est venu promouvoir les intérêts des jeunes Maltais. Portrait.

Le «YO! village» est en pleine effervescence : des centaines de jeunes Européens circulent dans une enfilade de barnums, stands d’associations et autres organismes installés devant le Parlement de Strasbourg pour le «European Youth Event». Attablé au café du «Village», Andrew Micallef, 26 ans, comptable, s’exprime au nom des jeunes Maltais, qu’il est venu représenter : « À Malte, 80% des jeunes se sentent européens. Mais à cause de notre insularité, nous avons plus de difficulté que les grands pays à échanger avec le reste de l’Union.» Membre volontaire du syndicat jeune General Workers’ Union (GWU) de Malte, Andrew est convaincu de l’importance de la mobilité pour la formation et pour l’emploi.

«Pour nous, les élections européennes sont un événement essentiel.» Vêtu d’un sweat shirt de la Ligue des jeunes électeurs, il explique avec fierté que les Maltais ont participé à 78% aux élections de 2009. Le plus haut taux de participation après la Belgique et le Luxembourg et, de loin supérieur à la France, à l’Allemagne et au Royaume-Uni. Il revient aussi sur le débat mené l’année passée pour le droit de vote à 16 ans (toujours d’actualité) dont il garde, en souvenir, un bracelet en caoutchouc autour de son poignet.

« Cela fait seulement dix ans que nous sommes dans l’Union. Nous avons encore beaucoup à apprendre.» L’intégration est une histoire de long terme. Pour Andrew, on ne peut pas brusquer les choses. « Chez nous, certains ont encore peur du fédéralisme. Nous sommes un petit pays, nous n’avons que six députés au Parlement européen. Dans une Europe fédérale, Malte n’aurait plus aucun pouvoir.»

Le fédéralisme européen, un nouvel impérialisme pour cette ancienne colonie britannique ? Il répond, prudent sur les termes, et avec un accent plus proche du sicilien que de l’anglais d’Oxford : « Nous avons beaucoup travaillé pour notre indépendance, mais nous bénéficions aussi beaucoup de l’Union. Les politiques européennes, ça n’est donc pas de l’impérialisme. Mais je pense que si l’Union devenait vraiment plus fédéraliste, les grands pays pourraient nous contrôler plus que ce que nous aimerions. Tout dépend des négociations. »

Pour le moment, à Malte, on attend surtout une meilleure implication des autres pays de l’Union sur les questions migratoires, en plus de la lutte contre le chômage des jeunes. « Les Maltais veulent que l’Union européenne et le gouvernement s’engagent face au problème liés à l’immigration illégale.» Historiquement, l’archipel est un relais culturel, économique et démographique incontournable pour les pays d’Europe. Dans ces conditions, il serait trop facile pour les grands pays membres de se désinvestir des questions migratoires. «Il est très compliqué pour nous de gérer de pareilles vagues de migrants, pour des questions de financement et à cause de notre très forte densité de population. Les grands pays de l’Union européenne devraient contribuer à la tâche, accueillir des migrants sur leur sol et s’en occuper. Mais ils ne nous aident pas.»

Louis Gohin

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