[#PRESIDENTIELLE2017] En ce jour de premier tour de l’élection présidentielle, plusieurs habitants de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, se sont déplacés pour ce scrutin. Un vote plutôt tourné vers François Fillon dans cette ville, fief du député-maire Patrick Balkany depuis les années 1980. Reportage.

Dans le hall d’entrée de la résidence Wilson, où se situe le bureau de vote numéro 41 organisé par la ville de Levallois-Perret, la participation semblait bien importante à 11h. « Depuis l’ouverture, à 8h, on en est à 206 participants sur un bureau de vote qui compte 862 votants », précise la présidente du bureau, Sylvie Kwasniok. Moyenne des électeurs du bureau de vote ce matin : plus de 50 ans. Parmi eux, Yvan Bourdiec, ingénieur de 51 ans qui avoue avoir trouvé cette campagne bien en dessous de l’enjeu, en raison des affaires notamment.« C’est très dommage parce que le président de la République, on l’a pour cinq ans ».

« Ça ne parlait pas de sujets qui concernaient les Français, mais les casseroles qui concernaient les candidats », surenchérit Soraya Vilbert. Cette cadre en assurance de 52 ans se dit « usée » par les 15 derniers jours de cette campagne. « Il y avait trop de candidats, ça a été blasant ». Un ressenti partagé par Michael D. « J’avais un grand intérêt au départ mais vu le peu de résultats, de conclusions à en tirer, au final, il y a peu d’intérêt », explique ce banquier de 29 ans. Un jugement sévère que certains électeurs désapprouvent comme Anna S., consultante âgée de 25 ans. « Sur une échelle de 1 à 10, je dirais 7 », note-t-elle quant à la qualité de la campagne. « Dans tous les cas, c’est un devoir de citoyen », juge Michael. « Des gens sont morts pour qu’il y ait le droit de vote en France », assène pour sa part Ludovic Lemarchand, un directeur en ressources humaines de 44 ans.

François Fillon, favori contrasté

Une affiche électorale de François Fillon taguée : « escroc », « en taule », « rends l’argent », à Levallois.

Dans cette ville de banlieue aisée, dont le député-maire est Patrick Balkany depuis les années 1980, le vote penche clairement à droite. Parmi les personnes interrogées par le Bondy Blog, seul Ludovic a clairement assumé son choix. Venu voter en famille avec sa fille sur les épaules, l’électeur a choisi François Fillon « pour des raisons idéologiques et pour son programme ».

Mais les affaires concernant l’ancien Premier ministre ont laissé des traces, notamment sur certaines affiches électorales de la ville taguées par les inscriptions suivantes : « en taule », « escroc », « rends l’argent ». Sur l’une d’entre elles, son slogan « Une volonté pour la France » est rebaptisé « Un vol pour la France ». « C’est un voleur », s’exclame un enfant en voyant l’une de ces affiches. « Effectivement« , lui rétorque son paternel, à ses côtés.

Un programme pas totalement applicable

Et les « petits candidats » dans tout ça ? « J’aime bien les petits candidats, du moins certains d’entre eux. Mais je n’ai pas forcément voté pour eux parce qu’il faut voter utile, avoue Yvan. C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de place pour d’autres voies d’expression comme les petits candidats, qui sont négligés et marginalisés ». Petit ou grand candidat, la question reste la même : le futur président sera-t-il en mesure d’appliquer son programme ces cinq prochaines années ? « Ça n’a jamais été le cas », avance Michael. Mais le banquier, comme d’autres, espère tout de même qu’une majeure partie du projet pourra être faite durant le prochain quinquennat. « Je pense que 5 ans, c’est totalement insuffisant pour appliquer toutes les promesses qui sont faites lors des candidatures. Si déjà, les trois quarts sont faits, ce sera pas mal », précise Soraya qui se dit sensible aux idées de la droite. Mais les difficultés sont nombreuses. Pour Ludovic, il faut regarder au niveau de l’Assemblée et de la majorité qui pourrait se dégager pour le futur président après les législatives de juin prochain. « Voilà la grande problématique de cette présidentielle », analyse-t-il. Bref, celui ou celle qui succédera à François Hollande n’aura guère de répit à partir du 7 mai prochain.

Jonathan BAUDOIN

Articles liés

  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021