Le président de l’Assemblée nationale et celui du Parlement européen ont retrouvé, le 13 janvier, les bancs de l’école au lycée Jean Renoir, à Bondy. L’enjeu : convaincre les jeunes des bienfaits de l’Europe. 

« Qui se sent européen dans la salle ? » Le peu de mains qui se lèvent dans la salle montre le long travail qu’il reste à faire pour convaincre. Dans cet effort de pédagogie, Claude Bartolone et Martin Schulz se sont prêtés au jeu des questions réponses avec des lycéens de Seine-Saint-Denis.

« Qu’est-ce qu’être européen ? », « Comment l’Europe peut-elle m’aider ? », « Comment puis-je me sentir européen moi qui ne suis pas né en France, ni eu Europe ? » mais aussi des questions plus pragmatiques, « Qui pilote l’Europe ? », « Quel est le travail des parlementaires ? », « Que fait l’Europe pour les emplois et les formations ? », sont posées aux hommes politiques.

Chacun s’est appliqué à répondre avec des mots simples et des exemples aux interrogations de ces jeunes de Seine-Saint-Denis tassés dans la petite salle polyvalente du lycée Jean Renoir. Chacun a sagement rappelé que chaque pays devait régler ses problèmes d’intégration et de discrimination avant de pouvoir faire naître un sentiment européen.

Martin Schulz dans un français très fluide a alors relaté avec humour son expérience d’échange scolaire avec un lycée de Bordeaux. Lui ce fils de soldat de la Wehrmacht avait été accueilli dans une famille de résistants qui préféraient ne pas avoir de « boche à table ». Les enfants de ce foyer avaient convaincu le père qu’il était temps de tourner la page. « C’est à cet instant que je me suis senti européen », se remémore-t-il.

« La réalité de la société ou un cloître de bonne sœur ? » 

Claude Bartolone préfère de son côté insister sur le fait que le Nouveau Monde se construit notamment en Seine-Saint-Denis qui doit être forte de sa diversité. Le président de l’Assemblée nationale a rappelé fièrement ses origines d’immigré qui a grandit dans ce département. Mais pour les lycéens venus pour questionner les hommes politiques il n’était pas question de faire dans le sentimentalisme.

La question d’une république gérontocratique est venue piquer les politiciens. Claude Bartolone s’en est amusé et a rappelé que la moyenne d’âge de l’Assemblée nationale est de 54 ans, pas si âgée selon lui. L’indiscipline des députés dans l’hémicycle a aussi été pointée du doigt. Claude Bartolone a justifié ces débordements par la volonté de certains de se montrer à la télévision lors des questions au gouvernement citant même l’exemple d’un parlementaire ceignant une veste jaune exclusivement pour les caméras. Martin Schulz a quant à lui rappelé l’importance de la spontanéité dans les débats. « J’ai été un député très critiqué, rappelle-t-il. Mais est-ce que le parlement reflète la réalité de la société ou un cloître de bonne sœur ? »

Cette rencontre était organisée par Europanova. Depuis la rentrée 2014, le think-tank organise tous les mois des rencontres avec les lycéens de Seine-Saint-Denis et des personnalités politiques sur les thématiques européennes, l’objectif étant d’initier les jeunes aux institutions européennes méconnues et compliquées et de les impliquer dans les débats de citoyenneté européenne. Au dernier scrutin de 2009, la Seine-Saint-Denis détenait le record d’abstentionnisme en France, 69%. Ce scrutin n’avait que très peu intéressé les jeunes européens. Seuls 29% de la classe d’âge 18-25 ans s’était déplacée aux urnes.

Charlotte Cosset

 

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