[PRIMAIRE DE LA GAUCHE] Qui de Manuel Valls ou Benoît Hamon sortira vainqueur du second tour de la primaire de la gauche ? Ce soir marque la fin du suspense. Les électeurs ont jusqu’à 19h pour s’exprimer. À Drancy, les électeurs se sont déplacés, surtout des retraités. Le Bondy Blog s’est rendu à leur rencontre.

Ce matin, les électeurs sont déjà nombreux à la salle municipale Jean-Jaurès de Drancy. Ils ne se marchent pas non plus dessus mais dès 9h30 il y a constamment un électeur dans l’isoloir. Nombreux des votants sont des retraités. Parmi eux, Robert Persin. « Je viens remplir mon devoir de citoyen. Dans d’autres pays, tant de gens aimeraient avoir ce droit. Rien que pour leur rendre hommage, il faut voter ». Bernard et Marie-Claire estiment eux aussi qu’il est important de se mobiliser. Le couple de retraités considère qu’il est « essentiel de se déplacer à cette primaire si on a un minimum de sang socialiste ».

Si la plupart des personnes rencontrées ce dimanche aux abords de ce bureau de vote paraissent décontractées –« on est en mode dimanche », sourit un électeur-, un jeune homme croisé sur le parking est lui beaucoup plus tendu. « Je suis là pour voter contre Benoît Hamon parce que le revenu universel, c’est du foutage de gueule, s’emporte-t-il. La semaine dernière, je ne suis pas venu mais aujourd’hui, c’était primordial pour moi de ne pas lui laisser ma voix ». Les autres votants interrogés n’ont pas souhaité confier le nom du candidat pour lequel ils ont voté. A Drancy, au premier tour, Manuel Valls était arrivé en tête. La commune de Seine-Saint-Denis est dirigée par le député Jean-Christophe Lagarde, également président de l’UDI.

« Depuis que j’ai le droit de vote, je vote tout le temps »

Monsieur

Monsieur Nemouchi, retraité, a le droit de vote depuis 10 ans.

A la porte d’entrée de la salle municipale, Monsieur Nemouchi, 73 ans, s’apprête lui  aussi à glisser son bulletin de vote. Cet ancien  chauffeur poids-lourd est aujourd’hui à la retraite. « C’est terminé le travail, maintenant je me balade », s’amuse-t-il. Il raconte disposer du droit de vote depuis maintenant dix ans. « Depuis que je peux voter, je vote partout. Je suis de gauche mais j’ai même voté à la primaire de droite. C’est essentiel de voter ! »

Voici que le septuagénaire croise Jean-Pierre Codognotto qui sort tout juste du bureau. L’homme semble résigné. « Je me suis déplacé aujourd’hui mais j’ai malheureusement très peu d’espoir, lâche-t-il. Je ne pense pas qu’un des deux candidats arrivera au second tour de la présidentielle. Si je suis là ce matin, c’est parce que j’estime qu’il y en a un qui va faire des choses pour les banlieues, pour les zones les plus défavorisées socialement. En tous cas, je l’espère parce qu’il y a du boulot ». Impossible de savoir quel candidat ce Drancéen a choisi.

De leur côté, Catherine, chimiste, ou encore Michel, n’ont pas pu voter à la salle municipale Jean-Jaurès. Les assesseurs leur expliquent qu’ils ne se trouvent pas dans le bon bureau de vote. Pourtant, Michel avait tout préparé : sa carte d’électeur, sa pièce d’identité, sa pièce d’un euro. « C’est n’importe quoi ! J’habite la rue qui est derrière, s’indigne le retraité. Si je me suis déplacé, c’est parce que j’ai toujours voté à gauche. C’est mal organisé. Pourquoi je dois aller à l’autre bout de la ville ? Je rentre chez moi, tant pis ».

Sarah ICHOU

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