La lumière est rouge, le micro est rouge, les murs sont rouges, même la chemise du caméraman est rouge. Où sommes-nous donc ? Non, pas au théâtre mais à la radio toute rouge : RTL. Il est 18h29 : « C’est parti dans 1 minute… 30 secondes… 10 secondes… 5 secondes…» et top ! Jean-Michel Apathie lance son émission du dimanche soir : Le Grand Jury. L’invité du jour est Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes et président du groupe PS à l’Assemblée nationale.

Étant donné l’actualité de ce dimanche 15 mai, la première demie heure de l’émission est consacrée au président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, inculpé pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration sur la personne d’une femme de ménage qui office dans un hôtel de New York. Interrogé sur ce séisme médiatique, Jean-Marc Ayrault répond: «Je ne vous cache pas que j’étais sous le choc et je n’étais pas le seul. C’est tellement invraisemblable, surtout quand on exerce des responsabilités politiques. Pour l’instant, nous ne connaissons pas la réalité des faits, il faut que la Justice américaine, basée sur le principe de la présomption d’innocence, fasse son travail, il faut que DSK et ses avocats puissent s’exprimer. Je crois que c’est un principe essentiel en démocratie. Donc moi je m’attache à cela ».

Les journalistes présents, Etienne Mougeotte et Eric Revel, insistent sur les petites phrases du jour des uns et des autres: Marine Le Pen a dit cela et puis Martine Aubry a dit ceci. Certainement pour essayer de déstabiliser leur invité. Jean Marc Ayrault  répond que : « La justice doit être la même pour tout le monde, qu’on soit puissant, responsable politique, responsable d’un Etat ou d’une collectivité locale. Elle doit être la même pour tous les citoyens c’est une question de confiance. Donc, cette justice, américaine ou française, doit pouvoir mener son cours jusqu’au bout.»

Le maire PS conclut ce débat par : «Respectons DSK, ce qu’il est, il est quand même une grande personnalité internationale, laissons la justice faire son travail. Peut-être que très vite DSK sera blanchi et je le souhaite pour lui, pour sa famille, pour tous ceux qui sont ses amis, c’est très important. Si ce n’est pas le cas, il aura une responsabilité très grande».

On change enfin de sujet, on parle maintenant des niches fiscales, du RSA, des inégalités sociales et de l’écologie. Jean Marc Ayrault glisse en souriant: «Je ne suis pas candidat, je vous l’annonce ce soir». Par contre il affirme que: «Notre république va mal, d’autant plus depuis les 4 ans de la présidence de Sarkozy.»

L’émission est terminée, je rejoins la sortie où je croise un homme qui m’a l’air d’être un journaliste, étant la première dehors, il s’empresse de me demander : «Il y avait des gens connus a part Jean-Marc Ayrault?». Je n’ai pas osé lui répondre: «bah oui: moi!»

Sarah Ichou

Articles liés

  • Frédérique Matonti : « La pensée réactionnaire est le produit d’une panique morale »

    A l’occasion de la sortie de son livre «comment sommes-nous devenus réacs?», la politiste Frédérique Matonti revient sur la progression de l’idéologie réactionnaire, de sa naissance dans les années 1980, à son triomphe actuel sur les chaînes d’information en continu. Entretien.

    Par Yunnes Abzouz
    Le 16/11/2021
  • Quand Laïreche raconte Ruffin

    Ces derniers temps, Rachid Laïreche nous offrait un peu moins de ces fameuses "info Rachid" sur Twitter, des petits indiscrets sur le monde politique qui montrent comment le journaliste de Libération raconte la gauche actuelle comme personne. On a compris ce qui se tramait quand on a appris la sortie de "La revanche des bouseux" (les Arènes), un portrait du député François Ruffin.

    Par Latifa Oulkhouir
    Le 29/10/2021
  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021