Picard, je surkiffe La Croix. J’ai découvert Usbeck et Rica, c’est top. Et puis il y a des monstres auxquels on ne peut pas échapper. Le Monde, par exemple, c’est le Milan AC de la grande époque », s’amuse-t-il.

Quinquagénaire heureux

Aujourd’hui, Claude Askolovitch est, de son propre aveu, un « quinquagénaire heureux, progressiste et qui est en accord avec la ligne éditoriale de son employeur ». Néanmoins, le journaliste n’hésite pas à prendre la plume et à donner son avis pour réagir sur des événements de l’actualité qu’il juge « absurdes » ou qui le « touchent ».

Pour s’en rendre compte, il suffit pour cela de lire ses articles sur Slate – comme son billet d’humeur sur la polémique Mennel – ou d’aller jeter un coup d’œil sur son fil Twitter. Chasser le naturel, il revient au galop ?

Kozi PASTAKIA

Crédit photo : Mohammed Bensaber

Masterclass de Claude Askolovitch 1ère partie :

Masterclass de Claude Askolovitch 2ème partie :

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