Lundi dernier, le 24 juin, parlementaires et représentants associatifs ont organisé une cérémonie symbolique d’octroi du droit de vote aux étrangers. L’occasion d’envoyer une piqûre de rappel à François Hollande qui en avait fait une promesse de campagne.

Au Sénat, Esther Benbassa (Sénatrice Europe Écologie Les Verts, EELV) et Sergio Coronado (député EELV des Français de l’étranger) ont organisé le lundi 24 juin 2013 en la présence de politique de gauche et d’associations diverses, une cérémonie d’octroi symbolique du droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers non communautaires aux élections locales.

Alors que le droit de vote des étrangers a été une proposition phare du président, Esther Benbassa s’inquiète de la tournure que les événements sont en train de prendre, avec un PS qui semble de plus en plus frileux sur le sujet. « La République se doit de donner de nouveaux moyens d’expressions à ceux qui prennent part dans le quotidien à la vie de la cité. La nationalité française n’est pas la seule clef de la citoyenneté ! », s’exclame Esther Benbassa devant une salle pleine.

Cette cérémonie est donc une piqûre de rappel à l’attention de François Hollande. Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le PS repousse sans cesse cette réforme prétextant qu’il n’aurait pas les 3/5éme des voix des parlementaires nécessaires à l’approbation de la loi. Comme Mounir Satouri (Président du groupe Europe Écologie les Verts de la région Île-de-France), l’a expliqué, actuellement le problème majeur  du parti socialiste est de ne pas se décider à agir sur cette réforme. « Alors maintenant, il faut arrêter de se poser des questions et je pense que le peuple de gauche peut comprendre qu’on perde, mais à condition qu’on perde les armes à la main. »

Même incompréhension pour Vincent Rebérioux (responsable du collectif Votation citoyenne et vice-président de la Ligue des droits de l’homme) qui s’insurge. « Nous en avons marre de témoigner, ce que nous voulons aujourd’hui c’est gagner. Beaucoup de gens sont déçus par les dernières annonces du Président puisque contrairement à ce que nous avons cru les résidents étrangers ne voteront pas aux prochaines élections municipales de mars 2014, peut-être voteront-ils aux élections municipales de 2020, donc dans 7 ans ! »

Une des revendications de Vincent Rebérioux sur ce projet de réforme est de demander un calendrier : « Que fera le gouvernement et quand est-ce qu’il le portera après les municipales de mars 2014 ? Ils nous faut des engagements forts », précise-t-il. On se souvient que le PS avait annoncé en 2012 que la réforme serait appliquée en 2013 et finalement, François Hollande, dans sa dernière conférence de presse l’a reportée après les élections municipales de 2014. Autre revendication : créer une conférence de consensus avec des députés et sénateurs qui permettrait de trouver des modalités pour obtenir une majorité.

Arrive la cérémonie symbolique du vote parmi les 300 personnes présentes dans la salle : certains ont apporté leur carte d’électeur. Sans surprise, le « Oui » l’a remporté à l’unanimité. Autre bonne nouvelle, selon un sondage Harris Interactive, de mai 2013, 54 % des Français sont favorables à l’extension du droit de vote aux étrangers. En attendant, la décision de François Hollande d’entrer dans l’arène, la mobilisation reste de mise. Les défenseurs de cette réforme continueront à sensibiliser les politiques de tous bords afin de rassembler un maximum de voix le jour J pour qu’enfin le « Oui » l’emporte dans la vraie vie.

Hana Ferroudj

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