A Noisy-Le-Sec, un goût de plat réchauffé réveille les papilles de la « Gauche rassemblée, écologiste et citoyenne » menée par Alda Pereira Lemaître (photo: 2e à partir de la droite), la tête de liste socialiste pour les municipales. Dans un discours onctueux, livré le 11 janvier au soir lors de l’inauguration de son local de campagne, la candidate a dit son objectif : « rassembler les divers courants politiques de la gauche » et « s’ouvrir au monde associatif » – un steak-frites électoral qui, sur le coup, passe toujours bien.

Autour de la même table politique, Dominique Voynet, sénatrice Vert de la Seine-Saint-Denis et candidate à la mairie de Montreuil, restée sur sa faim aux dernières présidentielles, réitère dans le même micro son envie de « rallier les différentes familles de la gauche ».  

Partageant le même credo, le rassemblement, Elizabeth Guigou, députée PS de la circonscription Bondy-Noisy-Le-Sec-Romainville, et Christiane Taubira, députée PRG (Parti radical de gauche) de Guyane, se relaient au micro. La seconde, éloquente et délicieuse, prend plaisir à critiquer le gouvernement qui, selon elle, ne parvient pas à s’accorder sur la pertinence de politiser ou non les élections municipales. 

Quand quelqu’un l’invite à dire ce qu’elle pense de l’action de Nicole Rivoire (UDF-Modem), qui, dans cette campagne, fait cause commune avec l’UMP, la députée de Guyane balance l’exemple de la Maison de la culture, laissée à l’abandon : « Les jeunes Noiséens ont besoin d’espaces pour se rencontrer et construire la ville. »

Et Alda Pereira Lemaître, investie du label de la « Gauche rassemblée, etc. », peut-elle gagner à Noisy ? Elisabeth Guigou a une réponse aux petits oignons : l’élue de Seine-Saint-Denis affirme que la candidate noiséenne « s’est engagée à faire son travail de maire à plein-temps. Elle ne pratiquera pas le cumul des mandats. Elle est aux côtés des victimes de la pauvreté, de la précarité et des discriminations, dans un travail collectif avec une gauche rassemblée. »

Cette « Gauche rassemblée, écologiste et citoyenne », mijotée dans une vieille cocotte en fonte, se laisse manger, ma foi. Entre deux bouchées, élus et militants des différents partis s’embrassent, se tapent sur l’épaule, nouvelle année oblige.

Les candidats y vont tous de leur potion pour la France périphérique. Alda Pereira Lemaître entend « mutualiser les nombreux talents et énergies que contient la banlieue ». Elle veut générer des emplois durables dans les métiers du lien social, créer une « Maison des parents » et des lieux de prévention sur la santé. Pas mal. Mais de bons ingrédients ne font pas toujours une bonne recette.

Nadia Boudaoud

 

 

Nadia Boudaoud

Articles liés

  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021