[TRIBUNE] Lundi, le Bondy Blog publiait une tribune de la FCPE 93 qui dénonce la baisse des subventions régionales pour les cartes de transport des collégiens et des lycéens boursiers de Seine-Saint-Denis. En cause, un désaccord entre la région Île-de-France (LR) et le département (PS). Un bras de fer s’est engagé entre les deux institutions. Des conseillers régionaux Les Républicains répondent à l’association.

Monsieur le Président de la FCPE,

Dans une tribune du 14 août dernier, parue dans le Bondy Blog, vous vous indignez de la situation des lycéens boursiers en Seine-Saint-Denis. Vos indignations se trompent clairement de destinataire, car vos déclarations sont contraires à la réalité et au déroulement des faits. C’est le conseil départemental de Seine-Saint-Denis qui s’est désengagé brutalement de l’accord qui le liait à Île-de-France mobilités et à la Région Île-de-France. Ces derniers seront, quant à eux, bien au rendez-vous et honoreront leur engagement de rembourser à la hauteur de 50 % les titres de transport des lycéens boursiers.

Revenons-en aux faits.

Vous le savez, le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités a adopté, en septembre dernier, une convention-type dans le but d’assurer la co-participation au financement des aides sur critères sociaux à hauteur de 50 % pour la Région et de 50 % pour les départements, et ce, tant pour les lycéens, qui sont de la compétence de la région, que pour les collégiens qui sont du ressort du département.

Cette convention-type a été construire en collaboration avec tous les départements, et adoptée à l’unanimité – avec ainsi l’accord du département de Seine-Saint-Denis. Cette adoption valait engagement pour nous ainsi que pour les départements. Mais, au début de l’été, à quelques semaines de la rentrée, le conseil départemental de Seine-Saint-Denis a réduit unilatéralement sa participation au remboursement en revenant sur sa parole. Pourquoi ce reniement de la parole donnée, dont les lycéens boursiers sont les victimes ? Est-ce par soucis de faire des économies ou est-ce pour d’autres motivations ? Nous vous invitons à questionner de manière exigeante le conseil départemental et son Président Stéphane Troussel. Comme l’a assuré Valérie Pécresse dans son courrier, la Région et Île-de-France mobilités honoreront leur engagement de rembourser à hauteur de 50 % les titres Imagine’R des lycéens boursiers du département, qui vont recevoir un chèque dans les prochaines semaines. Voilà la preuve que nos engagements sont bel et bien tenus, pendant que d’autres essayent d’échapper à leur responsabilité en nourrissant de fausses polémiques…

Depuis notre élection, nous sommes fortement engagés,avec Valérie Pécresse, pour le développement de notre département. Notre territoire va bénéficier de plus de 21% des financements du Contrat de Plan État-Région : un accompagnement bien plus élevé que pour tout autre département francilien. Nous continuons d’investir massivement dans les transports, dans les lycées afin d’améliorer le quotidien Séquano-Dionysien. Nous avons également décidé de déplacer le siège du Conseil régional de ses locaux dorés du VIIe arrondissement vers le territoire d’avenir que représente Saint-Ouen. Contrairement au département, nous avons lié nos paroles à nos actes.

Henri Queuille disait que « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». Nous sommes las d’écouter les belles paroles de Monsieur Troussel. Les boursiers de Seine-Saint-Denis méritent un plein engagement de la part du département. La Région, quant à elle, sera toujours à leurs côtés.

Vous dénoncez dans votre lettre un désaccord entre le Conseil régional et le Conseil départemental, reportant ainsi la faute sur notre collectivité. Il n’y en a aucun, dès lors que c’est le département de Seine-Saint-Denis qui a sciemment adopté une convention différente – trahissant de fait son engagement, comme les lycéens boursiers.

C’est pourquoi nous demandons à Stéphane Troussel et au département de Seine-Saint-Denis de revenir sur leur engagement initial pour que les boursiers puissent continuer à bénéficier d’une juste tarification sociale. Si vous êtes préoccupés, comme nous, par le sort des lycéens boursiers, vous devriez plutôt mettre toute votre énergie à nous soutenir pour que le département revienne sur sa décision de baisser les aides aux boursiers, plutôt que de relayer des fausses polémiques, uniquement de nature politique.

Liste des élus signataires :

  • Othman NASROU, Président du groupe Les Républicains et Indépendants Île-de-France

  • Farida ADLANI, Maire-Adjointe de Villepinte, Vice-Présidente de la Région

  • Bruno BESCHIZZA, Maire d’Aulnay-sous-Bois, Conseiller Régional

  • Manon LAPORTE, Chef de l’opposition à Montreuil, Conseillère Régionale

  • Brigitte MARSIGNY, Maire de Noisy-le-Grand, Conseillère Régionale

  • Thierry MEIGNEN, Maire du Blanc-Mesnil, Conseiller Régional

Crédit photo : Creative Commons Greensk

Articles liés

  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021