Chelles, dernière cité avant la terra incognita pour un Bondynois : c’est le terminus de la ligne E du RER. C’est aussi l’endroit qu’a choisi le président de la République pour lancer sa mesure phare  contre le chômage des jeunes : les emplois d’avenir.

Qu’est-ce que c’est un emploi d’avenir ? « Une bonne place dans une banque ou dans l’informatique », répond un jeune lycéen traversant le passage piéton devant la mission locale de Chelles. Sous la langue du gouvernement, c’est bien autre chose. Basés sur un système d’embauches subventionnées, les emplois d’avenir sont ouverts aux collectivités, aux associations ainsi qu’aux entreprises, sans conditions. Ils concernent les jeunes peu ou pas qualifiés issus notamment des zones urbaines sensibles, de zones rurales isolées ou des départements d’Outre-Mer. Ils concernent aussi des jeunes en difficulté d’insertion, ayant poursuivi leurs études jusqu’au CAP ou BEP, ou jusqu’au baccalauréat dans certaines zones difficiles.

Le gouvernement prévoit ainsi de créer 100 000 emplois d’avenir en 2013, et  ça commence à Chelles en Seine-Et-Marne. Une ville qui fait face à un taux de chômage des 16-25 ans des plus alarmants.

Après une visite d’une heure dans les locaux de Pôle Emploi, le président débarque dans l’espace journaliste en compagnie d’une dizaine de jeunes. Assis à une table, il les appelle un par un par leur prénom, ainsi que leurs futurs employeurs. La Croix rouge,  des  collectivités locales ou la SNCF, par exemple. « Te voilà cheminot désormais ! », lance-t-il à un tout nouveau et jeune employé visiblement très content. De son emploi ou d’avoir vu le président ? Nul ne saurait le dire, même si tout le monde sur cette terre rêverait de conduire un train.

Célia, 19 ans, va être agent administrative à la mairie, même si son rêve « c’est un jour devenir auxiliaire-puéricultrice ». Comme tous les jeunes ce matin, elle a longtemps cherché du boulot,  depuis au moins un an, sans succès. « On m’a proposé le contrat d’avenir, j’ai tout de suite accepté car des perspectives d’embauche existent à la fin du contrat ».

Tony lui a 19 ans. Il a un diplôme de menuisier qui ne lui a pas permis de trouver un emploi, même si les meubles Ikea se vendent si bien. Grâce à son contrat d’embauche, il travaillera à la piscine de sa ville.

Une responsable de la mission locale, qui y travaille « depuis longtemps », trouve que l’initiative est une bonne idée : « On a sélectionné des jeunes qui ont cherché du boulot et  qui n’en ont pas trouvé. On a également sélectionné des employeurs sérieux, qui vont s’engager à les former, et surtout qui offrent à la fin des trois ans de contrat de véritables perspectives d’embauche ». Mais certains des jeunes signataires s’inquiètent pour leur avenir après ces trois ans. La responsable de la mission locale leur a rétorqué « que le temps de l’emploi à vie est révolu ».

Après la signature du contrat, François Hollande discourt sur la lutte contre le chômage qui demande « la mobilisation générale de tous ». Pour lui, « la seule priorité qui vaille ». Il annonce également pour très prochainement, le lancement des contrats de génération, un senior qui forme un jeune, les deux catégories les plus touchées par le chômage. Cela permettrait selon lui de  sécuriser à la fois l’emploi des anciens, tout en donnant leur chance aux jeunes qui se lancent.

Quelques militants du Parti communiste et et du Front de gauche en sitting devant le Pôle Emploi de Chelles, n’ont pas grand espoir en ces contrats d’avenir. Pour eux, « La » grande mesure qui vaille en terme d’emploi c’est « le SMIC à 1 700 euros » comme le clament leurs pancartes.

Idir Hocini

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