La municipale est souvent l’occasion d’une grande partie de chaises musicales. A Bagneux, la liste d’union de la gauche menée par la députée-maire PC sortante, Marie-Hélène Amiable, est vivement contestée. Jean-Claude Tchicaya (photo), membre fondateur du collectif Devoir de mémoire et adjoint à la jeunesse depuis 2001, a lancé lundi une pétition pour contester les choix de la maire sortante qui aurait, sans appel, éjectée de la liste les trois membres du Mouvement des droits civiques dont il fait partie et qui étaient élus depuis 2001.

Cette pétition qui circule dans la ville et déjà signée par des personnalités aussi différentes que Razzye Hammadi pour le PS ou le footballeur Lilian Thuram, n’aura de toute façon que peu d’effet puisque les listes sont clôturées et qu’il est désormais impossible de faire machine arrière.

Jean-Claude Tchicaya et le Mouvement des droits civiques condamnent sévèrement les agissements « d’une certaine partie de la gauche française qui peine à vivre avec son temps ». « Nous sommes passés du statut de diversité choisie (toujours pour la photo) à celui de diversité subie. » Après un engagement important dans la ville notamment au moment des violences de 2005, et pour encadrer davantage le quartier d’où émanait le tristement célèbre « Gang des barbares », Jean-Claude Tchicaya dénonce l’absence de reconnaissance de son engagement politique.

Il est a priori contre-productif pour la maire sortante Marie Hélène Amiable de se priver d’une personnalité aussi populaire et engagée que Jean-Claude Tchicaya. Dans une période d’ouverture où la mise en avant de personnalités citoyennes et par ailleurs issues de la diversité est plus que jamais la tendance, on a de la peine à comprendre qu’une liste d’union de la gauche se tire ainsi une balle dans le pied.

Du coté de l’équipe municipale en place, on reconnaît que Jean-Claude Tchicaya a mené durant ce dernier mandat un travail d’arrache-pied qui a abouti à la création d’une maison citoyenne et d’une maison des jeunes. Il a également contribué à renforcer le personnel municipal dédié à l’action-jeunesse. Si, en 2005, le refus de Jean-Claude Tchicaya de voter le budget municipal a allumé la mèche, le clash a réellement eu lieu, toujours selon l’équipe de Marie-Hélène Amiable, au moment du bilan municipal. Jean Claude Tchicaya et les deux élus de son groupe aurait alors pratiqué la politique de la chaise vide. « On aurait souhaité qu’ils restent, mais ils se sont exclus d’eux-mêmes », déclare une des responsables de l’équipe municipale.

Jean Claude Tchicaya réfute totalement ces arguments et aurait souhaité continuer le travail qu’il a engagé dans sa ville. « Il n’a jamais été question pour nous de nous exclure de notre propre chef, au contraire, c’est la maire sortante qui a dit clairement qu’elle ne désirait plus travailler avec nous. »

Une grande partie des habitants de Bagneux et des associations ne comprend pas les tenants et les aboutissants d’une querelle qui les dépasse. L’éviction de la liste du Mouvement des droits civiques, qui avait pourtant encouragé les jeunes des quartiers à s’inscrire sur les listes électorales, laisse pantois.

Mohamed Hamidi

Mohamed Hamidi

Articles liés

  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021