Figurantes de clips, elles sont à la fois les plus visibles, et les plus anonymes du rap français. Des visages et des corps que nous voyons tous les jours mais dont les noms ne figurent nulle part. Ni dans les crédits des clips, ni sur les pages Instagram des agences de modèles.

Derrière les clips, 1001 histoires de femmes : mère de famille, esthéticienne, danseuse hip-hop, étudiante, gogo danseuse. La plupart du temps, leur présence n’est abordée que pour questionner ou critiquer leurs tenues, l’hypersexualisation des clips, le sexisme de textes parfois dégradants. Mais rarement au regard des conditions de travail et de rémunération de femmes qui ont, pour certaines, l’espoir de percer dans le cinéma ou la musique.

Ruby, célèbre pour son tatouage sur les fesses, dans le clip de Green Montana – 4RM / CALIFORNIA. Réalisation : Tomas Masa Production : Workshopdivision

Il y a quelques mois, un dimanche, lors d’un clip de deux célèbres rappeurs – qui atteindra le million de vues – une dizaine de figurantes et de danseuses se préparent en loges. Vers 13 heures, l’absence de dernière minute d’une modèle pose problème à la bookeuse qui appelle immédiatement une autre fille de son agence. Contente de cette opportunité, cette dernière arrive quelques heures plus tard avec une valise pleine de vêtements.

Au milieu des malles et des trousses de maquillage, une maman, dans une robe transparente à paillettes, donne le goûter à sa fille, tandis que sa deuxième fille regarde un dessin animé sur un téléphone. « C’est la première fois que je joue un premier rôle. Je leur ai dit que je ne pouvais pas venir parce que je garde mes filles, mais ils m’ont dit qu’ils voulaient vraiment que ce soit moi, et qu’ils allaient garder mes enfants », dit-elle entre deux scènes.

Des figurantes parfois « payées en visibilité »

Gabie, réservée au premier abord, est une jeune femme de 21 ans, originaire d’Orléans. Initialement en formation de coiffeuse, celle qui porte un carré blond parfait est devenue modèle pour une marque de vêtements. Tourner dans un clip, elle en a toujours rêvé. Elle n’a donc pas hésité lorsque l’occasion s’est présentée, il y a plus d’un an.

« Je viens de la campagne. Quand tu viens à Paris pour faire un clip, c’est ouf, tu te dis que tu vas voir des stars, ça vend du rêve !», se remémore-t-elle en parlant de son premier clip avec une artiste indépendante. « Tu penses que si tu passes dans leur clips, tu auras de la notoriété. Mais derrière, il n’y a rien », ajoute-t-elle, avec le recul qu’elle a acquis après des dizaines de tournages.

Un métier d’une précarité sans nom.

De nombreuses propositions pour figurer dans des clips sont ouvertement non rémunérées. Un bénévolat accepté par la jeune Gabie lors de son premier clip, comme beaucoup d’autres modèles qui débutent. Comme Shayna, réunionnaise de 24 ans, blonde et élancée, qui a figuré dans son premier clip à l’âge de 18 ans : « Au début, on est un peu naïves donc on accepte de travailler gratuitement. Les artistes profitent de leur notoriété et nous disent qu’on aura de la visibilité. Mais c’est juste pour ne pas payer. »

Dans le métier de comédien, ou figurant, le travail gratuit fait partie des habitudes qui ont la vie dure. On leur explique souvent que pour se faire un nom, il faut travailler gratuitement. « C’est les derniers maillons de la chaîne. Ceux sur lesquels on va faire les dernières économies. Tu ne peux pas les faire ailleurs, et tu trouveras forcément un figurant qui va accepter de travailler bénévolement. C’est un métier d’une précarité sans nom », explique Leila*, jeune directrice de casting pour des publicités, des émissions de télévision, des courts-métrages et quelques clips.

« Ce n’est pas payé, t’auras des vus ! » C’est ce que s’est vu répondre Ruby, 23 ans, alors qu’elle demandait les tarifs pour le tournage d’un des plus gros rappeurs français. « Mais les vus ça ne paye pas mon loyer ! », a rétorqué la danseuse, reconnaissable à son tatouage de papillon sur les fesses, « signe de féminité et de liberté ». Cette jeune femme au fort caractère demande au minimum 250 euros pour twerker en sous-vêtements dans un clip.

Lihliaa et Gabie dans le clip de Keblack Feat Joé Dwèt Filé – Billets Mauves Remix. Réalisation : Monsieur DIA. Production : MA NIA FILMS

Ces tournages durent pourtant entre quelques heures et plusieurs journées, parfois de nuit et le week-end. « On a fait des clips qui ont commencé à 16 heures et qui se sont terminés à 7 heures du matin. Des fois t’es dans le froid, on ne te propose même pas une bouteille d’eau », décrit Lihliaa, dans un chic ensemble écossais. Cette jeune femme de 29 ans a tourné son premier clip il y a bientôt 10 ans, mais elle ne fait pas son âge, dit-elle.

Entre deux scènes, c’est le moment des essayages. Les modèles s’échangent leurs vêtements pour être les plus à l’aise devant la caméra. Certaines enfilent des sous-vêtements sexy rouge, d’autres des pantalons noirs près du corps. L’une d’entre elles, faux cils, sourire ravageur, tissages longs et robe rouge moulante est complimentée par les filles. Elle participe à un clip pour la première fois : « J’étais au restau. Quelqu’un est venu vers moi et m’a dit : “T’es belle, tu veux venir à un clip demain ?” Et comme j’adorais cette musique, j’étais grave contente de participer.

« Sans nous, il n’y a pas de clip » : payées entre 0 et 300 euros pour des budgets de clips entre 10 000 et 50 000 euros

Olivia, 35 ans, des tâches de rousseurs tatouées sur les pommettes, est souriante et reconnaissable par un franc-parler qui lui est propre. Un caractère forgé au fil des années pour survivre dans ce milieu « de requins ». Originaire du Havre, elle est venue à Paris pour « changer de vie et repartir à zéro ».

Modèle dans quelques clips, elle a très vite ouvert sa propre agence en 2018. Olivia est désormais chargée de négocier les rémunérations de ses figurantes. « Sans nous, les modèles et les bookers, il n’y a pas de clip. Et ça, ils n’arrivent pas encore à se le dire ! », pointe-elle. Étonnamment, Olivia rapporte que les productions indépendantes avec le moins de budget sont celles qui payent le mieux.

En mode bénéfice max.

Les grosses productions dépensent pourtant entre « 5 000 et 50 000 euros » pour un clip, affirme le réalisateur Cherif No Color, qui s’est formé avec Daymolition, l’incontournable boîte de production du rap français. Des chiffres confirmés par Camille Bedot, fondatrice de la boîte de production MA NIA FILMS : « Entre 5 000 et 7 000 euros c’est un petit budget, et entre 15 000  et 30 000 c’est un budget classique. Mais le clip c’est au bas de la chaîne. Alors que les pubs pour de grosses marques c’est des centaines de milliers d’euros pour quelques secondes. On est tout le temps ric-rac niveau budget, donc payer des heures supplémentaires c’est compliqué. »

« Ils se disent qu’avec le minimum d’investissement, ils arrivent à des scores de fou. Pourquoi ils investiraient plus ? Ils sont en mode bénéfice max », ajoute Cherif No Color, réalisateur de clips pour Leto, Da Uzi, ou encore Niska.

La rémunération pour une prestation classique de modèle dans un clip de rap, habillées ou en maillot de bain, varie entre 100 et 150 euros. A partir de 200 euros pour un tournage en lingerie. Pour les twerkeuses, il faut compter entre 250 et 500 euros. Dans les faits, ces rémunérations et le temps de travail qui correspond, sont rarement respectés.

Le clip de Dosseh feat Booba – MQTB. Réalisation : Chris Macari pour HK Corp. Production : by DST.

« En tant que femme », Camille Bédot déplore et refuse le travail gratuit des modèles. La jeune femme de 33 ans affirme toujours prévoir une rémunération entre 150 et 200 euros la journée pour chacune d’elles. Mais confirme que le manque de temps et d’organisation peut peser sur les figurantes : « La plupart du temps on n’a même pas une semaine pour prévoir un clip. Les délais c’était pour hier. Le retard sur les tournages c’est un classique, donc il y a beaucoup d’attente pour les modèles. Pour le paiement, on attend de sortir le clip avant de payer, et parfois ça prend du temps. »

S’ils croient que c’est Lidl, il ne faut pas venir chez moi !

La bookeuse aux pommettes tatouées déplore des négociations plus difficiles avec les productions qui ont pourtant les plus gros budgets. « Les boîtes de production des artistes les plus connus, ils disent qu’ils n’ont jamais de pognon ! Payer zéro euro ou 50 euros une figurante, ça les arrange. J’ai des vocaux où je m’embrouille avec les productions. Je leur dis que s’ils croient que c’est Lidl, il ne faut pas venir chez moi ! » s’insurge Olivia, avec l’impression de devoir proposer ses modèles au rabais.

Lihliaa, toujours dans son chic ensemble écossais, complète sa bookeuse : « Ça me dégoûte parce que le clip fonctionne grâce à nous, lance-t-elle. À ton avis pourquoi ils choisissent les plus belles, les mieux foutus ? C’est pour avoir un maximum de visibilité. Donc ils savent déjà qu’ils vont faire beaucoup d’argent avec la sortie du clip. »

Le clip de DA UZI – Fermez-là. Réalisation : Cherif NO COLOR et Louis Rossi. Production : Good Films.

Le jeune réalisateur Cherif NO COLOR dit avoir souvent entendu des figurantes se plaindre de leur rémunération en pointant directement les rappeurs, mais selon lui « les artistes ne gèrent rien du tout, ils ne sont même pas au courant. Eux ils n’auraient pas d’intérêt à ternir leur image. C’est les managers, les boîtes de prods derrière qui décident ». 

Dans ce sens, Lihliaa se remémore un tournage qui a duré toute la nuit : « On était en sous vêtements, il faisait froid, c’était dans un théâtre, on avait ni à boire, ni à manger ». La jeune femme raconte l’avoir fait remarquer au rappeur Booba qui se serait insurgé du mauvais traitement des figurantes. « Il a dit : “Comment ça on prévoit un budget mais il n’y a pas à boire ou à manger ?” Il était choqué, il a pété un câble auprès de la prod. Du coup, ils nous ont tout ramené ! » témoigne la modèle.

Des bookeurs peu scrupuleux qui payent souvent en cash, ou ne payent pas

Même lorsque la rémunération est à la clef, il est parfois très difficile de se faire payer.  C’est le cas de Lihliaa, alors qu’elle tournait son premier clip pour un célèbre rappeur du 78. « J’étais en sous-vêtements. C’est une amie qui m’avait bookée. C’était censé être sur deux jours, bien payé mais je n’ai jamais reçu l’argent », affirme la jeune femme aujourd’hui esthéticienne, maquilleuse artistique et micro-influenceuse.

C’était censé être sur deux jours, bien payé. Mais je n’ai jamais reçu l’argent.

Lihliaa préfère ne pas parler de rémunération avec les autres modèles sur les tournages. « Sur certains clips des modèles demandent combien les autres sont payées pour espérer demander plus. Parfois tu apprends que les bookers prennent 70 euros sur ton dos ! Sur l’un de mes derniers projets, figure-toi que le booker a touché les frais de déplacement à ma place ! », s’insurge-t-elle.

Le clip de Leto feat Guy2Bezbar – Trop frais. Réalisation : Chérif et Louis No Color. Production : Exil Productions

Olivia, la bookeuse soucieuse de la rémunération des figurant-e-s de son agence les réunit dans des groupes Whatsapp. Elle annonce le dress-code et la rémunération de chaque clip, qui sera ensuite réglé par virement. Olivia se considère comme un ovni dans ce milieu car elle se déplace sur tous les clips pour accompagner ses « filles » ou ses « poupettes », comme elle les appellent.

Pour un booker qui paye au noir, il y a pas mal de fric à se faire !

« Moi aussi j’ai été modèle, j’ai été contorsionniste donc je sais ce que c’est. J’ai vécu des choses, notamment avec des réalisateurs. Et je ne veux pas que ça leur arrive », explique-t-elle, à propos d’agressions sexuelles qu’elle dit avoir subi durant des tournages. Au cours de la discussion, elle mentionne d’autres agressions sexuelles vécues par des modèles mineures et majeures qui se sont déplacées sur des clips sans leurs agents.

Pas de contrat et de plus en plus de concurrence

« En ce qui concerne les contrats, pour les clips c’est très, très, rare. En quatre ans, j’ai dû avoir une centaine de contrats seulement sur 500 ou 600 projets effectués », détaille Olivia. Lorsque des contrats sont signés c’est entre la production et l’agence, mais la figurante n’a pas de contrat à son nom.

Lihliaa dans le clip du Tiktokeur Yanns – Clic Clic Pan Pan, plus de 40 millions de vues. Numéro 2 du top des clips musicaux depuis sa sortie le 10 déc. 2021.

L’absence de contrat et de transparence ne donne aucune visibilité aux modèles sur leurs rémunérations, et laisse une large place aux agences et aux productions pour payer les modèles, particulièrement les plus jeunes ou non-expérimentées, à leur guise. « Pour un booker qui paye au noir, il y a pas mal de fric à se faire. Tu prends une trentaine de figurants, et une journée, tu peux la faire à 1500 balles, normal ! », décomptent Olivia et Lihliaa.

6000 candidatures en deux semaines.

L’essor du rap français, et la production de plus en plus intense de clips, vitrine des artistes, a ouvert un espace dans lequel de plus en plus de femmes tentent d’entrer. Les agences croulent sous les demandes. Gabie qui rêvait, depuis Orléans, d’apparaître dans un clip et de rencontrer des stars, vient de lancer sa propre agence, qu’elle affirme « sans critère ». En deux semaines, elle assure avoir reçu 6000 candidatures. Depuis, elle a sélectionné plus de 150 modèles pour apparaître sur son compte Instagram.

Cette concurrence de plus en plus accrue entre les modèles, qui débutent souvent très jeunes la figuration, a permis aux boîtes de production et aux bookers de casser les prix. Ruby, gogo danseuse et danseuse dans des clips de rap depuis 4 ans, a vu la différence depuis quelques années : « Maintenant je suis payée 250 euros, avant c’était 500 euros le clip. Tout le monde se prend des coms, c’est pour ça que les prix diminuent », hypothèse-t-elle.

Un « médicament » pour certaines, une opportunité pour d’autres

« Il y a plein de gens qui ont juste envie de voir à quoi ressemble un tournage, ils voient ça comme une expérience. Il y en a d’autres qui veulent de la visibilité ou qui se disent qu’ils vont rencontrer des gens », explique Leila, directrice de casting et réalisatrice, qui pointe ces contreparties qui ne sont pas financières.

Car les loges des figurantes sont aussi des lieux de rencontre. Durant les longues journées de tournage, l’attente dans les loges constitue une grande partie du travail. L’occasion de faire des rencontres, de discuter, boire et manger « entre filles » : « T’étais peut-être pas dans ton assiette mais tu ressors du clip, t’as de la lumière sur le visage », raconte Lihliaa, le sourire aux lèvres.

T’as de la cellulite, t’es blonde, t’es brune, maquillée, pas maquillée, t’as des cernes, on va toutes s’aider.

« Moi ça m’a redonné confiance en moi. Parce que quand on t’appelle pour plusieurs projets, tu te dis « mais en fait je suis belle » », poursuit Lihliaa. « C’est un médicament parce qu’on est toutes entre filles. On est toutes pareils. T’es forte, mince, refaite, pas refaite, t’as de la cellulite, t’es blonde, t’es brune, maquillée, pas maquillée, t’as des cernes, on va toutes s’aider. Je dis aux filles, on sert toutes à quelque chose sur terre et on est toutes belles » conclue-t-elle sur une touche positive cette longue discussion.

Ruby dans le clip de Niska feat Hamza, Jota. Réalisation : Ambrr. Production : Digital Nak.

Pour Shayna, modèle à La Réunion, c’était « un rêve de gosse de passer à la télé. » Elle considère les figurations dans les clips comme une étape, et espère devenir actrice dans le cinéma. C’est d’ailleurs sur l’Île qu’elle a tourné son plus gros clip. Un tournage avec un rappeur parisien, qui a duré de 15 heures à 2 heures du matin. « Grâce à ce clip, j’ai sympathisé avec le caméraman et il m’a aidé à me lancer dans le chant », se réjouit-elle. Suite à cette rencontre, Shayna a sorti en novembre dernier son premier single et son premier clip dans lequel elle est, pour la première fois : le personnage principal.

Il est 20 heures, le tournage touche à sa fin. C’est le moment de fermer les valises et remettre sa tenue du quotidien. Les boîtes de pizzas offertes par la production sont bien entamées et jonchent les quatre coins de la pièce. La bookeuse rappelle à ses modèles d’envoyer leur RIB sur le groupe whatsapp, et la réalisatrice lance le traditionnel : « Fin de tournage ! ».

Malgré les bons moments qu’elles racontent vivre sur les tournages, lyrics dégradantes, hypersexualisation, remarques sexistes sur les clips, et dans les commentaires des vidéos sont aussi coutumes pour elles. Dans ce qu’elles appellent un « monde de requins » qui divise et isole les modèles, certaines arrivent à tirer leur épingle du jeu. Mais la sororité reste leur meilleure alliée.

Anissa Rami

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