Ma première semaine à Delhi est consacrée à la visite de ces quartiers  entre le vieux Delhi et la nouvelle ville. Les transports n’ont plus de secrets pour moi et les filles qui m’accompagnent : entre le vieux touk-touk, ce véhicule à trois roues qui sillonne toute la ville, et le métro tout neuf climatisé et sous contrôle bien gardé de l’armée je me déplace comme un poisson dans l’eau. Dans cette cité, toutes les diversités se côtoient dans les monuments : temples sikhs, boudhistes, baha’is ou mosquées.

Ce sont des monuments comme le Red Ford, Jama’ Masjid, Qutub Minar, Humayun tomb, temple sikh, le Temple du Lotus (temple Baha) et ses marchés colorés comme Shandi Showk qui vont occuper notre première semaine. L’endroit qui m’a le plus étonnée, planté en plein milieu de la ville est « Humayun tomb ». Il s’agit d’un tombeau bordé d’un immense jardin. Alors que le bruit résonne de tout côté dans la ville, un calme imposant y réside. Seul le chant des oiseaux fait résonner son écho. Un contraste impressionnant.

D’un bout à l’autre de la ville les quartiers vont du plus modeste au plus riche. Mais ce qui est étonnant c’est qu’il n’y a pas de réelle séparation. Dans le old Delhi par exemple, je remarque qu’on passe d’un quartier aux maisons très modestes à des résidences cossues en traversant une ruelle. Les pauvres et les riches se côtoient même s’il y a un système de castes qui érige un bien grand mur entre les deux. Tout comme dans le film « Slumdog millionnaire », je vois ces enfants des rues venant vers nous, demander quelque menues monnaies. Dans le old Delhi, des personnes gisent sur le sol avec un ou des membres en moins, demandant l’aumône. Il n’est pas évident de passer à côté pour nous, et malheureusement tout comme à Paris, l’indifférence des passants est devenue monnaie courante. Un mélange d’odeurs se côtoient aussi, allant des plus odorantes telles que ces fleurs de toutes les couleurs qui se vendent à l’entrée des Darghas (sorte de lieu spirtuel des musulmans). Ou ces épices qui nous chatouillent les narines pour finir par ces odeurs nauséabondes provenant des vaches alentours. Delhi a ses contrastes et offre aussi aux visiteurs une panoplie de découvertes…bonnes ou mauvaises!

Au-delà de toutes ces visites, il y aussi ces rencontres que nous faisons dans l’humble demeure de Bashir, notre hôte rencontré par le biais du CouchSurfing. Nous rencontrons Sarah, une anglaise qui vit six mois de l’année chez Bashir puis six mois en Angleterre. Elle ne supporte pas que d’autres personnes restent chez lui. Elle est très âgée, et personne n’ose la contrarier même si Mubashir ne rêve que d’une chose : qu’elle s’en aille pour toujours. Elle leur a causé du tort notamment quand des gens de leur famille sont venus les visiter. Elle leur demandait à chaque fois quand est-ce qu’ils allaient partir. Mais elle aussi fait en quelque sorte partie de la famille maintenant. Cela fait des années qu’elle observe ce train-train quotidien, n’ayant presque plus de famille en Angleterre. Personne n’ose donc la « chasser ».

Nous rencontrons une autre Sara, nièce de Bashir. Elle n’a que quinze ans, mais dès notre deuxième jour à Delhi, elle nous fait découvrir une partie de la ville. Une parfaite guide, mûre pour son âge. Il y a aussi ce jeune français venu épouser une indienne boudhiste. Quand Sara voit ça, elle trouve ça inconcevable qu’un indienne puisse épouser un occidental ou plutôt un non-indien tout court. C’est une chose qui n’est pas habituelle dans leur culture. Elle est choquée mais je lui explique qu’en France c’est quelque chose de normal. Et qu’il y a de plus en plus de mixité dans les mariages. En fin de semaine nous rencontrons trois étudiantes anglaises qui viennent de finir leurs études.

Nos soirées sont rythmées par un repas commun, assis au sol, nos plats disposés sur une nappe en plastique. Ils sont à chaque fois animés avec parfois l’arrivée d’un nouvel hôte. On parle de culture, de voyages. Nous avons désormais une famille en Inde…une famille de cœur que nous devons quitter avec tristesse pour notre prochaine destination : Jaipur. Une nouvelle famille nous y attend.

A suivre…

Chahira Bakhtaoui

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