[PRIMAIRE DE LA GAUCHE] Dans le bureau de vote de l’Hôtel de ville de Bondy, en Seine-Saint-Denis, le nom d’un candidat est revenu presque unanimement dans la bouche des votants, celui de l’ancien Premier ministre, Manuel Valls. Globalement, la campagne de la primaire de la gauche est loin d’attirer les foules en ce dimanche de premier tour. Reportage.

« C’est le souk ici, la répartition des bureaux de vote est mal faite », lance un électeur de gauche à la sortie de l’Hôtel de ville de Bondy.  « Cela fait 20 ans que je vote à l’Hôtel de ville de Bondy et je n’ai jamais eu de problème quant au lieu de rattachement de mon bureau de vote, explique Khaled, la quarantaine. Tant pis pour eux ! Mon ami et moi ne voterons pas. Ce sera deux votes en moins pour le candidat pour lequel on souhaitait voter ».

D’autres personnes ont été renvoyées pour des motifs totalement inattendus comme cette dame qui n’avait qu’un billet de 20 euros sur elle, qu’elle a présenté pour s’acquitter de la somme d’un euro pour voter. Elle a dû demander à un électeur de lui faire un peu de monnaie, faute de quoi « [elle] ne [pouvait] pas voter ».

« Manuel Valls dit les choses telles qu’elles sont »

Ces soucis techniques n’ont concerné qu’une minorité d’électeurs. La majorité a pu voter dans de bonnes conditions. Le nom de l’ancien Premier ministre est celui qui revient le plus souvent dans la bouche des votants. Pourtant, pour certains électeurs, c’est un choix qui n’a pas été spontané. « Ce choix a été mûrement réfléchi, explique Catherine Rathoin, retraité infirmière. J’ai pesé le pour et le contre. A bien y réfléchir, Manuel Valls est un homme qui reste expérimenté. Il a été Premier ministre et ministre de l’Intérieur. Il a les pieds sur terre, pas comme Benoît Hamon et son revenu universel d’existence ».

Manuel Valls est également le choix de Redouane Bouhalem, 52 ans. « Il a bien géré les attentats du 13 novembre. (…) C’est quelqu’un qui va au bout de ses idées, c’est une qualité que j’apprécie beaucoup chez les gens. Il  dit les choses telles qu’elles sont… » Et puis, il ajoute fièrement : « Je serai ravi que le futur Président de la République française soit d’origine étrangère, comme moi ». Même son de cloche du côté d’Ahmed Ali, 54 ans, agent de ménage aux Mureaux, dans les Yvelines. S’il a voté pour Manuel Valls, c’est parce que, selon lui, « il est la vérité car il dit la vérité. (…) C’est un homme de parole, j’aime les gens comme ça ».

Une campagne qui n’a suscité aucun enthousiasme

Pour Céline Lebrun, 43 ans, pharmacienne à Bondy, « Manuel Valls a un côté psycho-rigide, tête à claque et énervant, notamment lorsqu’il maintient ses mesures contre vents et marrées ». Elle fait référence à l’utilisation du 49.3. La Bondynoise a choisi son bulletin au hasard et c’est tombé sur Arnaud Montebourg. « A vrai dire, la politique ne m’intéresse pas vraiment. Les débats, c’est compliqué et technique. Je n’y comprends rien ! En revanche, je vote tout le temps, même aux primaires« , rapporte-t-elle.

Si une majorité des votants interrogés ce dimanche à l’Hôtel de ville de Bondy ont voté pour Manuel Valls, les électeurs restent tout de même sceptiques quant à la potentielle présence de l’ancien Premier ministre au second tour de la présidentielle. « Depuis les attentas de Paris, la France est divisée, souligne Redoualem Bouhalem. Le Parti socialiste a perdu une bonne partie de son électorat. Je ne suis pas confiant. Vous verrez, on aura des surprises… »

Mélissa BARBERIS

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