19 heures, dans le gymnase Jean-Louis Henry, la foule est en délire. 300 militants rubans rouges autour du bras se sont mobilisés. Pendant que certains prennent un verre à la buvette entre deux selfies, d’autres agitent avec enthousiasme des drapeaux rouges scintillants. Dans les couloirs, l’Ukraine, l’augmentation du salaire de Pierre Gattaz et le PS sont au cœur des discussions.

Ovationné par les cris des militants, à 20 heures pétantes, le maire de Grigny, Philippe Rio ouvre le bal. Il commence par saluer « 64% des grignois qui ont dit non au référendum sur le traité constitutionnel en 2005« . La voix posée, « celui qui veut se mêler de l’Europe« , en dépeint un tableau noir : « Nous avons honte de cette Europe qui sacrifie 25% de sa jeunesse au chômage, de ce plan dicté par l’Union européenne avec la règle des 3%. » Il déplore une Europe « qui se teinte de brun » avec la montée en puissance des partis d’extrême-droite.Avant de conclure son intervention : « nous voulons une Europe fraternelle, une Europe des peuples« .

Raquel Garrido, avocate et tête de liste, s’égosille. Ce soir, elle est en colère. Elle condamne les désastres de l’économie libérale et des politiques d’austérité : « En Grèce, la prostitution a augmenté de 1500 pour cent, il n’y a pas de boulot, pas de perspectives d’avenir« . Fermement opposée au projet de libre échange translatique avec les Etats-Unis, elle s’inquiète : « personne n’en parle et ce silence est un premier signe d’alerte« . « Le PS est au bord de l’implosion » crie-t-elle avec assurance. En écho à cela, un militant brandissant un drapeau répond : « Tant mieux !« .

Pour elle, le Front de gauche est le seul parti à pouvoir incarner une alternative européenne à la social démocratie : « nous sommes le seul outil qui va permettre de changer la donne. Notre travail est sur le temps long, nous sommes la pérennité pour incarner cet espoir en France et partout en Europe » insiste-t-elle.

Acclamée, Raquel Garrido, au charisme indéniable, laisse la parole aux autres candidats de la liste. Les critiques fusent sur le gouvernement Valls et les verts. Alors que Stephanie Treillet réfute « l’Europe des discriminations de Manuel Valls« , Mounia Benaili, conseillère municipale de Juvisy, critique avec virulence les Verts « à la sauce Cohn-Bendit« .

« Les dirigeants d’Europe ont décidé de sauver les banques au détriment des peuples ! » s’exclame avec un fort accent grec, Goulas Vangelis, les cheveux mi-longs, délégué en France de Syriza. Sur son pays d’origine la Grèce, il ne manque pas d’attaquer « la Troïka » et « la montée du fascisme liée aux politiques d’austérité« .

Accueilli chaleureusement par ses compères et les militants, Patrick Le Hyaric clôture le meeting sur un tonnerre d’applaudissements. Il appelle fermement les habitants de Grigny à voter le 25 mai : « L’enjeu important est d’aller s’exprimer le 25 mai. A Neuilly dans le 16eme, ils iront voter parce qu’ils savent quelle Europe ils veulent!« . Pour lui, l’enjeu majeur n’est pas de savoir si l’on est pour ou contre l’Europe mais « de savoir quelle majorité ira au Parlement« .

Myriam Boukhobza et Said Harbaoui

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