Pascal Beaudet (PC), ancien maire d’Aubervilliers de 2003 à 2008, se présentait contre le maire sortant Jacques Salvator (PS). Le duel était serré, 0,8% les séparaient au premier tour. Le PC vient de reprendre la mairie à 44% contre 38%.

« Tu sais pour qui voter, hein ? » L’injonction se fait gentiment insistante, en face de ce bureau de vote albertivillarien. De la journée s’est dégagée à Aubervilliers une véritable tension, à l’image du climat entourant ce deuxième tour.

Dans la ville, on ne parle plus seulement de Pascal Beaudet (PCF) et de Jacques Salvator (PS). Le vocabulaire est subtil, presque codé. Le rouge, le rose. L’actuel, l’ancien. On croise, ici et là, des élus, actuels, passés. Futurs ? Ils l’espèrent, ne pensent qu’à ça. « Le pouvoir, l’argent, les postes : c’est le jour où on remet en jeu tout ça », confirme l’un des anxieux.

Au bureau de vote de Robespierre, des représentants de chacun des camps. Ils demandent le silence, s’énervent contre « ceux qui racolent devant le bureau de vote », refusent que cet homme accompagne son jeune fils, néo-électeur, dans l’isoloir.

Il est 21 heures quand les premiers résultats tombent. Chaque bureau de vote compte ses 100 premiers scrutins et les communique à la mairie. À l’Hôtel de ville, la stupéfaction. « Beaudet est en tête de 10 points », nous souffle un cadre bien informé.

L’heure semble donc à l’alternance à Aubervilliers. La liste communiste semble avoir bénéficié d’une dynamique anti-Salvator dans la ville. La mobilisation d’un certain nombre d’abstentionnstes semble avoir profité à une opposition, de même que le report des voix de la liste citoyenne 100% Aubervilliers.

Devant la mairie, quelques centaines de citoyens sont venus se masser pour apprendre les résultats, tâter l’ambiance. Les élus socialistes font les cent pas, rentrent et sortent de l’Hôtel de Ville, regardent, l’air tendu, à la fenêtre. Il est 22 heures et le bruit se diffuse dans la foule. Après huit ans d’intermède socialiste, Aubervilliers semble être redevenu un bastion communiste.

Ilyes Ramdani

Articles liés

  • En Seine-Saint-Denis, la NUPES « vise le strike »

    Le 17 mai, les 12 candidat·e·s de Seine-Saint-Denis de la NUPES ont déposé collectivement leurs candidatures à la Préfecture de Bobigny. L'occasion d'affirmer la détermination de la gauche unie de gagner dans toutes les circonscriptions du 93. Mais l'élan Mélenchon retrouve-t-il sa légitimité sur le terrain ? Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 19/05/2022
  • À Aubervilliers, la NUPES se rassemble « pour l’histoire »

    La NUPES - Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale - s'est lancée officiellement à Aubervilliers. Après des jours de négociations médiatisées, les partis de gauche se sont réunis samedi 7 mai en Seine-Saint-Denis pour lancer officiellement la campagne des législatives avec lesquelles ils et elles espèrent transformer l'essai de Mélenchon à la présidentielle. Reportage.

    Par Hadrien Akanati-Urbanet
    Le 08/05/2022
  • Législatives vues des quartiers : l’union et maintenant quoi ?

    Alors que La France Insoumise mène les négociations pour finir l'union de la gauche avec le Parti Socialiste, après les communistes et les écologistes, dans les quartiers le sentiment paraît mitigé. Entre la possibilité de voir la gauche s'imposer aux législatives et la mise à prix des circonscriptions populaires, au grand dam de certains élus de terrain. Décryptage.

    Par Jalalle Essalhi
    Le 05/05/2022