TOUR D’EUROPE. Dernière étape du voyage sur les routes du Nord de l’Europe : Copenhague. Comme en France, le Danemark a connu lors des dernières élections une victoire de l’extrême droite. Retrouvez l’intégralité du Tour d’Europe 2014 sur notre page spéciale.

Je quitte Berlin et ses bars à bière pour reprendre le chemin du Nord. Après 2 jours passés dans la capitale allemande, je retrouve avec joie les cars “longue distance” et leurs sièges durs comme la pierre. Le Danemark est pour moi une destination inconnue que j’imagine au moins aussi froide qu’Helsinki, première étape de mon voyage. Au moment de traverser (à nouveau) la Baltique, je m’aventure sur le pont du ferry et suis agréablement surpris par la douceur de l’air. Au soleil, je suis bien, lorsqu’au beau milieu de l’eau, j’aperçois une drôle de forêt. Des centaines et des centaines d’éolienne se dressent et profitent de la brise marine, comme un premier indice que je pénètre dans un pays particulièrement avancé.

IMG_20140522_121305IMG_20140522_121305C’est l’impression que je garderai du Danemark. Dans ce pays où 23% de l’énergie consommée provient de sources renouvelables, tout me laisse penser que les Danois ont une longueur d’avance. Alors que les Parisiens manquent encore de se faire écraser à chaque fois qu’ils prennent leur vélo, les habitants de Copenhague ont été parmi les premiers à bénéficier d’autoroutes cyclables et de hangars à vélos publics. Résultat : les rues du centre-ville sont saturés de vélo et les voitures se comptent sur les doigts de la main. Les Danois ont l’air tellement avancés que cela en deviendrait rageant.

Oui mais voilà, ce pays progressiste n’est pas épargné par le mal qui ronge l’Europe. Aux élections européennes du 25 mai dernier, le parti nationaliste, le Dansk Folkeparti (Parti populaire danois), est arrivé premier avec 23% des voix. Katrine, 24 ans, m’explique que ce parti a été parmi les premiers à jouer sur la peur de l’immigration en Scandinavie : “Par exemple depuis deux ans, ils réclament qu’on remettent les boulettes de porc aux menus des cantines scolaires”. En s’attaquant à l’espace Schengen, le parti populaire danois joue sur les peurs de la population : “Les Danois sont conscients qu’on est un petit pays. Ils ont peur de voir notre influence se diluer dans l’Europe” explique Chika, 22 ans.

Cette bande de jeunes amis vit à Copenhague, la capitale du pays. Tous étudiants, ils estiment que les supporters de Dansk Folkeparti se trouvent plutôt à la campagne mais pas que… “Ce discours a de plus en plus de succès, notamment chez les jeunes générations qui ont grandi qu’avec la crise” regrette Liv, 22 ans. Cette discussion me rappelle celle que j’ai eu avec mes hôtes d’Helsinki. Cette dernière étape de mon voyage me laisse comme un sentiment de déjà-vu. De jeunes diplômés menant une vie ouverte sur l’Europe et très cosmopolite, qui voient monter chez leurs concitoyens la haîne de tout ce qu’ils apprécient dans la mondialisation. Avec regret, je quitte la capitale danoise, direction Bondy, la tête pleine de souvenirs mais surtout de questions et d’impressions qu’il me faudra prendre le temps de confronter à celles d’Anne-Cécile, aussi sur le chemin du retour !

Rémi Hattinguais

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