MUNICIPALES 2014. Socialiste depuis les lendemains de la seconde guerre mondiale, Bondy aborde ce dimanche avec une triangulaire, socialiste-droite et divers gauche.

A Bondy, ville acquise au PS depuis des décennies, l’ambiance semble un peu fébrile à quelques heures du second tour. Ce dimanche, Stephen Hervé, Union de la Droite (36,90%), Hakim Kadri, Divers Gauche (12,08%) et Sylvine Thomassin, maire sortante, Union de la Gauche (46,34%) s’affronteront pour une triangulaire. La deuxième liste Divers Gauche, menée par Fatou Meïte n’accèdera pas au second tour puisqu’elle n’a rassemblé que 4,67% des voix.

Au téléphone, Stephen Hervé estime : « ce n’est pas vraiment une surprise ce premier tour. C’est le résultat d’une campagne qui a été intense sur le fond et sur les propositions. Il y a un choix et les Bondynois l’ont vu, ce qui n’était pas forcément le cas en 2001 et en 2008… ». Un choix donc face à la candidature de Sylvine Thomassin, « digne héritière du système socialo-communiste et vert ». Pour le candidat UMP, ce premier tour « c’est aussi un vote sanction » de désillusion face aux politiques menées par Hollande au niveau national et qui s’est exprimé jusque dans certains bureaux de vote du sud de Bondy « qui ne sont pas prêts à voter spontanément à droite d’habitude ».

Le candidat aborde le deuxième tour « en étant combatif ». Pour lui les 1000 voix d’écarts ne sont rien face « au taux d’abstention (plus de 55%) et tout est encore jouable ! » Il conclut : « A Bondy, on n’a jamais vu une campagne municipale aussi ouverte ! ». Face à Stephen Hervé, la maire sortante se dit confiante : « la droite ne passera jamais, soyons réaliste ! » Elle s’estime « plutôt contente » du premier tour compte-tenu du climat national particulièrement défavorable à la gauche. Pour elle, la campagne est une première, puisqu’elle a pris la suite de Gilbert Roger en cours de mandat. Dans ce contexte elle assure :« La passation de pouvoir de 2011 s’est bien passée, les scores du premier tour en sont la preuve ».

Elle commente : « C’était impressionnant de les voir faire une campagne presque professionnelle… » Et d’ajouter, sûre d’elle : « je ne vois aucune montée de la droite à Bondy ! Elle part unie contrairement à 2001 et à 2008 mais ça ne lui apporte rien, elle n’a même pas fait un meilleur score si on additionne les listes de droite de 2001 ou de 2008 ! ». Et la division de la gauche n’a pas l’air d’être un sujet pour Sylvine Thomassin. Bondy autrement ? Pour la candidate, la liste n’est « plus à gauche depuis longtemps ». Et à propos de la candidature de Fatou Meïte, elle lâche au passage «Vous savez, dans cette ville, c’est à peu près le score que font les listes communautaristes… ».

Enfin, Hakim Kadri, lui, estime : « il y a deux manière d’être dans l’opposition. Comme l’UMP, d’être une opposition mécanique ou d’être une opposition citoyenne et d’avoir un peu la niaque à chaque dossier ». Il évoque au passage la question de la gestion publique de l’eau à Bondy, un sujet qui l’a opposé à Sylvine Thomassin ces dernières années. A son sens, les résultats du premier tour s’expliquent par une volonté de permettre aux gens de « prendre en main » les dossiers. Pour lui, ce qui prime « c’est l’information aux citoyens ». Il cite en guise de conclusion d’autres listes qui ont su à sons sens suivre cette voie comme : Les Lilas autrement et à Gauche autrement au Pré Saint-Gervais et qui ont fait respectivement 13,32% et 18,93% au premier tour.

Anne Cécile Demulsant

 

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