Parmi les 30 bureaux de vote parsemés dans la ville, ouverture ce dimanche matin 22 mars à 8h de celui de la maternelle Pierre-Curie à Bondy sud pour le 1er tour des départementales en Seine Saint-Denis. Les portes sont à présent grandes ouvertes et laissent rentrer ce vent matinal, dans une ambiance conviviale où les participants échangent autour d’un café et d’un croissant, avant de s’affairer et d’accueillir les votants.
Une équipe composée d’une responsable administrative et de sa secrétaire, désignées par la mairie qui doivent n’avoir aucune étiquette politique, suivi des deux duos assesseurs/suppléants PS/UMP et de son président. Une question demeure à l’esprit de tous : les différentes campagnes menées sur tous les fronts auront-elles réussi à mobiliser cette fois-ci ces électeurs abstentionnistes si caractéristiques de la Seine Saint-Denis ?
La droite qui compte aujourd’hui 40 départements sur 101 va-t-elle aussi faire basculer celui-ci ? Ce département historiquement si rouge va-t-il prendre quelques bleus ?
image-8En attendant, ici on démarre le 1er tour du canton N° 6 (Bondy, Pavillons-sous-Bois et le bureau de vote N° 13 de Bobigny) avec au menu toutes les candidatures binômes homme femme : PS, UMP-UDI, Front de Gauche, Bondy Autrement, Redressons la République et le FN, posées en petits tas sur la table avec des enveloppes prêtes à être cueillies et à vous mener sur le chemin de l’isoloir, lieu sacro-saint où tout se décidera jusqu’au point culminant de l’urne.
Tout le monde s’installe. La journée commence. Un départ surprenant dans cette course aux élections avec à 8h15 déjà 10 votants, des trentenaires. Sabah une suppléante PS confirme : « dès l’ouverture du bureau de vote nous avons déjà 10 votants plutôt assez jeunes qui se mobilisent si tôt. D’ailleurs, le premier votant était un jeune policier qui terminait son service de nuit et qui est directement venu voter ici avant de rentrer chez lui. Espérons que nous resterons sur cette tendance. En plus, les gens sont souriants. C’est normal, l’accueil est bon et il y règne une bonne ambiance ». Cette tendance semble en effet bien se confirmer puisqu’à 10h ce bureau de vote comptait déjà 10 % de votants sur les 640 inscrits.
Certaines têtes de liste passent dans les différents bureaux de vote saluer les participants et prendre la température. Une autre tâche est confiée à l’équipe, celle de rechercher parmi les votants des volontaires pour dépouiller les bulletins de vote à 20 heures, à la fermeture du bureau de vote. La bonne humeur règne avec des sourires et des plaisanteries entre les participants, mais aussi avec ceux qui viennent voter. Pauline, la jeune suppléante UMP de 18 ans s’étonne : « ça sera la première fois que je vote et en même temps que je tiens un bureau de vote. Donc une double grande première ! Je suis assez étonnée du flux continu de votants depuis ce matin et pas uniquement des personnes âgées comme on pourrait le croire. C’est plutôt encourageant même si la journée n’est pas encore finie ».
Il est midi et le pourcentage de votant monte à 20 % « mieux que dans certains bureaux de vote ici à Bondy » fait remarquer un élu UMP de passage. En effet, un mouvement assez surprenant où une électrice accompagnant sa fille avoue : « je viens voter pour la première fois avec ma fille de 18 ans à qui je dois montrer l’exemple. J’ai toujours eu le droit de vote, mais mes parents m’interdisaient de voter. Cela ne m’a d’ailleurs jamais intéressé non plus, mais cette fois j’ai décidé de venir voter. Même les personnes de mon entourage qui habituellement ne votent pas se sont mobilisées, comme un déclic ».
image-9Vers 15h je reçois un sms d’une amie vivant à deux rues de ce bureau de vote qui constate depuis le matin un mouvement continu de personnes passant devant sa fenêtre alors que les dimanches sont d’ordinaires très calmes, voire déserts. On pensait avoir beaucoup plus de temps morts dans la journée, mais le flux a continué son chemin portant entre 15h à 17h les plus jeunes aux urnes, les 18-25 ans s’additionnant aux trentenaires du matin. Mais les 35 ans et plus restent tout de même les plus présents.
La journée passe et à 20h l’urne totalise 276 bulletins de vote sur 640 inscrits, soit à peine plus de 40 % d’électeurs. Cela reste une assez bonne moyenne pour un département qui se mobilise peu.
Les portes se sont à présent refermées et le comptage des bulletins de vote commence. Il aboutit au résultat suivant : 98 voix pour le PS, 62 pour le FN et 55 pour l’UMP/UDI. Une triangulaire qui se confirme aussi au niveau de la ville de Bondy avec un score presque ex aequo entre le PS (32,92 %) et l’UMP/UDI (32,56 %), mais en troisième position le FN (19,97 %). Quant à la participation elle était de 35,3 % sur le département de la Seine Saint-Denis contre 37,96 % à Bondy, 41,18 % à Pavillons-sous-Bois et 28,04 % à Bobigny. L’UMP/UDI domine à Pavillons-sous-Bois avec 56,59 %, avec juste derrière le FN à 17,76 % et le PS à 17,57 %. A Bobigny (Nord) c’est aussi la coalition UMP/UDI qui arrive en tête avec 28,16 % contre un PS à 23,62 % et un FN 22,33 %.
Cristel Fabris

Articles liés

  • A la recherche des 500 signatures pour Anasse Kazib

    La course à la présidentielle passe nécessairement par l'étape des 500 signatures de parrainage d'élus pour pouvoir concourir au premier tour. Si pour certains candidats, ce n'est pas une question, pour d'autres comme Anasse Kazib, c'est déjà un premier combat à mener. Anissa Rami a suivi ses militants sur le terrain pour comprendre cette autre lutte d'influence. Reportage.

    Par Anissa Rami
    Le 06/10/2021
  • Zemmour : qu’importe le racisme pourvu qu’on ait l’audience

    Une nouvelle étape a été franchie dans la légitimation des propos racistes d'Eric Zemmour. Elle est venue d'un candidat de gauche, et d'une chaine d'information en continu, lors du face à face entre Zemmour et Melenchon sur BFM, jeudi 23 septembre dernier. Personne n'attendait de débat sur des propositions de fond concernant la précarité, la santé, ou encore la justice. Il n'a pas eu lieu. À la place, l'insulte, l'humiliation et la xénophobie devenus programme validé dans la course à la présidentielle. Édito.

    Par Jalal Kahlioui
    Le 24/09/2021
  • Dégoutée, la jeunesse communiste lâche-t-elle Fabien Roussel ?

    Une partie des jeunes militant·e·s du PCF, des JC (Jeunes Communistes) et de l’UEC (Union des Etudiant·e·s Communistes) se sentent trahi·e·s par les dernières sorties médiatiques du candidat du parti Fabien Roussel. Des ruptures déjà ancrées sur des enjeux de société semblent aussi se consolider, dans un choc de génération. Témoignages.

    Par Anissa Rami
    Le 15/09/2021