« Martine, Christiane, Anne, nous ne sommes pas prêts d’oublier cette image ! » C’est ainsi que Jean-Marc Germain, député socialiste des Hauts-de-Seine, conclut le « carrefour des gauches et de l’écologie », le rendez-vous du camp « rose, rouge, vert », à Bondy (Seine-Saint-Denis), ce samedi.

Une « image », l’image d’une gauche unie bien que plurielle, l’opération com’ aura au moins servi à ça. Aubrystes, frondeurs du PS, écologistes, et même communistes par la voix du porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, tous ont répondu présent à l’appel de la maire de Lille. L’affiche est belle. Les « guest-stars » comme la maire de Paris, Anne Hidalgo, mais surtout l’ancienne Garde des Sceaux, Christiane Taubira, très applaudie par les quelque 300 personnes présentes lors de son intervention dans l’après-midi, représentent encore un petit espoir pour ceux qui à gauche, ne veulent ni de François Hollande, ni de Manuel Valls pour 2017.

Sans rassemblement, on va à la catastrophe

Le symbole est fort à cinq mois de la présidentielle et à huit semaines de la primaire du PS. Mais tout ça pour quoi faire ? « Notre responsabilité est grande. Il ne faut pas attendre juin 2017 pour nous retrouver à nouveau ! » justifie Martine Aubry. La droite est aux portes du pouvoir. La maire de Lille ne manque pas d’attaquer de front François Fillon, favori de la primaire de la droite, le qualifiant d’« homme profondément archaïque et réactionnaire », « resté dans les années 60 », appelant les Français à « ouvrir les yeux » face au risque « d’une droite d’extrêmes et d’une extrême droite. »

« Sans rassemblement de la gauche, on va à la catastrophe, prévient-elle. Personne ne peut penser qu’on laisse passer une élection (…) C’est maintenant qu’il faut se battre pour essayer de gagner ». Gagner sans l’actuel Premier ministre, ni Emmanuel Macron, deux figures contre qui la socialiste enchaîne les coups, et en épargnant dans le même temps François Hollande. Plus tôt dans la journée, Claude Bartolone s’était fait remarquer en appelant le président de la République, Manuel Valls et l’ancien ministre de l’Économie à participer à la primaire organisée de gauche.

Forcément, la question du débouché politique de cette journée se pose. Christiane Taubira n’a rien laissé transparaître de ses intentions, alors que dans la salle, certains espèrent qu’elle se lance dans la course à l’Élysée. Quant à Martine Aubry, lorsque les journalistes lui demandent si, de ce rassemblement sortira un candidat, elle répond par une pirouette. « Nous sommes tous des candidats. Nous sommes pour une candidature collective. La candidature que nous déclarons, ici, à Bondy, c’est celle des idées et des valeurs ». Il faudra donc se contenter de cette réponse, pour l’instant.

Leïla KHOUIEL

Articles liés

  • Au NPA : « on n’est pas idéalistes, on est révolutionnaires »

    Pour son premier meeting de campagne présidentielle, Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste, avait donné rendez-vous à ses soutiens dans le 20ème arrondissement de Paris, jeudi 21 octobre 2021. Enflammés par des slogans de manifestation, les jeunes militants du parti prônent l'utilité des "petites luttes" du quotidien, plutôt que le vote utile, déjà dans toutes les têtes.

    Par Meline Escrihuela
    Le 22/10/2021
  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021