[#PRÉSIDENTIELLE2017] Reportage à Paris 20ème, au bureau de vote numéro 63. Les urnes sont en place, les bénévoles sont prêts et les premiers votants arrivent. Le Bondy Blog y était pour prendre le pouls.

Il est un peu plus de 8h, l’école s’anime. Les adultes ont remplacé les enfants pour ce premier tour de la présidentielle. Les affiches des candidats ornent les murs. La veille, tout a été déposé pour que les agents puissent tout installer en temps et en heure. Un grand nombre des bénévoles venus tenir le bureau a déjà de l’expérience. « Les isoloirs, on les monte de nos petites mains« , raconte, avec fierté, Marine Bache, conseillère de Paris et élue dans le 20ème. « A voté ! », lance-t-elle lorsque les électeurs glissent leur bulletin dans l’urne.

Marine voit défiler les votants et n’a pratiquement pas le temps de souffler. Elle demande déjà aux participants de venir aider à dépouiller. « J’ai une soirée bien chargée« , lance l’un. « Je suis en famille », lance un autre. Certains s’inquiètent car ils n’ont pas leur carte électorale.« Ce qui compte, c’est de se présenter avec sa carte d’identité et être inscrit sur les listes », leur répond tranquillement Marie.

« C’est aussi important d’inculquer aux enfants le sens de la citoyenneté »

Sylvaine Botfer, agent de la mairie et responsable éducative d’une école maternelle, est prête à entamer cette journée. Elle procède au relevé de toutes les signatures des organisateurs dans les 76 bureaux de postes du 20ème arrondissement. C’est ce qu’on appelle le procès verbal. Après avoir fait signer les documents, elle demande si tout va bien au niveau des procurations, des cartes d’électeurs, des listes des Français rattachés à ce poste mais qui sont à l’étranger…

« Il y a plein de choses à mettre en place. Il faut s’occuper de tous les votants ». Celle qui a l’habitude de travailler dans une école, lance « C’est important de voter. Je suis ici dans une école dans laquelle j’ai travaillé. C’est aussi important d’inculquer aux enfants le sens de la citoyenneté ». A chaque passage d’un votant, sa présence est notée. « Certains bureaux sont amenés à exprimer le taux de participation de manière régulière. À 11h45, 16h15 et à 17h45, nous devons transmettre l’information du taux de participation ». Les locaux doivent être remis dans l’état dans lesquels ils ont été prêtés. « On rend l’école propre. On range tout et c’est la gardienne qui ferme l’école ».

« C’était un règlement de compte, pas une campagne »

Parmi les électeurs, nous rencontrons Maurice Raccah, 67 ans, retraité, ancien gardien d’école, un brin en colère. « Ils s’entendent bien sur le dos du peuple, ces candidats ! Si on les met tous dans une enveloppe, ils seront tous présidents ? ». Les bénévoles du bureau sont hilares. « La campagne présidentielle, c’était de la ratatouille ». Né à Soliman, en Tunisie, il se dit fier d’être français. « C’est un important de voter pour le pays qui m’a accueilli, de défendre le pays où je suis ». Non loin de lui, Jean Conçalves scrute les panneaux à l’entrée. Il lui laisse le passage et salue l’assemblée. Il a déjà voté mais il prend la température du bureau.  » Oui, j’ai l’habitude de discuter quand j’ai le temps. C’est toujours bien de savoir ce qu’il se passe« . A 60 ans, il trouve que c’est la pire campagne jamais vécue. « C’était un règlement de compte, pas une campagne, ce n’était pas digne ». Il n’y a pas de « gens de base », « des poids lourds comme Jacques Chirac ou Valéry Giscard D’estaing« , des « figures » comme il les appelle. Il se rappelle du débat entre Hollande et Sarkozy et il aimerait en retrouver un similaire. Longtemps indécis, il se dit favorable à Mélenchon. « C’est un comédien« , sourit-il. Marine, je ne crois pas qu’elle passera ».

Yousra GOUJA

Crédit photo : Maël COILLARD

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