MUNICIPALES 2014. A deux semaines des élections municipales, Alain Amedro, candidat EELV, a déjà bien investi le terrain. Déjà vice-président de la région Ile-de-France, il se verrait bien diriger la municipalité d’Aulnay-sous-Bois.

Père de deux enfants, urbaniste et historien, Alain Amedro commence sa carrière en tant qu’enseignant. Il entre en politique en tant que chargé de mission transport au sein du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Tout en traçant son chemin, il devient vice-président du STIF (Syndicat des transports d’Ile-de-France) et président de la commission des investissements et du contrat de projet du STIF de 2004 à 2010.

A Aulnay-sous-Bois, c’est en tant que conseiller municipal d’opposition qu’il se fait connaître, poste qu’il occupe de 1999 à 2008. Cet écologiste deviendra par la suite adjoint chargé de l’urbanisme (urbanisme et espaces verts) du maire socialiste Gérard Ségura, qu’il quittera en 2010. « J’avais de profonds désaccords avec les pratiques du maire d’Aulnay ». Avec ses collègues écolos, il donnent alors leur démission.

Aujourd’hui, Alain Amedro propose « une autre alternative de gauche » à Aulnay-sous-Bois avec sa liste Vivre mieux ensemble, à Aulnay-sous-Bois», une « gauche humaniste, écologiste et solidaire ».  L’une de ses principales priorités : « remettre les règles pour tous ». Le candidat EELV n’a pas encore sorti son programme mais dévoile des propositions au fur et à mesure de la campagne (et en fonction des résultats des ateliers-citoyens qu’il engage). Il oriente les grandes lignes de son projet vers le renouveau : de nouvelles méthodes, une nouvelle équipe et un nouveau projet (social, démocratique et écologique).

« Transparence », un mot qu’il répète assez régulièrement. L’élu régional propose de revaloriser le rôle de l’opposition : « une meilleure représentation de l’opposition, ça oblige à une plus grande transparence ». La thématique de l’écologie ne passe évidemment pas inaperçue dans son raisonnement, « on lie les questions d’urbanisme à l’environnement, la qualité de vie. Par exemple, le besoin d’un logement, l’agrandissement d’un certain nombres d’espaces verts ».

Au niveau du développement économique, il se préoccupe du commerce de proximité et de l’artisanat, « comment on aide les petites entreprises à s’installer par exemple. Il faut le faire en lien direct avec la chambre de commerce et l’artisanat ».  La réindutrialisation du site PSA Peugeot Citroën fait partie de cette thématique, « on pense que c’est un lieu stratégique et qu’il faut aller au-delà de la ville ». Alain Amedro défend l’idée de l’intercommunalité et d’une réindustrialisation dans le domaine de l’aéronautique, de l’éolienne et du solaire.

La thématique des transports en commun est aussi un domaine qu’il connait bien. A l’heure où les Aulnaysiens vivent un véritable calvaire avec le RER B et ses dysfonctionnements à répétition, Alain Amedro se veut ferme. « La commune peut porter le dialogue et des exigences. La SNCF et RFF (Réseau Ferré de France) doivent nous rendre des comptes et dire quelles solutions apporter très rapidement ». Il n’oublie pas de qualifier la situation de « scandaleuse ».

En attendant de publier sa liste officiellement, Alain Amedro se laisse aller à quelques confidences, « on a fait équipe avec des gens qui ont milité dans les associations, on se positionne vraiment plus comme des gens qui ont envie de travailler ensemble que comme des déçus ».

Duflot et AmedroDuflot et AmedroLe 12 février dernier, il animait une réunion publique dans laquelle Patrick Braouezec, président de la communauté d’agglomérations Plaine Commune, et Julie Nouvion, présidente de Bruitparif et conseillère régionale, venaient le soutenir. Il assistait aussi au déplacement de Cécile Duflot le 21 février à Aulnay en sa qualité de vice-président de la région Île-de-France (en présence du maire Gérard Ségura et du député Daniel Goldberg). La ministre venait défendre sa loi sur le logement, tout juste votée.

« Je pense que si on veut garder cette ville à gauche il faut qu’on soit en tête ». Alain Amedro ne cache pas son ambition : se maintenir au second tour. Il y a quelques semaines, Gérard Segura publiait un communiqué d’ « appel à un désistement réciproque en faveur de la liste de gauche la mieux placée au premier tour » Le candidat EELV n’a toujours pas répondu, « ce n’est ni un refus, ni une acceptation. On regardera les choses de façon très précises au soir du premier tour ». Un scrutin attendu de pied ferme.

Imane Youssfi

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